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LE MONDE - 4-5 janvier 1976 - Page 3

AFRIQUE
Algérie
Le budget de la défense nationale augmente de 20 % en 1976


De notre correspondant


Alger, - c’est un budget d’austérité que M.Smaïl Mahroug, ministre des finances, a présenté vendredi 2 janvier. Il vise essentiellement trois objectifs : consolider les acquis, assainir les secteurs défaillants, inciter les entreprises publiques à produire plus pour être rentables. Le montant global des recettes s’élève à 24 190 millions de dinars contre 21 995 en 1957, dont 15 milliards fournis par les hydrocarbures (13 milliards l’an dernier). Les dépenses prévues étant de 23 285 millions, un excédent de près d’un milliard se trouve dégagé.


Ce budget comporte deux constantes et une innovation : les crédits consacrés à l’éducation et à la formation atteignent 30 % du total, comme c’est le cas depuis l’indépendance : ceux qui sont destinés à l’équipement, en constante progression depuis 1967, demeurent importants, même s’ils marquent une pause. En revanche, pour la première fois depuis onze ans, le budget de fonctionnement de la défense nationale progresse de 20 %, conséquence probable de la crise du Sahara occidental. Une mauvaise surprise enfin pour les travailleurs émigrés, les stagiaires et les diplomates algériens : en raison des abus constatés, la franchise de taxes dont ils bénéficiaient pour l’importation de voitures est supprimée. Ils devront désormais acquitter ces taxes en devises convertibles.


Le budget de fonctionnement progresse de 4,3 % et est fixé à 14,5 milliards sur lesquels 2,2 milliards sont consacrés au soutien des produits de base. Plus de 7 milliards (50 %) vont au secteur socio-éducatif, l’enseignement et la recherche drainant à eux seuls près de 3 milliards. "Un fonctionnaire sur deux est un enseignant", a souligné le ministre des finances (121 247 enseignants sur un total de 268 241 fonctionnaires).


Les dépenses d’équipement fixées à près de 8,7 milliards sont égales à celles de l’an dernier. Si l’on y ajoute, a dit M.Mahroug, les prêts du Trésor public et des banques, qui s’élèvent à 17,3 millions, le programme des investissements atteindra 26 milliards, soit 40 % de la PIB (production intérieure brute).


La dotation de la défense nationale est de 1 288 millions, dont 16 % affectés à la formation (contre 1 030 millions et 25 % en 1975). M.Mahroug a rappelé à ce propos que l’armée avait consacré jusqu’à présent une grande partie de ses moyens à des tâches sociales : construction de la route transsaharienne, implantation du "barrage vert", réalisation de villages socialistes, formation de cadres et de techniciens.


M.Mahroug a mis l’accent sur l’ "insuffisante rentabilité" des entreprises socialistes, qui devront mieux maîtriser les coûts des projets et leurs délais de réalisation et accroître leur productivité pour dégager des bénéfices ; certaines usines ne tournent qu’à 30,50 ou 70 % de leur capacité.
Cette situation, commune aux pays en voie de développement, est difficilement tolérable pour un Etat ayant opté pour un rythme de croissance rapide, et qui, moyen producteur de pétrole, ne peut se permettre le gaspillage.
La productivité contribuerait aussi à pallier l’inflation - de l’ordre de 15 % - enregistrée en 1975 sur les prix des biens destinés à l’équipement, qu’ils soient importés ou fabriqués dans le pays.


M.Mahroug a précisé que la dette extérieure de l’Algérie représente environ 35 % de la PIB.
Elle serait donc de l’ordre de 18 à 20 milliards contre 11 dans le précédent budget. Le rapport entre le service de la dette et les exportations est de près de 15 % contre 8 % dans l’exercice précédent. A ce propos, le ministre a déclaré : " Quelques journaux français, spécialisés ou non, se singularisant par rapport à l’ensemble de la presse internationale, ont fait circuler des rumeurs tendant à entamer le crédit de l’Algérie en faisant croire qu’elle était surendettée. Ce n’est pas le point de vue des institutions spécialisées comme le F.M.I. et des grandes banques mondiales, notamment américaines, qui ont consenti des prêts et vont recommencer dans les prochains mois."


M.Mahroug a affirmé que l’Algérie s’était principalement endettée pour mettre en valeur et commercialiser son gaz qui représente "une solide contrepartie", puisque 20 milliards de mètres cubes seront exportés à partir de 1980. "Notre endettement est raisonnable et équilibré, a-t-il conclu. D’ailleurs, on ne prête qu’à ceux qui peuvent rembourser, et on ne vous a jamais refusé de prêts."


PAUL BALTA.

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