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...LE MONDE - 23 juillet 1974 - Page 11

L’ÉCONOMIE
INQUIÉTUDE DES SYNDICATS AMÉRICAINS
Les investissements étrangers s’orientent vers les régions à faible protection sociale


New-York - L’investissement direct étranger dans l’industrie américaine, qui progresse actuellement au rythme de 3 à 4 milliards de dollars par an - c’est-à-dire une part intime de l’augmentation globale des investissements aux Etats-Unis, - met déjà en action le réflexe nationaliste. Trois propositions de loi ont en effet été introduites devant le Congrés, qui tendraient à restreindre l’investissement des capitaux étrangers dans l’industrie. La probabilité que ces propositions deviennent lois, dans leur forme actuelle, semble assez lointaine : mais ces gestes constituent un avertissement que l’on ne saurait ignorer.


Plusieurs facteurs - faiblesse du dollar, accroissement du coût de la main-d’oeuvre, beaucoup plus rapide en Europe et au Japon qu’aux Etats - Unis, position relativement favorable de l’économie américaine face à la crise énergétique - militent en faveur de l’investissement des capitaux industriels outre-Atlantique. Les statistiques disponibles (non officielles et très incomplètes, car les étrangers ne sont jusqu’à présent astreints à aucune formalité ou même déclaration) le démontrent de façon frappante. De mars 1973 à mars 1974, les projets connus d’investissements directs en cours dans l’industrie américaine représentaient un total de 3,5 milliards de dollars.


Au cours du seul premier trimestre de 1974, on a annoncé cinquante-neuf nouveaux projets dont la majorité doit se réaliser dans le Sud (vingt et un ) et dans le << Far-West >> (douze). Quatre seulement visent la région Industrialisée des Grands Lacs, six se réaliseraient en Nouvelle-Angleterre et dix dans les Etats dits atlantiques. Par pays d’origine, ces cinquante-neuf investissements se répartissent surtout entre le Japon (quatorze), l’Allemagne fédérale (neuf), la Grande-Bretagne et le Canada (huit chacun). Le total de l’investissement que l’on peut d’ores et déjà chiffrer (environ la moitié de ces projets) est de 340 millions de dollars.

Les Français aussi


Il est curieux d’observer que les industriels étrangers qui viennent s’installer aux Etats-Unis vont y trouver des syndicats ouvriers aussi hostiles à leurs projets qu’ils l’étalent à l’ << exportation des emplois >> que représentait le mouvement des investissements américains vers l’Europe, et bien entendu, à l’augmentation des importations. Cette attitude qui, superficiellement, semble illogique, puisque les étrangers viennent créer des emplois nouveaux aux Etats-Unis, devient compréhensible au regard du choix que font les industriels étrangers. Les syndicats sont très sensibles au fait que les sociétés allemandes et japonaises choisissent, pour s’installer, les Etats qui ont une législation - dite << droit au travail >> - déclarant illégale l’obligation d’appartenir à un syndicat. Ils y voient un désir évident de la part des étrangers d’ exploiter les travailleurs américains la ou ils sont le moins bien protégés, c’ est -à-dire dans les Etats du Sud tels que la Georgie, les Carolines, le Texas, la Virginie.


Les investissements des sociétés françaises, moins nombreux et, par la même, moins remarqués, semblent être inspirés des mêmes motifs Michelin ( 175 millions de dollars, peut-être le double avant que ses deux usines ne soient terminées ) et L’Air liquide s’installent en Caroline du Sud ; Rhône-Poulenc construit une nouvelle usine au Texas ; Pechiney-Ugine-Kuhlmann se développe au Maryland et a acquis une société existante en Virginie ; Poclain étend ses usines en Virginie...


Une autre tendance intéressante est que les investissements les plus importants sont en train de se faire dans les deux secteurs ou les charges sociales sont déjà moins élevées aux Etats-Unis qu’elles ne le sont dans certains pays étrangers, notamment en Allemagne fédérale. Il s’agit de la chimie industrielle et de la construction mécanique (non électrique). Les investissements annoncés au cours du premier trimestre comptaient en effet douze projets dans la chimie et huit dans les équipements non électriques. Venaient ensuite les équipements électriques et les textiles.

JAY McCULLEY.

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