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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.
















vu 26.11.76


BILLET

ÉCONOMIES D’ÉNERGIE
Une politique ?


En affirmant " Il n’est pas question de rationnement ni de tickets d’esse,ce, ce n’est pas le sens de la lutte que nous menons ". M. Michel d’ Ornano a tout dit. En matière d’économies d’énergie, il n’y a sans doute pas de demi-mesure. Et " les appels solennels aux automobilistes ", " les invitations au civisme ", " les campagnes de sensibilisation " sont là pour masquer qu’on a simplement décidé d’appliquer un peu plus fermement les mesures prises après la crise de 1973.


Celles-ci peuvent-elles être efficace ? En admettant la stabilité du rapport entre croissance de la consommation et croissance de la production intérieure brute, l’ Agence pour les économies d’énergie à évalué à 12 millions de tonnes d’équivalent pétrole les économies de 1975. Mais n’est-ce pas prendre en partie pour économie ce qui est dû à la récession ?


les automobilistes vont donc surveiller pendant quelques semaines les bords de route pour y déceler les gendarmes. Mais l’essence ne représente que 18 % de notre consommation d’énergie et le gain sera maigre.


les industriels ( 35 % de cette consommation attendront peut-être que les incitations soient plus fortes pour changer leurs équipements pétrolivores. Quant aux compteurs individuels de chauffage, il ne seront posés que si la majorité des propriétaires en sont d’accord, et l’on prévoit un délai de trois à cinq ans pour les appartements d’immeubles à chauffage collectif en soient dotés.


Enfin, remède des remèdes, on a créé un comité ministériel, soit.


M. Giscard d’ Estaing, puis, M. d’ Ornano, l’ont rappelé : la politique française pour réduire notre dépendance énergétique, c’est le nucléaire. Conséquence, l’ Agence pour les économies d’énergie a un budget dérisoire et peut simplement lutter contre les gaspillages les plus flagrants.


On a donc éludé la dissuasion par les prix ( M. Barre, dans son plan, voulait pourtant faire passer le prix du super à 2,40 F ). On a refusé de ralentir le développement de l’électricité alors que pour de longues années encore un logement équipé du " tout électrique " dépensera deux fois plus de fuel qu’un appartement directement chauffé par ce carburant. les transports en commun seront les parents pauvre... Peut-on parler d’économies d’énergie ? - B. D.

L’ Irak propose la tenue d’une conférence internationale pour fixer la hausse des prix du pétrole.


Alors que M. james Akins, conseiller de M. Jimmy Carter pour les affaires pétrolières, fait actuellement la tournée des pays producteurs de pétrole du Proche-Orient ( Koweït, Quatar, Abou-Dhabi, Arabie Saoudite et Irak ), plusieurs pays membres de l’ OPEP ont pris position le 23 novembre, à Koweït, après une réunion des pays arabes exportateurs de pétrole, pour une forte augmentation du prix du " brut ".


L’ Irak a réaffirmé " la nécessité de l’augmentation du prix du pétrole à un taux égal aux taux de l’inflation " , soit, selon ce pays 25 %. L’ Irak s’est, par ailleurs prononcé pour la convocation d’une conférence internationale qui fixerait la hausse du prix du pétrole en fonction de l’augmentation des produits exportés par les pays industrialisés.


Muette jusqu’alors, la Libye s’est rangée au côté de l’ Irak pour " effacer l’inflation " et promouvoir une hausse de 25 %.


Plus circonspect, le ministre algérien du pétrole, M. belaïd Abdessalam, a expliqué qu’une augmentation du " brut " " était une décision politique qui devait prendre en considération les intérêts de tous " , ajoutant : " Quelle que soit la hausse, elle sera insuffisante pour couvrir les besoins financiers des projets de développement de l’ Algérie ".


Dans le camp des modérés les Émirats arabes unis ont réaffirmé leur intention de plaider en faveur d’une hausse de 10 %. Quant au ministre Saoudien du pétrole, arrivé le 23 novembre au Pays de galles. Il a précisé que son pays s’opposerait à une hausse de 15 %, estimant ce pourcentage trop élevé. - ( A.F.P., A.P. )

Les experts allemands sont optimistes


De notre correspondant


Bonn. - Les cinq " sages " chargé de donner un avis " scientifique " sur la politique économique du gouvernement fédéral estiment, dans leur rapport du 24 novembre, que la croissance se nourrit maintenant d’elle-même et que le pessimisme n’est plus de mise. Pour la première fois, ils se risquent à proposer des mesures concrètes aux responsables de la politique économique.


