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    2009.















SANS DOUTER PAR LE BLAIS DE LA FISCALITÉ


Les pays producteurs de pétrole
s’orientent vers la majoration
du prix effectif du « brut »


le 13 .9.74.


De notre envoyé spécial


Les ministres de l’énergie des pays exportateurs de pétrole ont ouvert , jeudi 12 septembre dans l’après-midi à Vienne (Autriche) , leur session trimestrielle , qui devrait logiquement déboucher sur une majoration du coût effectif du « brut » pour les pays consommateurs . La réunion , qui aurait dû commencer dans la matinée , avait été différée de quelques heures en raison du retard du président de la session , le capitaine Ampudia , ministre équatorien .


Plutôt que de décider un nouveau relèvement des prix « affichès » ceux-ci pourraient au contraire être « gelés » pour trois mois — les ministres s’orienteraient vers un aménagement de la fiscalité pétrolière qui , comme après la session de l’OPEP à Quito , en juin dernier , entraînerait une hausse du prix effectivement payé par les utilisateurs de « brut » . Les ministres doivent aussi discuter de l’opportunité d’une éventuelle limitation de la production , pour mieux l’ajuster à la demande , ainsi que des modalités de fonctionnement du Fonds d’aide aux pays pauvres victimes du renchérissement du pétrole , dont la création a été décidée au printemps dernier .


Vienne. - La réforme de la fiscalité pétrolière est depuis de longs mois en discussion au sein de l’OPEP . La situation actuelle se caractérise par un double marché .


Les grandes compagnies paient ce qu’il leur reste de « brut de concession » à environ 7,5 dollars par baril (arabe léger).


Le « brut de participation » , c’est-à-dire le pétrole qui revient aux Etats du fait de leur participation au capital des compagnies exploitantes atteint , quand à lui , un prix égal à 93 % du prix affiché , soit un peu moins de 11 dollars.


A mesure que le pourcentage de participation s’accroît dans le total du pétrole commercialisé (il est maintenant de 60% dans le golfe Persique) , le coût moyen du « brut » des grandes compagnies s’élève . Il est d’environ 9 dollars actuellement . Mais la différence avec le prix fort que paient les autres compagnies , celles qui n’ont plus du tout de concessions , reste élevé . C’est cet écart que l’OPEP voudrait réduire .


Toute la question est de savoir si l’alignement doit se faire vers le haut , c’est-à dire au niveau du tarif de participation , ou vers le tarif de participation , ou vers le bas , c’est-à-dire à un niveau plus proche du tarif de concession . On retrouve ici le clivage maintenant classique entre pays « durs » et « modérés » , entre ceux qui veulent tirer tout de suite le maximum de profit de l’« or noir » et ceux qui , regorgeant déjà de dollars , ont un horizon économique plus éloigné .


Pour les pays producteurs comme pour les pays consommateurs , l’enjeu de cette réforme est très important , beaucoup plus qu’une modification des prix affichés , qui , a mesure que les concessions disparaissent , deviennent de plus fictifs . Il n’est pas impossible , au demeurant , que les prix affichés soient gelés une fois de plus le prochain trimestre , comme ils le furent en janvier , lors de la conférence de Genève , puis en mars , lors de la réunion de Vienne , et en juin , lors de la réunion de Quito.


Le fameux accord algero-saoudien , qui a déjà fait couler tant d’encre (le Monde du 3 septembre), ne serait en fait qu’un compromis entre Ryad , partisan de la baisse de ces prix , jugés trop élevés par les Saoudiens , et Alger , partisan de leur hausse .


PHILIPPE SIMONNOT .

ÉNERGIE
Vers la majoration du prix effectif du « brut »


(suite de la première page )


Les deux capitales se seraient mises ainsi d’accord avant la réunion de l’OPEP pour geler les prix affichés pendant trois mois encore .


L’Algérie y trouve son compte . Aux prix affichés actuels , auxquels s’ajoutent pour Alger des primes de qualité et de proximité géographique(un peu trop fortes sans doute). ce pays éprouve même certaines difficultés à écouler son brut sur le marché, ou l’offre tend encore a excéder légèrement la demande . Difficultés d’autant réelles que , les frets étant en ce moment au plus bas le pétrole du golfe Persique plus éloigné , est avantageux pour l’Europe .


