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U-004-031

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.
















Page 14 - LE MONDE - 4 juin 1974

EQUIPEMENT ET REGIONS moi


LA POLLUTION DE L’AIR PAR LES INDUSTRIES


2 milliards et demi contre la fumée



2 milliards et demi de francs : c’est ce qu’auront vraisemblablement dépensé les industriels français pour modérer les émissions polluantes dans l’atmosphère. Cette évaluation, la première de ce genre, a été faite par le Centre interprofessionnel technique de la pollution atmosphérique (CITEPA) et vient d’être publiée par la documentation française

"Evaluation du coût de la prévention de la pollution atmosphérique dans l’industrie en France", 29, quai Voltaire, 75340 - PARIS, 278 pages, 40 F.


Quand on sait dans quel brouillard d’incertitude avancent les responsables en matière d’environnement on peut saluer cette étude comme un événement. Elle doit être cependant accueillie avec circonspection. D’abord elle résulte des déclarations des industriels eux-mêmes. Elle ne touche ni les moyennes ni les petites entreprises. Même pour les grosses elle est fragmentaire.



Mais, même si l’évaluation faite par le Centre interprofessionnel n’est qu’un brouillon, elle a le mérite d’exister. Elle établit d’abord la liste des pollueurs : raffineries, centrales électriques, chaufferie, usines d’incinération, aciéries, cokeries, fonderies, usines d’aluminium, métallurgie, cimenteries, stations d’enrobage, papeteries et usines chimiques.
Un oubli de taille : les centrales nucléaires.



Pour chaque secteur le document étudie les émissions polluantes, leur volume et le coût des installations prévues pour les limiter. Première constatation : si on connait bien la nature des gaz rejetés dans l’atmosphère on est encore incapable d’en évaluer la masse totale. Les industriels savent exactement ce qu’ils produisent d’utile : ils devraient apprendre à mesurer leurs déchets.

Deux hypothèses



Quant aux dépenses, deux hypothèses ont été retenues. L’hypothèse "faible" voudrait que l’on équipe seulement les nouvelles usines de se qui se fait de mieux en matière de filtrage. L’hypothèse "forte" imagine qu’une partie des vieilles usines seront également équipées. Les industriels se tiendront probablement entre les deux. Pour nombre d’entre eux la défense de l’air pur ne consiste pas à corriger les erreurs passées. Ils souhaitent simplement continuer à développer la production en essayant de ne pas polluer davantage.



D’après les tableaux publiés, les industriels interrogés déclarent vouloir augmenter leur production entre 1970 et 1975 au minimum de 15% au maximum de 80%. Aussi malgré les dépenses qu’ils prévoient pour

l’antipollution dans l’hypothèse faible, les 1 200 000 tonnes de poussières répandues en 1970 continueraient à nous retomber sur la tête en 1975. Cependant si on n’avait rien fait, elles atteindraient alors 3 millions de tonnes




Pour les gaz c’est plus inquiétant. Emission de fluor des usines d’aluminium (Pechiney) : 3 500 tonnes en 1971, rejets de dioxyde de soufre (SO2) des raffineries et des centrales E.D.F. : 580 000 tonnes en 1970 ; 1 120 000 tonnes en 1975. Cinq ans d’efforts et malgré cela la pollution doublerait.



On voit donc que les 2 milliards et demi de francs prévus ne suffiront pas à stopper la dégradation de l’environnement. Dans la masse des investissements ils ne représentent souvent que peu de chose : 2% pour E.D.F. En revanche, ils s’élèvent jusqu’à 25% pour les stations d’enrobage. En général ils n’entraînent qu’une hausse très faible des coûts de production : de 0,1% dans une pâte à papier à 3,6% pour le minerai de fer (le maximum). Tout cela est "supportable", conclut le document.



Pour obtenir une amélioration réelle de la qualité de l’air il faudrait aller plus loin, imposer "l’hypothèse forte", c’est à dire l’équipement antipollution de 10 à 50% des entreprises existantes. Il en coûterait quelques centaines de millions de plus. Le pourra-t-on dans une conjoncture économique "difficile" ? Surtout le voudra-t-on ? La parole est au gouvernement.

