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20/11/76

ÉQUIPEMENT ET RÉGIONS
QUALITÉ DE LA VIE



Trente associations écologiques déclarent la guerre à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube)


La centrale nucléaire que l’E.D.F. souhaite installer à Nogent-sur-Seine (Aube) pour alimenter Paris en courant électrique ne compte pas que des partisans. Deux mille personnes se sont rassemblées, jeudi 18 novembre, au palais de la Mutualité, à Paris, pour lui déclarer la guerre, à l’appel d’une trentaine d’associations écologiques.


Sur 212 hectares situés au bord du fleuve, à proximité de Nogent (quatre mille habitants), les ingénieurs de l’E.D.F. veulent construire deux réacteurs à eau sous pression de 1 300 mégawatts chacun, flanqués de deux ou trois tours de refroidissement de 170 mètres de haut.
Coût : 5 à 6 milliards de francs. Les deux chaudières nucléaires pourraient fonctionner, l’une en 1982, l’autre en 1985. L’espace a été calculé pour que l’on puisse ultérieurement construire deux autres réacteurs, ce qui porterait la puissance totale de la centrale à 5 200 mégawatts.


Pourquoi Nogent ? Parce que, après avoir implanté des centrales au nord (Gravelines), à l’ouest (Flamanville) et au sud (Dampierre) de la région parisienne - énorme consommatrice de courant, - il fallait en placer un à l’est. A Nogent, les réacteurs se trouveront à proximité de deux lignes à haute tension, l’une venant des Alpes, l’autre d’Alsace. Le branchement sera donc facile.


Mais installer une gigantesque source de radio-activité à 100 kilomètres en amont d’une agglomération de dix millions d’habitants, aucun pays au monde n’avait encore osé le faire. Par ces rejets "normaux" de liquide radio-actif - essentiellement du trium - la centrale risque, en effet, de polluer la Seine et les nappes souterraines où les parisiens puisent leur eau. En cas de gros épanchement consécutif à un accident, faudrait-il évacuer la capitale ?


M. André Jarrot, alors qu’il était ministre de la qualité de la vie, puis M. Paul Granet, quand il occupait le poste de secrétaire d’Etat à l’environnement, ont exprimé leur opposition ou leur inquiétude face à ce projet. L’agence de bassin Seine-Normandie, quant à elle, l’a réprouvé par deux fois.


En revanche M. Robert Galley, maire de Troyes, ministre de la coopération, et M. Michel d’Ornano, ministre de l’industrie et de la recherche, candidat à la mairie de Paris, semblent n’y voir que des avantages. Sur place, M. Marcel Guillot, maire de Nogent, est favorable. "Ma ville ne peut refuser une telle chance de développement", dit-il. En effet, la centrale versera chaque année 20 millions de francs de taxe professionnelle dont la commune percevra la plus grosse part, le reste allant au département et à la région.


Toutefois, dans les douze communes qui environnent Nogent, les édiles, dûment chapitrés par les militants de l’Association pour la protection des sites de la vallée de la Seine (Aprovas) 15, avenue Pasteur, 10400 Nogent-sur-Seine., se sont prononcés contre.


L’enquête publique ne sera ouverte qu’en avril 1977, c’est-à-dire après les élections municipales.
"Pour ne pas perturber le climat politique local", a expliqué M. d’Ornano lors d’une visite éclair sur le site le 23 octobre dernier. Dans le dossier qui leur sera accessible pendant six semaines, les habitants de Nogent apprendront quelles précautions l’agence Seine-Normandie a exigé pour que les nappes approvisionnant les Parisiens soient à l’abri de toute contamination radioactive.
L’E.D.F. s’est engagée à creuser un lac de 12 hectares pour que, en cas de pollution excessive, ses eaux n’aillent pas directement à la Seine.


On apprendra encore dans le dossier que les tours de refroidissement pomperont, à chaque seconde, dans la Seine 5 mètres cubes et n’en restitueront que 3,5 mètres cubes réchauffés de plusieurs degrés. Le reste sera évaporé. En cas de sécheresse exceptionnelle, comme cet été, toute la Seine passerait dans la centrale. Celle-ci n’est donc envisageable que si les débits minimums du fleuve sont augmentés et régularisés. D’où le projet d’une vaste retenue d’eau de 3 000 hectares sur l’Aube, affluent de la Seine. L’enquête publique concernant ce barrage-réservoir doit commencer en janvier 1977.


Le chantier de construction de la centrale n’ouvrira évidemment qu’après la déclaration d’utilité publique. Selon les prévisions de
l’E.D.F., celle-ci devrait être signée par le premier ministre - comme le veut la loi - au printemps de 1978. Après les élections législatives. Mais si les pouvoirs semblent vouloir systématiquement dépolitiser l’affaire de Nogent-sur-Seine, les associations, elles, entendent bien en faire un enjeu électoral. C’est du moins ce qu’elles ont décidé au terme de leur meeting de la Mutualité.



MARC AMBROISE-RENDU.




TRANSPORTS




LE CONTRAT DU SIÈCLE


La compagnie d’aviation japonaise JAL négocie actuellement avec l’Arabie Saoudite un contrat portant sur le transport de trois cent mille personnes et de 40 000 tonnes de fret destinées à la mise en valeur du pays.


Ce contrat, d’un montant de 333 millions de dollars (1 665 millions de francs), serait le plus important de l’histoire de l’aviation. - (A.F.P.).


Les Concorde d’Air France à Dallas ? Les discussions en cours entre la compagnie aérienne américaine Braniff International et la British Airways pour le prolongement jusqu’à Dallas du vol Londres-Washington par le Concorde (le Monde du 19 novembre) ont été étendues à la compagnie Air France. Un vol Paris-Washington-Dallas est à l’étude.

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