Le même raisonnement vaut pour la Libye et une partie de l’Irak . Par contre , l’Algérie a tout intérêt a aligner le régime fiscal du Golfe sur le sien , ou tout le pétrole est pratiquement de participation ; l’Algérie renchérirait ainsi le pétrole concurrent du Golfe .


Trois possibilités de réforme


A l’heure ou nous écrivons , rien n’est encore décidé . Si l’Arabie Saoudite a accepté le compromis évoqué plus haut , elle se fait tirer l’oreille non pas tant sur le principe de la contenu , et surtout sur le niveau de prix unique auquel elle devrait aboutir (sans que , pour autant , soient supprimées , bien sûr les primes de qualité et de proximité) . Il y a , grosso modo , trois façons de faire cette réforme : instituer une nouvelle taxe sur les grandes compagnies ; accroître la proportion de la participant des Etats.


Si les pays progressistes n’obtenaient pas , a Vienne , de leurs partenaires - principalement de l’Arabie Saoudite , qui détient toujours la position -clé - la réforme fiscale de leurs souhaits , peut-être reviendraient -ils à la charge pour obtenir une hausse des prix affichées , sinon cette fois , du moins dans trois mois (depuis le quadruplement du prix du pétrole , en décembre 1973 , l’OPEP a décidé de se réunir tous les trois mois pour réviser les prix ) . A l’appui de leur thèse , les partisans de la hausse dispose nt d’un argument massue : l’inflation , qui fait rage dans les pays industrialisés , et dont le taux annuel est , selon la commission économique de l’OPEP , de 14%.


De toute façon , les pays consommateurs doivent craindre une augmentation de leurs factures pétrolières , au moins en termes nominaux , soit par la réforme fiscale , soit par le biais d’une hausse des prix affiches . Le premier procédé serait plus subtil et moins affichés , l’OPEP se donnerait le luxe d’un geste de modération à l’égard du reste du monde , tout en augmentant , en fait , les prix du pétrole . L’argument que développent les pays progressistes est d’ailleurs d’autant plus pressant qu’ils peuvent arguer que si les pays producteurs ne protègent pas le pouvoir d’achat de l’or noir tel qu’ils l’ont établi depuis un an , c’est qu’ils reconnaissent implicitement que ce pouvoir d’achat était trop élevé .


Autre point important à l’ordre du jour de la réunion : le programme de production de l’OPEP visant a ajuster au plus près l’offre à la demande et a éviter ce qui s’est passé ces derniers mois , où l’on a pu observer sur le marché un surplus de 1,5 à 2 millions de barils par jour . Il est possible que certains membres de l’Organisation , notamment les pays du Golfe , renâclent a signer un tel programme en arguant de leur souveraineté . Qui , d’ailleurs , contrôlerait l’utilisation d’une telle production ? On se souvient que l’hiver dernier l’embargo pétrolier arabe avait souffert de nombreuses fuites et que la commission de contrôle qui avait été prévue à l’époque n’avait pratiquement jamais fonctionné . Qu’en sera-t-il de l’OPEP , qui , elle , n’est pas liguée par une « guerre sainte » contre un ennemi commun ?


Sans doute , ces dernières semaines , a-t-on pu observer une baisse importante des livraisons de pétrole dans la Méditerranée orientale. Mais cette baisse peut être la conséquence d’un défaut de la demande ( conjoncture du marché , baisse des frets pétroliers avantageant les pays du Golfe) plus que d’une volonté délibérée des producteurs de la région de réduire leur offre . Et si certains pays membres peuvent prendre l’initiative , en effet , d’une réduction de leurs livraisons , on voit mal encore , pour le moment , une coordination précise e ces réductions au niveau de l’OPEP.


Enfin , les pays producteurs de pétrole doivent discuter du Fonds d’aide aux pays pauvres qu’ils comptent instituer . Encore un sujet dont on parle depuis des mois sans conséquence concrète . . .


OBSERVATEUR


Philippe Simonnot

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