MARC AMBROISE-RENDU

District parisien

LE CENTRE DE COMMERCE INTERNATIONAL CONTESTE EN JUSTICE


Le tribunal administratif de Paris a examiné le 30 mai le recours déposé par l’Union des Champeaux (association de défense des Halles) visant à annuler le permis de construire délivré pour le Centre français de commerce international dont le chantier est ouvert, face à l’église Saint-Eustache, dans le quartier des halles.


Le commissaire du gouvernement a demandé au tribunal d’annuler ce permis et a invoqué notamment des irrégularités de forme. La décision des juges devrait être prise dans le courant du mois de juin.


GAZ DE FRANCE


1 400 m2 de bureaux neufs à louer

LA VIE ECONOMIQUE
LES PROBLEMES ENERGETIQUES


LES EXPERTS DE L’OPEP PROPOSENT D’AUGMENTER LES IMPOTS SUR LES COMPAGNIES PETROLIERES


Vienne (A.F.P. , A.P.) - Réunie pendant le week-end au siège de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), la commission économique de l’organisation à proposé de faire passer de 55 à 87% le taux de l’impôt que paient les compagnies pétrolières. (Cette proposition était attendue depuis plusieurs mois : la plupart des pays producteurs sont en effet désireux de réduire l’avantage dont disposent encore les grandes compagnies pétrolières dans la mesure où elles ont encore un accès direct à ce qui reste de leurs concessions, alors que les autres sont obligées de subir le prix du marché : d’où une différence dans le prix payé de 1 à 3 voire 4 dollars par baril.)



La proposition sera discutée lors de la prochaine réunion ministérielle de l’OPEP qui se tiendra le 15 juin à Quito (Equateur). M. Yamani, le ministre saoudien du pétrole a déjà déclaré qu’il s’y opposerait (le Monde du 2-3 juin), prétextant que le moment n’était pas venu de modifier le régime fiscal des compagnies alors que l’Arabie Saoudite est en train de négocier un nouvel accord de participation avec le consortium opérant sur son territoire (l’ARAMCO).


Quant au niveau même des prix affichés du "brut" qui servent de base au calcul des impôts, M. A. khene, secrétaire général de l’OPEP, a laissé entendre qu’ils seraient maintenus à leur niveau au troisième trimestre.
Ce serait la troisième fois que les pays pétroliers renonceraient à protéger leurs revenus contre l’érosion de l’inflation mondiale.
Mais si les pays industrialisés ne parvenaient pas à juguler leurs hausses de prix, "l’OPEP n’aurait d’autre choix que de réajuster ceux du pétrole", a ajouté M. Khene.


A noter cependant que selon Reuter, information reprise lundi par le "Financial Times", la commission de l’OPEP proposerait de relever le prix affiché à 12,57 dollars par baril (contre
Mohamad Abdel
11,051 dollars depuis le 23 décembre 1973). Sur ce point aussi l’Arabie Saoudite est en conflit avec ses partenaires, puisque M. Yamani a proposé de ramener le prix à 9 dollars.


- Le méthanier Hassi-R’Mel, chargé de 40 000 tonnes de gaz naturel liquéfié provenant de l’usine de Skikda (Algérie), est arrivé le 1er juin à Fos-sur-Mer. C’est le premier arrivage de gaz algérien en France depuis la série de pannes qui avaient immobilisé l’usine algérienne pendant plusieurs mois.


Une brève reprise du fonctionnement de l’usine avait toutefois permis, au début du mois de mars, la livraison de 100 000 mètre cube de gaz - (A.F.P.)

ROMPANT LA SOLIDARITE DES PRODUCTEURS ARABES


L’Algérie lève unilatéralement toutes les restrictions pétrolières à l’égard de la Hollande et du Danemark

De notre correspondant


Le Caire - M. Belaïd Abdesselam faisait grise mine. Le ministre algérien de l’industrie et de l’énergie n’aime pas que les obstacles lui résistent. Or ce fut le cas lors de la réunion tenue à l’Hôtel Nile Hilton au Caire, les 1er et 2 juin, par les ministres du pétrole de neuf pays arabes (Algérie, Abou-Dhabi, Arabie Saoudite, Bahrein, Egypte, Koweit, Libye, Qatar ; la Syrie, absente le 1er juin, a participé aux travaux le lendemain) qui, lors de la guerre d’octobre 1973, avaient pris des mesures de rétorsion pétrolières contre les puissances industrielles du monde non communiste.


