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    2009.
















7.03.75

Pour
casser l’ OPEP
la guerre
à l’ Arabie saoudite


Cet article, qui paraît en ce mois de mars dans Harper’ s Magazine, mensuel de New York, et dont nous publions ci-après un condensé, Béchir Ben Yahmed l’ a déjà longuement cité dans son dernier éditorial. L’ auteur, anonyme, est, paraît-il, un historien militaire américain des plus éminents. Ce n’ est pas dire que la stratégie qu’ il développe a germé dans son cerveau. Tout indique au contraire qu’ il a puisé ses renseignements à bonne source : du côté du Pentagone. Le scénario d’ attaque de l’ Arabie saoudite et d’ occupation des champs pétrolifères qu’ il présente relève évidement de ces exercices d’ école dont sont friands les états-majors. Et qui peuvent quelque jour servir de plans de bataille. Nous ne croyons certes pas que malgré les menaces de MM. Kissinger et Ford, l’ hypothèse se convertira en réalité. Nous ne croyons pas non plus que l’ auteur anonyme ait voulu dégonfler une baudruche : il est trop convaincu. La publication de son article relève plutôt de l’ intoxication. Et de la manoeuvre d’ intimidation. Car, avec ou sans guerre d’ Arabie, et plutôt sans qu’ avec, pour l’ Amérique de M. Kissinger et du Pentagone, la question demeure de savoir comment casser l’ OPEP.


Après plus d’ un an d’ atermoiement, les pays consommateurs de pétrole commencent seulement à étudier les moyens de briser le pouvoir du cartel du pétrole. jusqu’à maintenant, ils ont pratiqué une politique d’ apaisement que l’ on peut qualifier de défaitiste et comparer aux accords de Munich en 1938. L’ idéologie de nombreux intellectuels occidentaux en est responsable. La hausse des prix du pétrole a mis fin à la croissance économique et entraîné une redistribution condamnable de la richesse du monde. C’ est ainsi que les paysans indiens subventionnent les super-riches en achetant du kérosène tandis que les Américains achètent des petites voitures parce que les cheikhs veulent des gros jets.


Dans la recherche de solutions indolores au problème de l’ OPEP, il faut mettre au premier rang le "recyclage" privé. Les banquiers ne s’ inquiètent pas du transfert massif des fonds de l’ OPEP : ces fonds afflueraient dans leurs banques sous forme de dépôts et les banquiers reprêteraient cet argent aux pays consommateurs qui paieraient l’ OPEP, laquelle mettrait l’ argent en dépôt.


Seulement, cela n’ est ni orthodoxe ni sain. Et les banques centrales froncent le sourcil : on n’ emprunte pas à quelques-uns pour prêter à beaucoup et on n’ emprunte pas court terme pour prêter à long terme. La catastrophe est au bout du chemin. Pour les économistes, qui n’ ont guère le sens des réalités, l’ OPEP ayant reçu des dollars, des marks ou des francs, ses membres devront soit les dépenser, soit les prêter, soit les enterrer dans le stable, toutes solutions favorables aux pays consommateurs. Mais c’ est ne pas tenir compte des marchés de l’ eurodollar où de vastes injections d’ argent arabe pourraient déséquilibrer, du jour au lendemain, les plus petites monnaies et miner la crédibilité des plus grandes. C’ est en outre ne pas envisager la réduction de la production pétrolière. On refuse actuellement au monde plus de 3 millions de barils de pétrole par jour.


Les conséquences politiques de cette situation peuvent dépasser les prévisions les plus pessimistes. C’ est ainsi que les fragiles institutions de la République italienne pourraient en être mortellement atteintes. Mais le comportement des pays pauvres pose réellement une énigme. Le paysan qui ne peut plus acheter d’ engrais souffre bien davantage que l’ Américain qui ne peut plus se servir de sa huit cylindres. Et pourtant les pays pauvres appuient l’ OPEP. Deux explications à cela.


