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Pétrole

le 8.9.74

EN GRANDE-BRETAGNE


L’arrivée des « cheikhs du pétrole » dur le marché foncier
inquiète les milieux financiers et gouvernementaux


De notre correspondant


L’offre d’achat , que vient de lancer le Koweït sur la firme britannique Saint-Martin’s Property , marque un nouveau pas dans le « resyclage » des pétro-dollars et inquiètent les milieux financiers européens . Les investissements directs des pays producteurs de pétrole dans les sociétés privées occidentales se multiplient . Ainsi , l’Arabie Saoudite a acheté au mois d’août , aux Etats-Unis , une importante quantité d’obligations émises par une importante quantité fédérale des hypothèques . Cet organisme privé , plus connu sous le nom de Fanny May , intervient dans la construction de logements en achetant et en vendant des hypothèques . Selon des sources proches de l’association ; le montant total des achats de l’Arabie Saoudite s’élève à 200 millions de dollars. C’est la première fois aux Etats-Unis qu’un pays producteurs de pétrole se porte acquéreur de titres émis par un organisme privé (il est vrai , muni de la garantie du gouvernement ).


En juillet , la prise de participation par l’Iran de 25% dans le capital des aciéries ouest-allemandes Krupp avait été le premier pas de l’intervention des producteurs de pétrole sur le marché financier . Jusque-la , les pays producteurs de pétrole se limitaient à l’acquisition de valeurs immobilières , comme l’achat par l’émirat d’Abou-Dhabi d’importantes participations dans le patrimoine immobilier d’une compagnie d’assurances britanniques.


Londres . --- « Les Arabes arrivent  » ou encore « Les cheikhs marchent sur Londres  » , telles sont les manchettes sensationnelles qui s’étaient ce samedi 7 septembre sur la première page des journaux britanniques . L’Etat du Koweït propose en effet d’acquérir la Saint -Martin’s Property corporation , l’une des plus grandes sociétés foncières , qui possède de nombreux immeubles dans la City et en province . La société est engagée aussi dans d’importants projets de développement en Australie et , sur une moindre échelle , a Bruxelles et à Paris .


La Saint-Martin’s était déjà en train de se défendre contre une O.P.A. lancée par la société d’assurances Commercial Union . Celles-ci n’offre toutefois que 80 millions de livres 1 livre =11,20 F. sous forme de titres . La banque d’affaires Nobie Grossart , qui représente le bureau d’investissement du Koweït , propose , quant à elle , 91 millions de livres payées comptant .


Si l’opération réussit , il s’agira du plus vaste investissement des pays producteurs de pétrole dans la propriété foncière britannique . Pour l’instant . Koweït détient déjà 8% du capital de la Saint-Martin’s . En juillet dernier , l’émirat d’About-Dhabi avait dernier , l’émirat d’About-Dhabi avait acquis 44% du gratte-ciel londonien qui sert de quartier général a la Commercial Union , au prix de 400 millions de francs .


L’annonce de cette immédiat au Stock Exchange , ou tous les titres des sociétés foncières ont enregistré une hausse notable . Ceux de la Saint-Martin’s ont gagné 20 pence atteindre 135 pence , approchant ainsi la valeur de 140 pence , qui correspond à l’offre d’achat des représentants koweïtiens . Encore reste-t-il à voir si les actionnaires seront intéressés par une cession qui se produirait a un moment où les cours du Stock Exchange ne correspondent guerre à la valeur réelle des mains de la Saint-Martin’s . L’an dernier encore , les titres en question valaient 233 pence , et les dirigeants de la société estiment que ces biens devraient être cotés aux alentours de 220 millions de livres.


L’affaire n’est donc pas encore conclue . Il n’est pas impossible que la commission des monopoles intervienne pour y faire obstacle . Tout indique cependant que le gouvernement et la Banque d’Angleterre ont déjà donne leur accord de principe à l’opération déclenchée par les Koweïtiens . Celles-ci ne manquerait pas , en effet , d’être favorable au maintien des réserves britanniques , et elle contribuerait même à raffermir le cours de la livre sterling .


Certains inquiétudes ne s’en expriment pas moins dans les milieux de la finance et plus encore peut-être dans ceux de la politique . Pour l’instant , certes , les investissements des pays producteurs de pétrole paraissent viser surtout « la brique et le mortier  », mais , comme l’observent les spécialistes , les revenus pétroliers du Koweït rapportent , en deux semaines seulement , les fonds nécessaires à l’acquisition de la de la Saint-Martin’s . Le Financial Times à calculé aussi que les revenus dont dispose l’Arabie Saoudite lui permettraient d’acquérir , en six mois , les trente sociétés britanniques les plus importantes cotées en Bourse. Comme il n’est évidemment pas question pour le gouvernement de laisser une bonne part de l’industrie passer « sous le contrôle des cheikhs pétroliers  » , il reste donc a définir les règles selon lesquelles les revenus des Etats arabes pourront désormais être investis en Grande-Bretagne.


JEAN WETZ

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