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16/9/76

Suède
Le débat nucléaire domine la campagne électorale


De notre correspondant


Stockholm. - Au cours d’une conférence de presse, le premier ministre suédois, M. Olof Palme, a constaté, lundi 13 septembre, que l’opposition n’avait toujours pas répondu aux questions qu’il lui avait posées le mois dernier concernant la politique que mènerait un éventuel gouvernement de coalition "bourgeois" dans cinq domaines : la famille, la fiscalité, le logement, les mesures en faveur des retraités, et surtout l’énergie, qui tient une place centrale dans le débat électoral en raison des prises de position résolument antinucléaires du leader du parti du centre, M. Falldin. Les centrales, qui se veulent les champions de la défense de l’environnement, n’avaient pas voté en 1975 le programme énergétique décennal présenté par les sociaux - démocrates. Ce programme prévoit treize réacteurs nucléaires en 1985 : cinq sont déjà en service, cinq autres sont en construction : les trois derniers sont à l’étude.


En axant aujourd’hui toute sa campagne électorale sur le "non à l’énergie nucléaire", aussi longtemps que les problèmes de sécurité et de gestion des déchets ne seront pas résolus, le Parti du centre espère, bien sûr, gagner des voix. Les Suédois sont apparemment de plus en plus méfiants à l’égard de l’atome : 33 % d’entre eux seulement pensent que cette forme d’énergie ne présente pas de danger.


Les centristes exploitent cette inquiétude, qu’ils ont en partie créée. Ils proposent une alternative radicale : le démantèlement successif des centrales en activité, l’arrêt immédiat des préparatifs des huit autres. Pour subvenir aux besoins énergétiques du pays, ils préconisent un plan d’économies : isolation systématique des logements et restrictions qui, selon eux, permettraient de réduire la consommation d’électricité de moitié. Mais la commission publique de planification a contesté ces calculs. Au plus, dit-elle, on peut économiser 4 % de l’énergie, et non 50 %, comme le prétendent les centristes. Le premier ministre a déclaré que le programme énergétique centriste est "un vaste bluff".


Quoi qu’il en soit, l’opinion est sensibilisée et partagée. Les intellectuels se sont eux aussi lancés dans le débat. Deux académiciens, Lars Gyllensten et Arthur Lundk-vist, dont les sympathies pour la social-démocratie sont pourtant connues, et Gösta Söderlund, éditorialiste influent de la
socialiste, ont annoncé qu’ils voter pour le s’abstenir.


Le plus grand parti de l’opposition tirera peut-être profit son hostilité à l’atome, mais position compromet aussi les chances d’un éventuel gouvernement "bourgeois". M. Fälldin a en effet, à plusieurs reprises, déclaré qu’il n’accepterait pas de diriger un cabinet "bourgeois", si conservateurs et libéraux ne se ralliaient pas à sa politique énergétique. Or les libéraux se sont prononcés pour la construction de onze réacteurs et les conservateurs ont soutenu entièrement le programme social-démocrate.


L’idée d’un référendum sur la question après les élections gagne peu à peu du terrain. Ce serait, en cas de victoire des "partis bourgeois", le 19 septembre, le moyen de résoudre une crise gouvernementale. Mais les centristes n’y sont pas tellement favorables puisque toute leur stratégie électorale s’appuie sur le slogan :
"Voter pour le centre et être sûr que l’énergie nucléaire aura disparu en 1985". Les sociaux-démocrates semblent gênés par cette discussion qui a relégué au second plan "les vrais problèmes" : l’économie, l’emploi, la démocratie dans l’industrie et l’amélioration du milieu du travail.


La campagne électorale a pris une tournure assez curieuse qui commence à inquiéter aussi les libéraux. M. Fälldin, qui joue probablement ici sa carrière politique, est certainement un homme sincère. Il est fortement influencé, dit-on, par les thèses de l’un des plus éminents adversaires de l’énergie nucléaire, le professeur Alfven, prix Nobel de physique.
Mais les centristes, très attachés à la société industrielle, à la croissance économique, à l’amélioration de la productivité, évitent le plus possible de parler des conséquences pratiques qu’entraînerait pour le Suédois moyen la réalisation de leur sévère programme d’économies.


ALAIN DEBOVE.

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