Reste la force


Premièrement, l’ action de l’ OPE est le prélude à une réévaluation du prix de toutes les matières premières conjuguées avec un blocage des prix industriels. Mais les céréales produites par les pays riches sont exclues de ce cercle magique, et puis tous les pays pauvres ne sont pas exportateurs de matières premières ni les pays riches dépourvus de matières premières, témoins l’ Inde et le Canada.


Deuxièmement, ce n’ est pas le voix des pauvres qui se fait entendre mais celle de minorités dirigeantes qui n’ ont de comptes à rendre qu’ elles-mêmes. Les anti-Occidentaux qui font trois bons repas par jour à Dacca ou Bamako donnent pour instructions à leurs neveux délégués à l’ ONU d’ applaudir quand les Koweïtiens affirment que le prix du pétrole n’ est pas trop élevé. Le moment d’ agir est arrivé.


En acceptant le plan de recyclage du Dr Kissinger, nous créerons le moteur de notre propre appauvrissement. Actuellement, les Koweïtiens pourraient facilement acheter British Leyland Motors (BLM). Le plus grand complexe industriel britannique, édifié par le travail de dizaines de milliers de travailleurs anglais pendant plus de soixante-dix ans, pourrait être ainsi acquis par une seule famille du Koweït avec le prix de six jours de production de pétrole.


Si nous décidons de briser l’ OPEP, comment pourrons-nous le faire ? Les méthodes non violentes sont connues :



Refus financier  : les pays occidentaux refusent les dépôts de l’ OPEP, sinon à long terme et équitablement distribués.


Refus de propriété  : l’ argent de l’ OPEP est forcé de rester en monnaie de papier puisque le transfert de biens n’ est pas autorisé.


Manipulation du marché  : pour amener la formation de surplus de pétrole, ce qui entraînerait une dépression des prix.


Tout cela est en fait inefficace car l’ OPEP est maîtresse du jeu. Elle peut refuser l’ approvisionnement pour répondre au refus financier, suspendre l’ approvisionnement tant qu’ on lui refuse d’ acquérir des biens immobiliers et régler la production de manière à contrecarrer la manipulation du marché.


En outre, en additionnant toute la production du "nouveau" pétrole (mer du Nord, Alaska, etc.), on n’ arrive même pas à la moitié de la production de l’ Arabie saoudite et le front des pays consommateurs est loin d’ être sans faille.


Il ne reste donc que la force militaire. Ce qui ne signifie pas que l’ emploi de la force est praticable. Bien entendu, il n’ est pas question de faire la guerre simplement parce que le prix du pétrole est trop élevé. Mais, heureusement pour nous, si tous les membres de l’ OPEP pratiquent l’ exaction, quelques-uns d’ entre eux (les Arabes) pratiquent aussi le chantage. Tôt ou tard, leurs demandes deviendrons excessives et ce sera la guerre. Et, quel qu’ en soit le coût, les Israéliens, grâce à leur nouvel armement, l’ emporteront encore. les Arabes le savent. Sinon les Syriens auraient rouvert les hostilités en 1974. Et les Israéliens le savent aussi. Ils ne se plieront pas aux embargo. Mais, avec le prix actuel du pétrole, l’ embargo n’ est plus une menace, c’ est une occasion.


certains pensent qu’ il faut céder au chantage arabe en exerçant un chantage sur Israël pour le pousser à faire des concessions. Mais, alors, les prix du pétrole demeureraient les mêmes et causeraient un préjudice en définitive plus grand que tout embargo à court terme.


Quelques centaines de puits


Le scénario est simple : un embargo arabe, une atmosphère de crise, très probablement à la suite d’ une guerre rapide et sanglante. Nous y voici.


La première question est : où frapper ? Le but n’ est pas de saisir un peu de pétrole mais de briser l’ OPEP. Aussi doit-on, sélectivement, utiliser une force pour occuper de grandes réserves de pétrole concentrées dont la production puisse mettre rapidement fin à la pénurie artificielle de pétrole et faire baisser les prix. En face des pays consommateurs occupant de vastes champs de pétrole dont le prix à la production pourrait tomber à 50 cents le baril, la plupart des producteurs se satisferaient d’ un prix quatre à cinq fois plus élevé, mais encore six fois plus bas que les prix actuels. Les conditions déterminent la seule cible possible : l’ Arabie saoudite. Certains ont suggéré la Libye. C’ est une erreur. La Libye est bien plus facile à attaquer et envahir mais elle est loin d’ avoir suffisamment de pétrole pour rendre l’ OPEP vulnérable aux pressions du marché.


