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Le Monde

20 mars 1976

SCIENCES


La France à la Grande-Bretagne le marché japonais
du retraitement des combustibles nucléaires .


Les représentants de la France , qui dispute à la Grande -Bretagne une partie du marché japonais du retraitement des combustibles nucléaires irradiés , iront avec les représentants britanniques à Tokyo poursuivre les discussions , d’ici quelques jours .


L’enjeu est d’importance : le Japon a besoin , d’ici à 1985-1986 , de faire retraiter environ 4 000 tonnes de combustibles irradiés . Le coût de cette avoisinera 400 millions de livres sterling (environ 3,5 milliards de francs) . La France , qui ne s’était pas intéressée primitivement à cette transaction , désire aujourd’hui obtenir une part de ce marché , peut-être la moitié . Le Commissariat à l’énergie atomique français (C.E.A.) a entamé des discussions difficiles avec la société britannique semi-publique de retraitement , la British Nuclear Fuels Ltd. , et les négociations vont maintenant continuer à Tokyo .


Après avoir lancé ambitieux programme de centrales nucléaires , le Japon a pris du retard et a dû réduire de moitié ses ambitions . Il lui faudra cependant approvisionner en uranium des centrales d’une capacité totale de 16 000 mégawatts en 1980 et assurer le retraitement des combustible des combustibles irradiés , comme le veut la loi japonaise . Le Japon a prévu d’acheter de l’uranium enrichi à tous les pays susceptibles d’en vendre , les Etats-Unis , l’Union soviétique et l’Europe . Pour le retraitement , il est entré en relation il y a deux ans avec la Britishe Nuclear Fuels Ltd (B.N.F.L.) , qui gère l’usine de Windscale .


D’ici à 1985 , en effet , les centrales japonaises auront brûlé 6 000 tonnes de combustibles . La petite usine de retraitement que la France a vendu au Japon et qui doit entrer en service cette année à Tokai-Mura n’a qu’une capacité de 200 tonnes par an (soit 2 000 tonnes en dix ans ) . Le Japon devra donc faire retraiter les 4 000 tonnes restantes à l’étranger .


L’usine de Windscale , d’une capacité de 1 500 tonnes par an , a retraité environ 18 000 tonnes de combustibles ces vingt dernières années , dont 700 tonnes de combustibles retraités provenaient des réacteurs à uranium naturel de type Magnox , (réacteurs de type britanniques ) sauf environ 100 tonnes provenant des réacteurs à uranium enrichi de type américain . Après un incident de contamination en 1973 pendant le retraitement des combustibles de type américain , l’usine reprend son activité .


Comme elle va maintenant retraiter en priorité les combustibles des réacteurs Magnox qui se sont accumulés depuis deux ans , les Britanniques ont décidé de construire une nouvelle usine d’une capacité de 1 000 tonnes par an pour retraiter ultérieurement les combustibles à uranium enrichi de leurs futures centrales A.G.R. et des centrales étrangères de type américain . Cette décision , prise il y a deux ans entraînera une dépense de 300 millions de livres environ ).


Les négociations avec le Japon ont commencé à point nommé pour permettre à ce projet de se réaliser .


On comprend que le désir français , qui s’est manifesté récemment , de vouloir partager par moitié ce contrat de retraitement n’a guère enthousiasmé les Britanniques . Le C.E.A. semble avoir argué d’un accord conclu en 1971 entre les sociétés françaises , britanniques et allemandes de retraitement qui se faisaient alors une concurrence acharnée en pratiquant des prix de retraitement ne couvrant même pas les frais de fonctionnement des usines et qui toutes trois voulaient construire de nouvelles usines en même temps . Pour éviter une surcapacité de retraitement , les trois pays s’étaient mis d’accord pour étaler la construction de leurs nouvelles usines ; la transformation de l’usine française de la Hague , qui devrait retraiter les combustibles américains ne devrait intervenir qu’en 1975 l’usine allemande ne démarrer qu’en 1980 .


L’usine de La Hague , qui a été transformée , a commencé ses essais et doit entrer en service cette année , avec une capacité de retraitement qui doit progressivement atteindre 800 tonnes par an vers 1979-1980 . A cette date , les besoins de retraitement des centrales françaises n’atteindront encore que 300 tonnes environ et ils ne satureront l’usine de La Hague que vers 1984 . La France est donc disposée à retraiter du combustible étranger , allemand , suisse et japonais . En revanche , la nouvelle usine de Windscale ne démarrera qu’en 1984-1985 , comme la future usine allemande . Ce calendrier , combiné aux accords de 1971 , explique que la C.E.A. espère aujourd’hui convaincre le Japon et la Grande-Bretagne d’assurer une partie des besoins de retraitement des centrales nippones . — D.V.

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