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    2009.
















le 17.3.76

ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE
Les réacteurs nucléaires a haute température


Le fiasco de General Atomic


En , juin 1973 , la société Royal Dutch Shell décidait de s’intéresser a l’énergie nucléaire et d’apporter à la Gulf Oil Corporation , la division nucléaire du Gulf . 2000 millions de dollars . Ainsi naissait la General Atomic Company , dont le capital était détenu à égalité par les deux grandes sociétés pétrolières et qui devait poursuivre le développement d’un nouveau type de réacteur nucléaire entrepris depuis prés de quinze température H.T.R. (High Temperature Reactor ).


L’entreprise paraissait viable . Gulf avait , des 1959 , collabore avec la commission américaine de l’énergie atomique pour étudier ce type de réacteur et participé à la réalisation d’un premier prototype de 40 mégawatts à Peach-Bottom . En 1968 , elle avait prototype de réacteur de 330 mégawatts électriques a Fort-Sait-Vrain , prés de Denver (Colorado). La réalisation de Fort-Saint-Vrain s’achevait et Gulf avait investi au moins 250 millions de dollars . Quatre réacteurs commerciaux de 770 mégawatts chacun étaient commandés par deux producteur américains d’électricité depuis 1971 et un autre producteur passait commande de deux nouveaux réacteurs a la fin de l’année 1973 . L’avenir se précisait suffisamment pour que Shell envisageât d’investir de nouvelles sommes d’ici à 1980 , a égalité avec Gulf . Gulf n’espérait-elle pas , a cette date , 25% du marché américain de centrales nucléaires ?


Un milliard
de dollars de pertes


Aujourd’hui , l’installation de Fort-Saint-Vrain a près de quatre ans de retard et n’a toujours pas démarré . Les dix commandes de réacteurs passées jusqu’en 1974 ont toutes été annulées , les dernières annulations datant de quelques mois . General Atomic a perdu 260 millions de dollars a Fort-Saint-Vrain . Au total , Chell et Guif ont , avec l’argent dépensé pour la recherche , les pénalités dues aux sociétés productrices d’électricité et les investissement industriels , englouti près de 1 milliard de dollars . Les usines construites ou envisagées en Floride pour la réalisation des générateurs de vapeur , en Caroline du Nord pour les éléments combustibles , sont sans objet .


Aux difficultés techniques largement sous-estimées au départ sont venus s’ajouter des problèmes de gestion et l’absence de soutien du gouvernement fédéral . L’Agence américaine pour la recherche et le développement dans le domaine de l’énergie , l’ERDA ne se sent pas de cœur à voler au secours de deux sociétés pétrolières puissantes .


Les réacteurs a haute température fonctionnent , comme leur nom l’indique , à une température plus élevée (environ 750 degrés) que les réacteurs actuels (environ 300 degrés) . Le rendement est donc supérieur (40 % au lieu de 30%) et diminue d’un tiers les rejets thermiques dans les rivières . La chaleur issue du réacteur est évacuée par un fluide , qui n’est plus de l’eau , mais un gaz : l’hélium . Ce qui pourrait permettre a l’avenir d’envoyer directement ce gaz de refroidissement vers une turbine au lieu de passer par un échangeur . Un réacteur H.T.R. brûle de l’uranium très matière se transformant en uranium fissile dans le réacteur . Les combustibles ne sont pas sous forme de fines aiguilles gainées dans du étal , mais forme de fines particules enrobées de carbone et noyées dans une matrice de graphite qui a la forme d’un boulet (Allemagne ) ou d’un prisme (Etats-Unis ). Le combustible est ainsi dispersé dans le graphite , oui , en cas d’accident de refroidissement du cœur , peut absorber une bonne partie de la chaleur.


Sur le papier au moins , les réacteurs à haute température paraissaient prometteurs , et si seules des sociétés privées s’y sont intéressées outre -Atlantique , les gouvernements britanniques et allemand ont soutenu la réalisation de petits prototypes . Le fiasco de General Atomic ne les condamne pas nécessairement . Le désir de commercialiser les réacteurs américains est intervenu trop tôt avant la mise au point définitive progressivement résolues . Il se pourrait que ce type de réacteur se révèle compétitif avec les centrales actuelles a eau légère .


L’investissement nécessaire pour mettre au point ce type de réacteur a certainement été sous-estime , d’autant que le gouvernement fédéral américain ne lui a toujours accordé qu’un soutien discret Washington , qui a développé les réacteurs a eau pressurisée , affirme avoir investi 2 milliards de dollars (environ 10 milliards de francs ) pour la mise au point et la construction des usines nécessaires pour la fabrication du matériel et des combustibles .