Quant à l’ Arabie saoudite, elle peut fournir 8 500 000 barils par jour pendant soixante ans. Aux rythme d’ extraction des puits texans, elle produirait 55 millions de barils par jour, de quoi satisfaire deux fois les besoins du monde entier. En outre, les gisements saoudiens sont concentrés sur une petite surface très peu peuplée, à l’ exception des 20 000 travailleurs du pétrole, techniciens américains compris. Voyons maintenant les problèmes : la région est éloignée et n’ ouvre pas sur la mer. Pour les escales et le plein des avions, on ne peut compter que sur les bases aériennes d’ Israël.


L’ opération serait de grande envergure. Les forces saoudiennes sont presque négligeables : 36 000 hommes dispersés sur un immense territoire. L’ objectif ? Quelques centaines de puits, des vingtaines de kilomètres de pipe-lines, des quais de chargement.


L’ opération nécessitera une force importante et diversifiée. Pour la première vague, une division de marines (14 000 hommes) pourrait être rassemblée dans le Pacifique. Mais l’ alerte serait donnée dès que le convoi traverserait le détroit de Malacca. A ce moment-là, il resterait encore près d’ une semaine de voyage.


Pas de guérilla


C’ est pourquoi il faudrait une vague préliminaire aéroportée, la 82e division. Si les marines doivent arriver à Dhahran le jour J, l’ attaque aéroportée devra avoir lieu le jour J - 3. Les gros C-5 et les C-141, partis des Etats-Unis, après une escale en Israël, se dirigeraient sur Dhahran et lâcheraient leurs parachutistes sur l’ aérodrome dont ceux-ci s’ empareraient. Après quoi, les gros transporteurs débarqueraient à leur bord les familles des techniciens américains pour les ramener en Israël et aux Etats-Unis.


La division aéroportée s’ emparerait des jetées de Tas Tanura et des réservoirs, des champs de pétrole de Ghawar et d’ Abqaiq. Soixante-douze heures plus tard, les marines débarqueraient, compléteraient l’ opération, saisiraient les gisements off shore non saoudiens près de Doha, Adma et Dubaï et patrouilleraient vers le Koweït et même vers l’ Irak, bien que ce soit dangereux. Une seconde division de marines arriverait au plus tard vingt-quatre heures après le jour J avec son infanterie, ses blindés, ses hélicoptères. Puis on débarquerait les tanks amenés par cargos rapides. Quatre jours plus tard tout serait en place. Des chasseurs seraient envoyés d’ Israël mais les marines auraient leur propre force aérienne : huit escadrilles de reconnaissance, huit escadrilles de bombardiers. Quarante mille hommes extrêmement mobiles auraient achevé l’ occupation complète de tous les champs de pétrole.


Et voilà pour la logistique. La stratégie industrielle doit tenir compte de l’ éventuel sabotage. Les Saoudiens n’ auraient pas le temps d’ effectuer un sabotage très important. Le Texas a ses pompiers des puits de pétrole qui peuvent maîtriser rapidement un incendie de puits et tout le matériel de réparation peut être rassemblé d’ avance aux Etats-Unis, prêt à être expédié en un ou deux mois. Le coût n’ est pas une affaire, à cause de l’ économie réalisée sur les prix de l’ OPEP (10 à 30 cents le baril contre 11 dollars). Au rythme de 8 500 000 barils par jour, la production d’ un mois paierait 2,5 milliards de dollars de main-d’-oeuvre et d’ équipement.


