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AFP BULLETIN D’ AFRIQUE 24/9/1975 N°8782

PETROLE


LES EMBARRAS DES PRODUCTEURS DE PETROLE.


PARIS, 23 septembre - Moins de deux ans après avoir fait trembler le monde occidental à ses moindres gestes, le "cartel" des 13 exportateurs de pétrole membres de l’ O.P.E.P se réunit mercredi à Vienne dans l’ indifférence presuqe générale.


En octobre 1973, c’ était le début de la "grande peur du manque dans une société de consommation qui dépendait des livraisons" "d’ or noir", principale source d’ énergie. Les maîtres de cette mane pouvait dresser la liste des pays qui en seraient privés, pour des raisons politiques. Ils pouvaient quintupler leurs prix. Ils pouvaient en conséquence lancer de fabuleux programmes d’ équipement et d’ armement, acheter - du moins en partie - les plus grandes sociétés, les plus prestigieux immeubles, dans les plus grands pays. Ils pouvaient donner aux pays restés pauvres l’ espoir d’ un nouvel ordre économique", basé notamment sur la revalorisation des autres matières premières.


Maintenant, tout a bien changé. Certains des "nouveaux riches" du pétrole sont à l’ heure de l’ austérité, et négocient des emprunts à l’ étranger. Que s’ est-il donc passé en si peu de temps ?


Un phénomène apparemment bien simple : le renchérissement trop brutal du pétrole a produit des effets cumulatifs, chez les utilisateurs et chez les producteurs, qui se sont retournés contre ces derniers. Ce fut d’ abord une accélération de l’ inflation dans le monde industrialisé, qui a réduit le pouvoir d’ achat des "pétrodollars", reprenant d’ une main ce qui était payé de l’ autre. Ce fut presque en même temps la déflation résultant du transfert de ressources, qui a fortement aggravé la crise économique occidentale et diminué la consommation de pétrole, les utilisateurs redoublaient d’ efforts pour économiser cette source d’ énergie. La météo elle-même s’ est mise de la partie, avec un hiver très doux dans le nord de l’ hémisphère, qui a encore diminué la demande.


Pour ces diverses raisons, le marché mondial du pétrole s’ est modifié : les vendeurs n’ y font plus la loi. La tendance est à la baisse, ce qui rend bien difficile de majorer artificiellement les prix, et met encause le financement des ambitieux programmes à long terme qui avaient été lancés.


De plus, le fameux "recyclage des pétrodollars" ; c’est-à-dire la récupération au moins, partielle, des énormes sommes supplémentaires données aux producteurs, s’ est réalisé beaucoup plus rapidement que prévu, après avoir été un casse-tête majeur pour les experts financiers occidentaux. Une fois de plus, ces experts se sont trompés. Ils estimaient qu’ en une dizaine d’ années, les pétroliers pourraient accumuler plus de 1.000 milliards de dollars. Or, le recyclage n’ est pratiquement plus un problème. Il s’ est résolu de lui-même, et personne n’ en parle plus.


En définitive, le pouvoir pétrolier, qui n’ était effectif qu’ en période de pénurie relative de ce produit de base, est beaucoup moins redoutable. Il continuera à reculer, à mesure que les pays consommateurs auront recouvré à des degrés divers leur indépendance énergétique - à commencer par les Etats-Unis dont le président vient d’ annoncer que 600 milliards de dollars seraient consacrés en 10 ans à la réalisation de cet objectif.


Par contre, le pouvoir financier et monétaire reste aux mains des pays industrialisés, et singulièrement des Etats-Unis. A ce propos, de nombreux commentateurs relèvent une coïncidence : sur le front des monnaies flottantes, la remontée du dollar s’ accentue à la veille de la réunion de l’ O.P.E.P., comme pour supprimer l’ un des principaux arguments en faveur d’ une nouvelle majoration du pétrole, payé en dollars.


Enfin, les pays pauvres du tiers-monde perdent progressivement confiance en leurs "protecteurs", pétroliers dont l’ aide financière tend à diminuer, malgré les tentatives du chah d’ Iran, pour la relancer. Ils restent avec leur misère aggravée parla hausse du pétrole et se tournent vers les Américains tout prêts à les séduire, comme ils ont commencé à le faire lors de la récente session spéciale des Nations-Unies.


C’ est une raison de plus, et non la moindre, pour faire hésiter les pays pétroliers à majorer maintenant leurs prix, même faiblement. C’ est aussi, semble-t-il, une cause de renforcement de leurs divergences. (AFP)mg

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