Sans doute , Gulf et Shell ne pouvaient-elles guère s’en tirer à moins . Les grandes aventures technologiques du monde industrialisé sont à ce prix , qu’il s’agisse du Concorde (15 milliards) ou d’une usine d’enrichissement de la taille d’Eurodif (17 milliards) . Ces chiffres traduisent largement la complexité des techniques et les risques pris par les sociétés qui prennent le pari de les mettre au point . Ces tentatives apparaissent désormais a la limite des possibilités financières des plus grandes sociétés , même General Electric , Exxon. ou Shell . Le gouvernement fédéral américain en est conscient , qui entend aider le secteur privé a construire des usines d’enrichissement en le garantissant contre les risques financiers encourus , et même les risques techniques .


L’histoire de l’énergie nucléaire est déjà jalonnée d’aventures qui ont fait perdre beaucoup d’argent à la société allemande K.W.U. (filiale d’A.E.G.- Telefunken et de Siemens ) constructrice de centrales à eau légère à General Electric , qui a abandonné une usine neuve de retraitement avant même de la mettre en service , et qui n’en ont toujours pas fait gagner à Westinghouse , qui a pourtant à son actif une centaine de réacteurs dans le monde . Pour l’instant encore , le nucléaire ne paie guère . Les difficultés rencontrées et les investissements requis sont les facteurs de régulation , voire de ralentissement les plus efficaces du développement technique de pointe jugé aujourd’hui trop rapide par bien des critiques du monde industriel .


DOMINIQUE VERGUESE

Le projet de budget de la recherche aux États-Unis .


Priorité à l’énergie et à la défense


Alors que le taux d’inflation devrait être d’environ 6 à 7% cette année , aux Etats-Unis , le budget fédéral de la recherche et du développement devrait s’accroître d’environ 11% et atteindre 24,7 milliards de dollars (111 milliards de francs). Telles sont du moins les propositions que l’administration du président Ford a soumis au Congrès pour l’année 1977 l’en réalité juillet 1976-juillet 1977).


Deux secteurs bénéficieront d’une augmentation de crédits supérieure à la recherche dans le domaine énergétique (17%) . La recherche fondamentale , d’autre part , est bien traitée , puisqu’elle bénéficiera de 2,6 milliards de dollars (11,7 milliards de francs) , et que l’agence analogue au Centre national de la recherche scientifiques en France , la National ) Science Foundation américaine , recevra 726 millions de dollars (3,3 milliards de francs ) , soit une augmentation de 16% par rapport a 1976 . Le budget de la N.S.P. représente environ 70% des sommes allouées a la recherche fondamentale par le gouvernement fédéral . Malgré son augmentation , les crédits fédéraux consacrés à la recherche de base ont diminué de 23 % depuis 1968 , en dollars constants .


Parmi les organismes fédéraux , ce sont les instituts nationaux de la santé et le moins bien traités , ainsi que la NASA et l’Agence pour la protection de l’environnement EPA . Le département de la santé , de l’éducation et de la Sécurité sociale ne retrouve même pas son budget de 1975 , si l’on tient compte de l’inflation (2,57 milliards de dollars en 1977), et , pour la première fois depuis cinq ans ; l’administration du président Ford a proposé de laisser stagner les crédits consacrés à la recherche sur le cancer , qui avaient augmenté de 280% entre 1973 et 1975 , pour faire porter l’effort sur d’autres domaines , arthrite , diabète , allergies , maladies neurologiques , maladies du cœur et du poumon , notamment . Quand à la NASA , son budget continue de stagner autour de 3,5 milliards de dollars pour la deuxième année consécutive . L’agence pour la protection de l’environnement (EPA) est encore moins bien traitée , avec un budget qui diminue de 21 % par rapport à 1976 , et qui plafonne à 243 millions de dollars .


L’augmentation la plus spectaculaire (17%) concerne le budget de l’agence pour la recherche et le développement énergétiques
( E R D A) , qui passé de 2,8 à 3,3 milliards de dollars (14,85 milliards de francs) . Pourtant , ce sont moins l’énergie solaire (+25%) , les recherches sur les économies d’énergie (+50%) et les recherches en fusion thermonucléaire (+60%) qui bénéficient de la part principale de crédits que l’énergie nucléaire , avec 655 millions de dollars accordés au programme de réacteur surgénérateur . En comparaison , l’énergie solaire ne se voit octroyer que 160 millions de dollars , et les économies d’énergie 120 millions de dollars , tandis que le futur réacteur d’essai à fusion de Princeton est en partie responsable de l’augmentation des crédits du programme fusion : 392 millions de dollars en 1977, contre 250 l’année dernière .


PETER SPORT

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