Par ailleurs, l’ Arabie saoudite ne peut pas mettre en place trop longtemps d’ avance ses dispositifs de sabotage de peur que des travailleurs révolutionnaires et mal payés ne saisissent l’ occasion pour faire tout sauter, invasion ou pas. Quant au sabotage après l’ invasion, il peut être évité par le remplacement de la main d’ oeuvre peu sûr (et les ouvriers bien payés regarderaient à deux fois avant de changer leur patron américain pour un patron irakien fort éloigné et bien moins généreux), par la surveillance incessante de patrouilles militaires passant à chaque puits toutes les quelques minutes et par des hélicoptères qui surveilleraient aussi les pipe-lines. L’ expérience israélienne a prouvé qu’ on ne peut mener une guérilla dans le désert, faute de cachettes et de lieux de repli.


Provoquer l’ ennemi


Mais il faudrait compter quand même avec un arrêt de la production saoudienne pendant sept à soixante ou même, au pis, quatre-vingt-dix jours. Comme, vraisemblablement, certains pays arabes arrêteraient leur production par solidarité, il faudrait envisager un déficit de 3 500 000 à 4 500 000 barils par jour et peut-être encore 2 500 000 barils que refuseraient les pays arabes modérés. Il est possible, mais peu probable, que quelques pays non arabes réduisent aussi leur production. Le problème n’ est pas insoluble. Toutes les nations industrialisées sont en train de faire des réserves pour quatre-vingt-dix jours et, à partir du jour J + 8, des cargaisons de pétrole commenceront à quitter l’ Arabie saoudite A 1 + 90, les membres de l’ OPEP se trouveront en face d’ un contrôle total par les Etats-Unis du pétrole saoudien susceptible de les mettre au chômage pour quinze ans.


Du point de vue tactique, il faut considérer qu’ une ou deux brigades saoudiennes et quelques batteries de missiles américains Hawk se trouvent dans le secteur de l’ objectif et que, avant d’ arriver à Dahhran, les gros transport aériens, très vulnérables, devraient parcourir plus de 1 500 km d’ espace aérien ennemi. Mais il serait facile de neutraliser l’ opposition (24 appareils à réaction jordaniens) car la route suivie serait hors de portée des chasseurs égyptiens, irakiens ou syriens.


Cependant une ample couverture sera assurée contre les six escadrilles de chasseurs saoudiens et - on ne sait jamais - l’ arrivée des Egyptiens, des Jordaniens, des Irakiens ou des Syriens. Il faudra donc peut-être six escadrilles de Phantom ravitaillables en vol et des pétroliers au large d’ Israël. Au sol, la tactique reposera sur la mobilité et la nécessité d’ éviter l’ ennemi et de le provoquer.


Une inaction payante


Mais les grands problèmes sont stratégiques. Devant quels choix les Russes se trouveront-ils placés ? Ils ne peuvent espérer devancer le premier geste américain et il n’ est pas pensable que la famille royale saoudite les appelle au secours. Mais ils pourraient débarquer en Irak et même aider les Irakiens à entrer au Koweït. Toutefois, cela risquerait d’ aboutir à un heurt direct américano-soviétiques. Et cela, qui entraînerait une guerre nucléaire, ni les Américains ni les Soviétiques ne le veulent. Mais ni les uns ni les autres ne peuvent se permettre de perdre une bataille locale. Le perdant devrait alors la transformer en guerre régionale que ni les uns ni les autres ne peuvent non plus se permettre de perdre.


Certains pensent que l’ URSS pourrait utiliser une force navale d’ intervention. Idée farfelue. Les Etats-Unis enverraient au moins quatre porte-avions, vingt frégates et des destroyers et dix sous-marins nucléaires. Les Russes ne pourraient bloquer le détroit de Hormuz sans tirer. Et tirer, c’ est la guerre nucléaire.


Le problème n’ est pas technique mais politique. C’ est une question d’ équilibre des intérêts entre les deux pays. Le contrôle de l’ Arabie saoudite est vital pour les Etats-Unis et leurs alliés. Le leur refuser ne serait qu’ une satisfaction pour l’ URSS. On ne risque pas la guerre nucléaire pour cela. D’ ailleurs, même l’ inaction serait payante pour l’ Union soviétique dont le prestige et l’ influence grandiraient encore au Moyen-Orient.