Après les débats sans conclusion du Caire et de tripoli, en mars dernier, les ministres avaient décidé le même mois à Vienne, de lever l’embargo pétrolier contre les Etats-Unis. En revanche et apparemment contre toute logique, ils avaient laissé subsister cette disposition à l’encontre des Pays-Bas ainsi que la diminution de 15% des livraisons pétrolières imposée au Danemark, seules nations encore qualifiées d’ "ennemies des Arabes", alors que toutes celles qui avaient figuré sur cette liste en avaient été précédemment rayées.


On attendait généralement de la réunion qui vient de se dérouler au Caire qu’elle supprimât, sur proposition algérienne, les pénalités frappant ces deux petits pays européens dont le soutien à Israël n’a certainement jamais rien eu de comparable, toutes proportions gardées, avec celui accordé par Washington à l’Etat Hébreu. Mais cette décision n’est pas venue. Le Cheikh Zaki Yamani, ministre saoudien du pétrole et des ressources minérales, a prononcé une violente diatribe contre La haye, et accessoirement contre Copenhague, dont il semble vouloir obtenir qu’ils prennent position d’une manière ou d’une autre en faveur des Arabes. L’Algérie n’ayant pas réussi à entraîner derrière elle les sept autres participants - encore que Bahrein et la Libye, voire même l’Egypte, aient quelques velléités de la suivre - M. Abdesselam a annoncé que son pays levait toutes les restrictions à l’égard de la hollande et du Danemark.


Quant aux Etats-Unis, on n’a même pas évoqué leur cas, croit-on savoir, la levée "provisoire" de l’embargo décidée à Vienne en mars dernier en leur faveur ayant, en réalité, été considérée comme définitive dès ce moment. Il est vrai qu’entre-temps, le dégagement sur le Golan est intervenu à point nommé. Même l’irréductible Libye n’a pas manifesté de nouveau, du moins au Caire, son intention de maintenir seule l’embargo contre l’Amérique.


SONELGAZ - AVIS D’APPEL D’OFFRE



L’attitude inflexible de l’Arabie Saoudite est expliquée ici par plusieurs personnalités arabes par la volonté américaine de contrarier, voire d’empêcher le dialogue euro-arabe né d’une initiative de l’ancien chef de la diplomatie française, M. Jobert, et de compliquer la tâche de certains pays, comme la France, qui veulent assurer la pérennité de leur indépendance énergétique hors de l’hégémonie américaine.

Ryad a accepté de se faire l’auxiliaire de Washington dans cette manoeuvre anti-européenne. Le premier résultat en est l’éclatement de la solidarité arabe sur le plan des hydrocarbures,
"cette solidarité de façade qui, en fin de compte, ne sert que les intérêts nord-américains", a lancé M. Abdesselam. Les neufs ministres sont tout de même convenus de se retrouver le 10 juillet prochain au Caire pour réexaminer le cas des Pays-Bas et du Danemark.


La rencontre des "ministres de l’embargo" a été suivie le 2 juin d’un conseil extraordinaire de l’organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP), qui comprend les mêmes neuf états plus l’Iraq, qui n’était pas partie à la résolution sur l’embargo.


Sous la présidence du cheikh Yamani, le conseil a notamment décidé d’admettre en son sein la Fédération des émirats arabes, qui remplacera Abou-Dhabie (cette principauté est l’un des états composant la Fédération), et de créer un fond de 80 millions de dollars destinés aux pays arabes importateurs de pétrole (Maroc, Soudan, Mauritanie, les deux Yémens, etc.).

J. - P. PERONCHEL-HUGOZ.

Soviétiques et Néerlandais feraient pression sur les Italiens pour obtenir une révision du prix du gaz qu’ils leur vendent


De notre envoyé spécial


Milan. - Du gaz en provenance d’Union Soviétique et des Pays-Bas commence à arriver en Italie. Les deux gigantesques gazoducs qui permettent cette alimentation sont achevés. Le premier traverse l’Autriche, le second passe par l’Allemagne fédérale et la Suisse. Leur construction a demandé la réalisation de quelques prouesses techniques et notamment le passage du massif des Gries, sur la frontière Italo-suisse, à 2 400 mètres d’altitude.
A plein régime, chacun des gazoducs débitera 6 milliards de mètres cubes par an qui viendront s’ajouter aux 3 milliards de mètres cubes en provenance de Libye et aux 11 milliards de mètres cubes de gaz algérien.