Comme au cours des dernières années, l’accent doit être mis, selon eux, sur un encouragement des investissements. Il proposent des facilités d’amortissement, des subventions pour la recherche privée et des crédits à intérêt bonifié pour la création d’entreprises. Ces mesures fiscales, baptisées " Programme de prévention pour une politique de croissance ", ne devraient pas dépasser 3 milliards de deutschemarks 1 DM = 2,07 F soit à peu près le montant des recettes fiscales supplémentaires attendues de la hausse des impôts directs, " augmentation d’un point de la taxe à la valeur ajoutée, et hausse des impôts sur le tabac et les alcools. "


Les experts avancent deux hypothèses de croissance. Si l’ État ne prend aucune mesure nouvelle, le produit national brut augmentera l’année prochaine de 4,5 % en volume ( contre 3,5 % prévu par l’ O.C.D.E. ), les investissements bruts de 5 % et les prix de 3,5 %. Si le gouvernement suit, au contraire les recommandations des " sages ", la croissance du P.N.B. passera à 5,5 %, celle des investissements bruts à 7 %, mais il faudra accepter un taux d’inflation légèrement plus fort 4,5 %.


Dans les deux hypothèses, le nombre moyen de chômeurs en 1977 serait le même, soit neuf cent mille contre environ un million cette année.


Les experts recommandent aussi la poursuite de la politique des revenus menée cette année, c’est-à-dire une augmentation plus rapide des revenus du capital que des revenus du travail. Selon leur hypothèse cependant, la fourchette devrait se resserrer avec des taux de croissance respectifs de 10 et 9 % contre 9 et 5 % cette année, ces chiffres devant être comparés avec une hausse prévue de 4,5 % pour les prix et 4,5 % pour la productivité pour l’année prochaine. - D. Vl.

LA VIE ÉCONOMIQUE
Libres opinions
Les éboueurs du nucléaire


par MICHEL ROLANT Membre de la commission exécutive de la C.F.D.T.


En avril 1975, la C.F.D.T. prenait position contre le programme électronucléaire français. Elle réclamait l’instauration d’un débat démocratique et la mise sous responsabilité publique du secteur de l’énergie.


Après avoir vainement proposé, au cours des travaux du VII e Plan, une politique plus diversifiée, alternative au " tout nucléaire ", la C.F.D.T. demandait la suspension pour trois ans de toute nouvelle construction de centrale. Elle s’élevait contre le lancement de " Super-Phénix " et l’exportation incontrôlée de matériels et de connaissances nucléaires. Elle réclamait l’amélioration de la sûreté de toutes les installations dans le cadre du secteur public.


La décision prise par le gouvernement de remettre à une filiale de droit privé ( la COGEMA ) l’essentiel du cycle du combustible réalisé au Commissariat à l’énergie atomique va à l’encontre de ces exigences.


Elle est à l’origine de la grève qui se poursuit dans les usines de La Hague et de Marcoule. Les travailleurs redoutent que, pour faciliter les ventes de services de retraitement, on en vienne à faire passer au second plan les impératifs de sécurité. Or, des aujourd’hui, ils éprouvent physiquement et moralement que les conditions de travail dans les installations de la Hague sont devenues insupportables.


Cette grève relance le débat sur le traitement des combustibles usés.


Elle survient à un moment critique : il n’y a plus - hors de France - une seule usine de retraitement en état de marche ou autorisée à marcher par les services de sécurité. Certains pays, notamment les États-Unis, abandonnent ou revoient aux calendes grecques tout retraitement ; d’autres, comme le Suède, subordonnent la poursuite de leur programme électronucléaire à la certitude que leurs dangereux déchets seront bien recyclés dans les usines françaises ; ils s’interrogent alors sur les véritables motivations de la grève du C.E.A.


La C.F.D.T. répond très clairement : il ne doit y avoir de réacteurs nucléaires en fonctionnement que si leurs combustibles usés sont retraités ; c’est une question de responsabilité.


En effet, ces combustibles ne sont pas conçus pour être stockés sans risque pendant une longue période. Un retard de plusieurs années rendrait, en outre, les opérations de traitement beaucoup plus difficiles du fait de la dégradation des éléments combustibles et de l’évolution de leur composition. La solution extrême de non- retraitement définitif est encore moins acceptable car le stockage à long terme des combustibles irradiés est beaucoup plus difficile et dangereux que celui des déchets radioactifs, après traitement.


Une cohérence doit donc être établie entre les possibilités de traitement et les programmes de construction des réacteurs nucléaires. Actuellement, ce n’est pas le cas, il y aura accumulation de combustibles non retraités dans les années à venir.


