
L’Elysée confirme l’évolution de la politique
de vente de matériel nucléaire
M. Giscard d’Estaing confirme que la politique française en matière de vente de matériel nucléaire - usines et combustible - va subir une profonde transformation (le Monde du 11 novembre ). Selon le chef de l’Etat , le général de Gaulle était sans doute fondé a pratiquer une politiques de vente à l’étranger de tels équipements pour démontrer la valeur des fabrications françaises et asseoir la réputation nationale en la matière . Georges Pompidou a pu poursuivre dans cette voie . Mais pour M. Giscard d’Estaing , la puissance nucléaire française est maintenant suffisamment établie , universellement reconnue et de moins en moins contestée par les adversaires politiques du gouvernement en France même . Aussi , selon lui , l’intérêt politiques est-il désormais de s’opposer à la prolifération et de demeurer dans le club fermé des puissances atomiques où la France a eu tant de mal à se faire admettre .
C’est dans ce but qu’à été institué le conseil interministériel de politique nucléaire extérieure française . Le chef de l’Etat se serait , en effet , rendu compte lui-même que le contrat passé avec l’Afrique du Sud avait été négocié par des administrations dont le but était de « vendre du nucléaire » , mais n’avait pas été délibéré au niveau ministériel convenu . Le conseil a donc , notamment , pour objet de mieux contrôler l’activité de l’administration en ce domaine . Cette volonté pourrait-elle dans un proche avenir s’appliquer également aux ventes d’armes même non nucléaires ? On le saura peut-être bientôt .
Le chef de l’Etat se défend évidemment d’avoir cédé à une quelque pressions soviétiques pourraient être tout aussi fortes . On indique de vente de produits nucléaires a l’étranger ne devrait pas avoir d’effets rétroactifs et que ce n’est pas du fait de la France que les contrats d’ores et déjà signés ne seraient plus exécutés .
On rappelle encore que le projet de création en Corée du Sud d’une usine de retraitement des combustibles nucléaires irradiés est définitivement abandonné . Cette décision a été prise , affirme-t-on à l’Elysée , par le chef de l’Etat lui-même pour ne pas risquer d’envenimer les relations de la France avec la Chine populaire , qui nourrissait quelques craintes quant à l’usage que les Coréens du Sud pourraient faire des produits nucléaires ainsi obtenus .
ANDRÉ PASSERON
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