A quel prix est payé ce gaz ? Les responsable de l’ENI (Entreprise nationale italienne des hydrocarbures) qui présentaient les deux projets à la presse à la fin de la semaine dernière n’ont pas répondu à cette question. Non pas, semble-t-il, parce que ce prix ne serait pas assez avantageux mais bien parce qu’il le serait trop. Les deux contrats ont, en effet, été conclus quelque quatre ans avant le déclenchement de la crise du pétrole et pour une durée de vingt ans. Avec les Soviétiques l’accord prévoit une révision du prix huit ans après le début des livraisons, soit en 1982 ; avec les Néerlandais, aucune révision n’est envisagée si nos informations sont exactes.


Certes, pour avoir une vision exacte de l’économie de ces deux projets, il faudrait connaître à quelles conditions les Italiens ont dû fournir les équipements nécessaires à la construction de ces deux gazoducs. Mais il n’en reste pas moins que les Soviétiques et les Néerlandais font pression aujourd’hui pour obtenir une révision des prix.
"Un contrat est un contrat", répond l’ENI, qui entend bien profiter jusqu’au bout de cette aubaine. Devra-t-on aller devant les tribunaux internationaux dont l’arbitrage est prévu dans les deux contrats ?


Avec les Algériens, le contrat a été conclu juste au lendemain du déclenchement des hostilités sur le canal de Suez. Une clause de révision y est incluse et, si elle parait un peu moins désavantageuse pour les algériens que celle du contrat avec la firme américaine El Paso, elle ne semble pas fournir une couverture complète des risques monétaires. Là aussi révision ?


Avec les Libyens, c’est la compagnie Esso qui sert d’intermédiaire. C’est donc à Esso que Tripoli devrait s’adresser pour obtenir une modification du prix. A l’ENI, on laisse entendre que si les prix deviennent trop élevés, eh bien ! on se passerait tout simplement du gaz libyen.


Quant aux négociations en cours avec l’Iran, conjointement avec l’Allemagne et la France, elles sont, dit-on, fort difficiles, précisément parce que Téhéran veut tirer les leçons des expériences malheureuses des autres producteurs de gaz. Notons enfin que des gisements assez importants viennent d’être découverts à Malossa, près de Milan. A la suite de ces découvertes, "toute la carte géologique de l’Italie est à revoir" indique-t-on à l’ENI. Ceci n’est pas étonnant après la hausse considérable des prix de l’énergie qui s’est produite ces derniers mois.

PHILIPPE SIMONNOT.

ELECTIONS PROFESSIONNELLES


RECUL DE LA C.F.T. AU COMMISSARIAT A L’ENERGIE ATOMIQUE


Aux élections des délégués du personnel, qui viennent d’avoir lieu au Commissariat à l’énergie atomique (C.E.A.), la Confédération française du travail (C.F.T.) et le C.G.F.I. (indépendant) perdent respectivement 5 et 1 sièges, par rapport à l’an dernier. Le S.P.A.E.N. (Syndicat professionnel de l’énergie nucléaire) perd également un siège.


Toutes les autres organisations syndicales représentées obtiennent un nombre de sièges supérieur à celui de 1973 : C.G.T., + 4 ; C.F.D.T., + 3 ; F.O., + 2 ; C.G.C., + 1.

Voici les résultats (entre parenthèses, ceux de 1973) :
Inscrits : 25 535 ; Taux de participation : 77,3 %.


Ont obtenus, en pourcentage des suffrages exprimés : C.F.D.T. : 27,4% (26,3%), 51 sièges ; C.G.T. : 17% (15%), 23 sièges ; F.O. : 16,2% (15,5%), 29 sièges ; C.G.C. : 16% (16,1%), 34 sièges ; S.P.A.E.N. : 13,2% (14,1%), 25 sièges ; C.F.T. : 7,3% (8,6%), 13 sièges ; C.F.T.C. : 1,9% (1,8%), 2 sièges ; C.G.F.I. : 1% (1,2%), aucun siège.

info portfolio

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