L’ Iran, avec son armée bien équilibrée de 175 000 hommes, ses tanks, ses 100 Phantom et sa marine, n’ est pas une quantité négligeable. Mais les avions israéliens volent par la grâce des techniciens américains et, politiquement, l’ Iran dépend trop des Etats-Unis pour s’ opposer à une action américaine. Washington pourrait d’ ailleurs suggérer au shah qu’ il ne lui déplairait pas de le voir protéger le Koweït. Il est propable que les Russes, par mesure de rétorsion, envahissent le nord de l’ Iran, pays protégé par les Etats-Unis.


L’ opération ne devrait pas servir les intérêts de l’ ARAMCO. Il faudrait ouvrir les champs de pétrole à n’ importe quelle compagnie travaillant vite et efficacement. Dans les plus mauvaises conditions, le coût du baril ne dépasserait pas 30 cents, soit 3% du prix actuel. Mais le pétrole ne serait pas vendu, bien sûr, au prix coûtant, ne serait-ce que pour , ne pas réduire l’ OPEP au désespoir. Il faudrait arriver à un niveau de compromis avec cette organisation qui pourrait laisser des profits atteignent 14 millions de dollars par jour. Ces profits devraient être répartis par un organisme à créer, organisation internationale du pétrole et de l’ aide (IOAO) à laquelle tout pays pauvre du monde pourrait participer s’ il acceptait le fait accompli.


L’ IOAO remplacerait ainsi avantageusement tous les programmes actuels d’ aide. On peut penser que l’ Inde préférera laisser mourir de faim des millions de citoyens plutôt que d’ adhérer à l’ IOAO. Mais la chose est moins sûre pour le Bangladesh qui n’ a pas pu arracher en 1974 plus de 100 millions de dollars aux producteurs arabes. L’ IOAO lui offrirait cent fois plus. Le nouvel organisme améliorerait sensiblement aussi la situation des travailleurs du pétrole : 50% d’ augmentation des salaires.


Du travail bien fait


Mais le monde ne condamnera-t-il pas les Etats-Unis ? Certains pays, oui. Les autres, y compris certains pays européens et le Japon, crieront très fort mais, au fond seront soulagés. L’ image de l’ URSS sera rehausée, certes. Mais que signifie la perte éventuelle de prestige et d’ influence par les Etats-Unis ? Les faibles respectent la puissance bien plus que les forts n’ en connaissent les limites.


Le facteur crucial est cependant l’ opinion publique intérieure qui s’ est élevée contre la guerre d’ Indochine. Toutefois, seule une petite minorité est susceptible de réagir car l’ action est possible à cause du terrain et des hommes en Arabie saoudite et elle sera brève.


En outre, les quatre divisions requises sont au point, entraînées, bien équipées et prêtes au combat. Mais il faudra aussi envisager une occupation maximale de dix ans pour permettre la mise au point de solutions de rechange dans la politique de l’ énergie et parvenir à ce que l’ OPEP s’ engage à maintenir la fourniture de pétrole au prix convenu contre le retrait des Américains.


Pour nous résumer, disons que, compte tenu du coût politique et des risques stratégiques, cela peut se faire et il faut que ce soit fait. Si nous ne le faisons pas, le projet d’ indépendance sera, en fait, un projet d’ isolement avec une Amérique entourée par un monde devenu un immense taudis.


Beaucoup disent que nous ne pouvons pas le faire parce que, derrière les Arabes, il y a les Russes qui s’ y opposeront. Nous avons démontré que c’ est faux. Et puisque personne ne nie que le monde occidental dépend du pétrole arabe, si cette analyse était juste, cela voudrait dire que nous sommes à la merci des Arabes, c’est-à-dire des Russes. Et si cela est vrai, nous n’ avons plus besoin de politique étrangère et nous pouvons renvoyer l’ armée dans ses foyers. Il est stupide de payer 85 milliards de dollars par an pour être impuissant.


JEUNE AFRIQUE - N° 739 - 7 MARS 1975

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