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M 9/6/74 moi

COLLOQUES ET CONGRES

Au symposium sur l’énergie et les matières premières

Le dialogue s’avère fort difficile entre producteurs et consommateurs de pétrole


Coopération internationale, dialogue entre les nations, ... Ces mots ont été très souvent repris par les différents orateurs qui se sont exprimés pendant deux jours à Paris au premier symposium sur l’énergie et les matières premières. C’est devenu en effet un lieu commun que la crise internationale du pétrole et des autres matières premières ne pourra trouver de solution que mondiale.


Même au niveau verbal, le dialogue ne s’invente pas. On en a eu la preuve vendredi après-midi lorsque se sont exprimés successivement dans la même conférence M. Levy, expert pétrolier américain, qui passe pour un des principaux conseillers de M. Kissinger, M. Khene, secrétaire générale de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et M. Simmonet, vice-président de la Commission des Communautés européennes, chargé notamment des problèmes énergétiques. Mais se fut sans doute aussi l’un des moments les plus intéressants de ce colloque. N’était-ce pas d’ailleurs la première fois que des représentants des pays producteurs et consommateurs de pétrole s’affrontaient publiquement ?


Pour M. Levy, la cause est entendue. Sans doute les Etats producteurs ont-ils le droit d’exercer leur souveraineté sur les ressources de leur sous-sol. Mais ils ne devaient pas aller jusqu’à violer les contrats qui les liaient. Comment s’étonner dès lors que des firmes privées hésitent à investir ou à faire de la prospection dans ces pays ? L’expert américain recommande que les pays consommateurs se groupent et cessent "de courir comme des petits enfants à la traîne des pays producteurs". Il s’est montré fort pessimiste sur les conséquences financières internationales de la hausse des prix pétroliers et a suggéré que non seulement les banques centrales mais aussi les banques privées passent entre elles des accords de "swaps" pour éviter que ne se produisent des faillites en chaîne.

" le manteau de la morale"


Répondant de son côté à M. Khene, qui avait exposé les positions bien connues de l’OPEP en matière de prix pétroliers, M. Simmonet eut, lui aussi, son franc-parler. Je comprends, a-t-il dit en substance, que les pays producteurs cherchent à maximiser leurs revenus. Mais j’observe qu’ils "habillent ce comportement sous le manteau de la morale et de l’intérêt supérieur de l’Humanité". En fait, a-t-il ensuite observé, l’OPEP exerce un pouvoir de cartel puisqu’elle contrôle à la fois les quantités et les prix. Pour le vice-président de la Commission de Bruxelles, il est nécessaire de rappeler deux vérités fondamentales : d’une part, les relations entre Etats se font soit selon des rapports de force, soit selon des rapports idéologiques ; d’autre part, les pays producteurs sont en fait convaincus de la nécessité de coopérer avec les pays consommateurs. Même s’il existe des rapports de forces, a-t-il observé, "il n’a jamais été envisagé d’utiliser la canonnière". Mais une telle coopération ne pourrait se faire que si les rapports entre les deux parties étaient rééquilibrés.


M. Simmonet a présenté la position de la Communauté économique européenne qui est en quelque sorte à mi-chemin entre celle des Etats-Unis et celle des pays producteurs. Il a plaidé en faveur d’une coopération à tous les niveaux, " parce que les pays industriels ont besoin des matières premières des pays producteurs et parce que les pays sous-développés ont besoin de la technologie des pays riches".


M. Khene a alors répondu aux "accusations" portées par M. Simmonet. "L’OPEP, a-t-il dit, s’est constituée non pas comme un cartel mais en réponse au pouvoir exorbitant exercé par le cartel des compagnies pétrolières," "Ce sont les pays sous-développés qui ont prié les pays riches," a-t-il poursuivi en insistant sur le mot "prié", "pour que le dialogue s’instaure. Si aujourd’hui on accepte de discuter avec nous, c’est grâce à la situation que nous avons créée. Quant au manteau pudique dont nous recouvririons nos intérêt, je n’accepte pas cette expression. En effet j’ai proposé que les pays consommateurs de pétrole fassent en sorte de suffire à leurs propres besoins. Parlant ainsi, je n’ai pas pris en compte les intérêts des pays producteurs, mais la rareté croissante des ressources pétrolière de la planète."


"Je vous propose, a continué M. Khene, d’élever le débat. En pourcentage du produit national brut, l’aide publique des pays riches aux pays pauvres n’atteint même pas 0,7%." "Les pays producteurs de pétrole,a-t-il affirmé, ont déjà mis 1% de leur produit national brut à la disposition des pays pauvres dépourvus de ressources pétrolières. Nous sommes prêts à collaborer encore davantage avec les pays riches afin d’aider le tiers-monde à régler ses dettes antérieures.


Au cours de la conférence de presse qu’il avait donnée quelques minutes auparavant, M. Khene avait tenu des propos analogues. Mais il n’a pu donner aucune précision sur le montant exact des aides aux pays pauvres. Interrogé sur la démarche qu’auraient entreprise auprès de l’OPEP les experts pétroliers de la Commission de Bruxelles, le secrétaire général de l’OPEP a répondu : "Je ne suis pas au courant, je n’ai rien entendu de tel".

Ph. S.

BANQUES

DES ETABLISSEMENTS DANS LES GARES BRITANNIQUES


La banque britannique First National Finance Corporation vient d’ouvrir, à la gare de Liverpoool Street de Londres, la première des quarante "railbanks" qu’elle projette de créer.


- Le Japon veut réviser sa politique pétrolière. - Le comité du pétrole du ministère japonais du commerce et de l’industrie a adopté le 6 juin un projet de réorganisation fondamentale de la politique pétrolière du Japon, puisqu’il vise à
conclure des accords directs avec les pays producteurs pour éviter une trop grande dépendance à l’égard des grandes compagnies internationales.

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