C’est un argument de plus en faveur de la thèse de la C.F.D.T. sur la nécessité de réduire le programme de construction de réacteurs.


Pour la C.F.D.T., il faudra donc retraiter les combustibles des centrales françaises en cours de réalisation, mais pas n’importe comment ni dans n’importe quel cadre.


Sur le plan technique, le traitement des combustibles irradiés des réacteurs à eau ordinaire en est encore au stade du prototype, nous n’avons pas d’expérience industrielle. Pour le stockage et l’élimination des déchets radioactifs, nous en sommes au stade de la recherche-développement.


Sur le plan des risques, des atteintes à l’environnement et des conditions de travail, les usines de retraitement sont de loin le plus dangereux de l’ensemble des industries du combustible nucléaire.


Cette situation confirme que le traitement des combustibles irradiés et des déchets ne doit pas être considéré comme une activité industrielle classique, à caractère commercial. Cette industrie doit être un service public, confié à un organisme qui soit garant que la sécurité nucléaire est le premier impératif de ses activités.


Cette règle est valable quels que soient le " clients " du C.E.A. Il es difficile d’assurer la bonne fin des contrats déjà passés avec des sociétés ou des pays étrangers tant que les problèmes de La Hague ne sont pas réglés. Il est, de plu, impensable de prendre des engagements nouveaux en dehors d’accord internationaux précis sur l’usage des produits du retraitement.


Procéder autrement, c’est faire un pari dangereux sur l’évolution des possibilités techniques, sur la sécurité nucléaire et sur la santé des travailleurs. C’est aussi accepter d’accumuler sur notre sol des déchets hautement radioactifs venus de toutes les parties du monde.


Les objectifs de grève ( sécurité, service public ) des travailleurs des usines de La Hague et de Marcoule doivent être soutenus par tous ceux qui se refusent à sacrifier l’avenir.


En attendant la solution du conflit, le retraitement des combustibles irradiés n’est plus assuré en France. La situation anormale incombe entièrement à la direction du C.E.A. et du gouvernement, qui refusent de maintenir les usines de retraitement au sein du Commissariat à l’énergie atomique et veulent les transférer à une filiale, dont le but commercial est parfaitement avoué.


Ces usines doivent rester au C.E.A. ; elles doivent être entièrement révisées sur les plans techniques et organisationnels ; tous leurs travailleurs doivent bénéficier des mêmes garanties de formation et de statut. ce sont les conditions minimales pour que le traitement des combustibles irradiés et des déchets radioactifs soit effectué dans les meilleures conditions possibles de sécurité pour les travailleurs et la population.


- Les assises du nucléaire - organisées à Cherbourg le 27 et 28 novembre Assises nationales du nucléaire : U.I.S., C.F.D.T., rue de l’ Ancien-Quai, boîte postale 54, 50100 Cherbourg. Tel 52.61.37 ou 53.19.37. par l’intersyndicale des grévistes des usines de retraitement, avec le soutien et la participation de la C.F.D.T., doivent donner une nouvelle ampleur à la bataille engagée et au débat public.

ALIMENTATION
F.A.O. : la situation s’est améliorée en 1976


De notre correspondant


Rome. - Léger optimisme dans l’immédiat, forte inquiétude à long terme : tels sont les deux sentiments de M. Édouard Saouma, directeur général de l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation ( F.A.O. ), qui vient de faire le point sur la situation alimentaire mondiale.


La F.A.O. estime, en effet, que la production mondiale de céréales en 1976 dépassera 1 300 millions de tonnes, soit une augmentation de 7 % par rapport à l’année dernière. Ayant davantage produit, les pays pauvres n’ont pas été obligés d’importer d’aussi grandes quantités qu’en 1975.


Cela dit, " l’aide alimentaire présente autant d’urgence et d’importance ", pour trois raisons au moins :


La différence entre la production et les besoins des pays en voie de développement restent considérables ;


L’objectif de 10 millions de tonnes de céréales par an d’aide alimentaire, fixé en 1974 par la Conférence mondiale de l’alimentation, n’était pas conçu pour affronter une crise mondiale ;


Enfin, l’amélioration des perspectives à court terme est constamment entravée par des catastrophe naturelles et l’accroissement démographique, qui rend chaque crise alimentaire plus grave que la précédente.


" Nous devons exclure aussi bien l’alarmisme que la satisfaction béate, pour nous en tenir à un sentiment de vigilance constante " a déclaré M. Saouma, car les tendances à long terme dans les pays en développement restent d’une " faiblesse inquiétante ". R.S.

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