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LE FIGARO - SAM. 14-DIM. 15 FEVRIER 1976

ETRANGER
Fin des entretiens franco-allemands

Objectif de l’accord nucléaire :
exporter des centrales atomiques


Le coup d’envoi a été donné, hier, à Nice, pour la deuxième génération des centrales atomiques. L’entente franco-allemande qui vient d’être conclue aura de profondes répercussions sur le paysage nucléaire du monde entier . Première conséquence : le réacteur Super-Phénix de 1.200 MW, à Creys-Malville, à 65 km au nord de Lyon, va être engagé. Coût : autour de 5 milliards de francs, à partager en trois : E.D.F, (51 %), l’E.N.E.L. italienne (33 %), la R.W.E. allemande (16 %). Première production d’électricité prévue pour 1979-1980. Electricité de France devrait commander par la suite, si tout se passe bien, des centrales du même type, mais de 1.800 MW, c’est-à-dire trois fois plus puissantes que les réacteurs actuels de type Fessenheim ou Bugey.


Objectif de la France : assurer 25 % de ses besoins en électricité, en l’an 2000, grâce aux centrales à neutrons rapides.


L’Allemagne devrait suivre un chemin parallèle.


En outre, les deux pays pourraient se lancer de concert dans l’exportation de cette technologie.


Le dossier est bon : les Soviétiques ont eu des ennuis avec leur prototype de Chevchenko, et le réacteur de Beloyarsk, qui ne fait que 600 MW, ne sera prêt qu’en 1980-1981. La grande-Bretagne connaît également bien des déboires avec ses installations de Dounreay. Quant aux Etats-Unis, qui ont longtemps été les leaders pour les réacteurs à eau légère, ils sont en retard.
La construction du prototype Demo est toujours bloquée par les défenseurs de l’environnement.


Le développement des réacteurs à neutrons rapides (ou surgénérateurs) est pourtant capital. Dans cinquante ans, on manquera d’uranium pour faire fonctionner les centrales à eau légère. Or, les surgénérateurs consomment de l’uranium appauvri et du plutonium, deux produits résidus des centrales à eau.


En outre, l’uranium naturel qui entoure le coeur du réacteur se transforme progressivement en plutonium. Ces centrales produisent ainsi plus de combustibles qu’elles n’en consomment (d’où le nom de surgénération).


Toutefois, les problèmes ne manquent pas. La réaction atomique doit être refroidie par du sodium (il en faudra 5.000 tonnes pour Super Phénix). Or le moindre contact du sodium avec l’eau est explosif. C’est ce qui s’est passé en U.R.S.S. en avril 1944.


Enfin, il ne faut pas oublier que la bombe A est réalisée à partir du plutonium. Il faudra prendre des précautions exceptionnelles pour que les 360 assemblages comprenant chacun 271 aiguilles de plutonium de 2,7 m de long et 8,5 mm de diamètre n’amorcent pas une réaction nucléaire incontrôlée (l’explosion atomique). Les dangers sont encore plus grandes au moment du retraitement du combustible.


L’accord franco-allemand signé dans le domaine des hautes températures risque d’être moins important. La société américaine General Atomics (Shelle et Gulf Oil), qui en assure le développement, a eu huit annulations de commandes l’année dernière (sur un total de 10).


La France doit encore, au niveau des industriels, préciser les partenaires de la puissante société allemande KWU. Michel d’Ornano devrait prochainement définir sa stratégie.


Christian Guéry.

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