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    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.


















LA REPRISE DU DIALOGUE SUR L’ÉNERGIE


Alger estime injustifiée la baisse des prix du pétrole pratiquée par trois pays de l’OPEP


Tout en annonçant son intention de maintenir inchangé le prix de son pétrole, l’Algérie déclare dans un communiqué de l’agence officielle Algérie - Presse - Service que d’autres pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole "ont procédé à des baisses injustifiées de leurs prix".


Elle espère que ces pays "ne se laissent pas entraîner dans le processus de baisses successives que veulent leur imposer ceux qui spéculent sur les prétendues divergences entre les pays producteurs de pétrole et sur la désunion ou l’effondrement de l’OPEP". (Lire page 25.)


L’Arabie Saoudite, quant à elle, paraît opposée à une hausse des prix du pétrole en septembre, comme c’est pourtant l’intention déclarée de l’OPEP depuis la conférence de Libreville. Une "haute personnalité du ministère saoudien du pétrole" a, en effet, déclaré à The Arab Press Services’s Oil Review, lettre hebdomadaire diffusée à Beyrouth : "Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de changement dans la politique pétrolière saoudienne. Nous continuerons à demander que les prix restent au cours où ils sont depuis le 1er janvier."


A Paris, M.Otelba, ministre du pétrole des Emirats arabes unis, a émis le souhait que le dialogue entre pays industrialisés, pays pétroliers et pays du tiers-monde reprenne avant la prochaine conférence de l’OPEP en septembre, ce qui paraît aujourd’hui impossible pour des raisons pratiques. Ce que l’on peut espérer, au mieux, c’est l’ "annonce" d’une reprise de ce dialogue avant septembre. Encore faut-il que M.Kissinger, qui déjeune jeudi prochain à Paris avec M.Sauvagnargues, fasse des avances suffisantes pour vaincre les réticences d’Alger, notamment.


Ph.S.


Un coup de semonce


Pour la première fois, au moins depuis la "révolution pétrolière" d’octobre-décembre 1973, un pays de l’OPEP critique ouvertement et nommément trois autres membres de cette Organisation. Et le reproche que fait l’Algérie à l’Irak, au Nigéria et à la Libye est grave : ces pays ont procédé à des baisses "injustifiées" des prix de leur pétrole.


Cette semonce s’accompagne d’un appel à la vigilance : ne faites pas le jeu de l’ennemi qui cherche à nous diviser, dit en substance Algérie-Presse-Service.


Ce faisant, l’Algérie a pris un risque, celui d’irriter ses partenaires au sein de l’OPEP, parfois agacés déjà par le rôle de leadership qu’elle essaie de jouer. Sans aucun doute les experts pétroliers algériens sont intellectuellement d’une classe supérieure à ceux des autres pays pétroliers, cependant ils n’ont pas su toujours adopter un "profil" assez bas pour que les autres n’en prennent pas ombrage.


Mais quand la Sonatrach a essayé de procéder à des trocs de pétrole contre des marchandises, en toute logique économique n’était-ce pas pour tenter d’élargir sa part de marché tout en maintenant son prix ? Dans un climat récessif, augmenter sa part équivaut à réduire celle des autres. D’où, pour contrer la manoeuvre, des rumeurs, rapportées complaisamment par ceux qui y avaient intérêt, selon lesquelles l’Algérie bradait son pétrole. Pour faire taire les mauvaises langues, Alger a aussitôt annoncé avec solennité la rupture de certains contrats de troc en cours de négociation.


De tous les pays de l’OPEP, c’est l’Algérie qui est sans doute actuellement le plus vulnérable financièrement. Comme en même temps elle est à la tête des pays les plus durs de l’Organisation, sa situation a une importance stratégique qui n’échappe pas aux meilleurs observateurs, et notamment à M.Kissinger.


Il se trouve que la France est le principal créancier occidental de l’Algérie, et peut-être aujourd’hui le seul à accepter d’y accroître ses engagements. Il se trouve aussi que l’Algérie est le pays de l’OPEP qui marque le plus de réticences au projet de dialogue entre pays industrialisés, pays pétroliers et pays en voie de développement.
Or il est vrai aussi que l’Algérie est un important débouché pour l’industrie française, notamment en matière de biens d’équipement... C’est dire l’ambiguïté des relations franco-algériennes, au-delà des généreux discours sur l’amitié retrouvée.


Mais, en tapant du poing sur la table, l’Algérie n’a-t-elle pas surestimé son influence sur les autres membres de l’OPEP ? Sa situation actuelle explique peut-être que, alliant, selon ses propres termes, "la hardiesse au réalisme", elle n’a d’autre choix que de jouer le grand jeu.

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