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membre du secrétariat du PCF du 17/6/77


Page 40 - LE MONDE - 17 juin 1977...

RAPATRIES


M. Dominati : pas de vaines
promesses.


(De notre correspondants régional.)


Aix-en-Provence. - M. Dominati a effectué les mardi 14 et mercredi 15 juin un séjour dans le Gard et les Bouches-du-Rhône, où il a rencontré les dirigeants d’ associations de rapatriés et visité plusieurs hameux de forestage des anciens harkis. A la Roque d’ Anthéron, près d’ Aix-en-Provence, il a confirmé que tous les hameaux de forestage des anciens harkis - actuellement au nombre de vingt-trois et représentant trois cent soixante-trois ouvriers forestiers - seraient supprimés d’ ici à la fin de 1978.


M. Dominati a aussi indiqué qu’ il avait transmis "plusieurs notes" au premier ministre à propos de la nouvelle loi d’ indemnisation et, que, "le jour venu, le premier ministre et le président de la République prendront la décision qui convient". Il a, en tout état de cause, exclu la possibilité d’ une discussion devant le Parlement avant l’ été : "Le gouvernement n’ a pas l’ intention de faire de vaines promesses et j’ entends que l’ opinion publique n’ ait connaissance de propositions que lorsqu’elles auront force de décision. Ni l’ agitation des associations à l’ approche d’ une échéance électorale ne changeront notre manière de procéder."


A propos des prêts de réinstallation, M. Dominati a ajouté : "Nous pensons dépasser le moratoire. Dès le mois de juillet paraîtront les décrets d’ application qui ont été préparés avec les associations."


G. P.


La question de l’ indemnisation
oppose le R.P.R. au gouvernement


Présentant à la presse, le jeudi 12 mai, la proposition de loi déposée par le R.P.R., M. Mario Bénard, député du Var, délégué national du parti gaulliste pour les problèmes des rapatriés, déclarait que la question de l’ indemnisation des rapatriés d’ Afrique du Nord était considérée par son mouvement comme une "priorité" aussi importante que la discussion sur l’ élection du Parlement européen ( le Monde du 14 mai).


Ce n’ est donc pas une simple coïncidence si M. Bénard a choisi le jour où l’ Assemblée débattait du projet de loi relatif à cette élection pour souligner publiquement, mercredi après-midi 15 juin, au cours de la séance réservée aux questions au gouvernement, les divergences existant entre le R.P.R, et le secrétaire d’ Etat chargé du dossier des rapatriés, M. Dominati, sur les mesures à prendre pour répondre aux revendications des intéressés. Se faisant l’ écho de celles-ci le délégué du R.P.R. a notamment demandé au gouvernement quand il envisageait de saisir le Parlement, lui reprochant d’ ailleurs de vouloir "esquiver le débat" en procédant par la voie réglementaire plutôt que par le dépôt d’ un projet de loi.


En l’ absence de M. Jacques Dominati, qui visitait un village de harkis près d’ Aix-en-Provence, le secrétaire d’ Etat à la fonction publique. M. Maurice Ligot a rappelé "l’ effort important" déjà accompli par les pouvoirs publics en faveur des rapatriés et simplement répondu, à propos de l’ opportunité d’ une nouvelle loi sur l’ indemnisation, que le gouvernement "réfléchit" à la question. Les déclarations faites, mercredi soir, à La Roque-d’ Anthéron (Bouches-du-Rhône), par M. Jacques Dominati ne feront dans doute qu’ accentuer l’ irritation des associations de rapatriés devant ce qu’ elles appellent "des tergiversations inacceptables". Dès mercredi soir, les dirigeants du mouvement du RECOURS (Rassemblement et coordination unitaire des rapatriés et spoliés), l’ une des associations les moins conciliantes, stigmatisaient en termes très vifs les orientations gouvernementales. - A. R.

LA VIE ECONOMIQUE ET SOCIALE
OPINION


Changer l’ orientation économique du pays
n’ est pas faire le socialisme"

déclare M. Fiterman à propos du programme commun


"Le choix semble être pour la France entre la poursuite plus ou moins tranquille de la politique actuelle et l’ engagement du pays dans un processus conduisant à des bouleversements extraordinaires avec des risques effroyables. C’ est mal poser le problème que le poser ainsi", a déclaré, mercredi 15 juin, M. Charles Fiterman, membre du secrétariat du parti communiste français, qui était, avec MM. Anicet Le Bors et Claude Quin, rédacteur en chef de la revue marxiste Economie et Politique, l’ hôte de l’ Association des journalistes économiques et financiers. "Avec la politique actuelle, la crise va s’ aggraver, a poursuivi M. Fiterman. Le vrai choix est entre cette perspective dangereuse et une politique nouvelle qui peut, en s’ attaquant aux causes profondes des difficultés, sortir progressivement le pays de la crise.


"L’ actualisation du programme commun est une importante question politique. Différents domaines de ce programme ont besoin d’ être précisés, puisqu’ils étaient insuffisants ou trop vagues. On a fait autour de nos chiffres, a encore déclaré M. Fiterman, un vacarme infernal. Nous ne nous en plaignons pas. Mais quand on a dit que nos propositions politiques aboutiraient à instaurer le communisme tout de suite, à transformer complètement la nationalisation de toutes les entreprises, la fermeture des frontières, la distribution administrative du crédit, cela n’ est pas sérieux.


"Il est vrai que ce que nous proposons représente un changement fondamental dans l’ orientation de la politique du pays : il n’ y a aucun doute là-dessus. Si on ne le faisait pas d’ ailleurs, il y aurait une immense déception. Il faut donc réorienter la consommation et la relancer ; réorienter un certain nombre de branches industrielles ; réorienter les échanges extérieurs pour atteindre un nouvel équilibre ; donner l’ élan à un nouveau type de croissance. Mais cela ne signifie pas que nous proposions d’ instaurer le socialisme tout de suite. Distribuer un peu plus, ralentir le rythme de progression des importations, nationaliser un certain nombre d’ entreprises, ce n’ est pas faire le socialisme. Il s’ agit d’ engager un effort qui peut conduire à un changement de société et au socialisme à un moment donné et quand les Français le décideront. Mais il ne s’ agit pas, dans l’ immédiat, et comme première étape, d’ un changement fondamental de société."


Réduire la part des échanges extérieurs


En réponse aux questions, M. Fiterman a fourni un certain nombre de précisions.


NI PAUSE NI SURENCHERE. - Le P.C.F. ne croit pas "à un risque de débordement" des partis signataires du programme commun par les revendications des salariés après une victoire électorale. "Les Français sont conscients des réalités et ne demanderont pas à la gauche de réaliser l’ impossible." Le parti communiste n’ aura donc pas à préconiser de pause au cas où les revendications risqueraient de menacer les équilibres financiers ; il s’ en "tiendra strictement aux engagements du programme actualisé", sans accepter de surenchère.


REORIENTATION VERS LES BESOINS NATIONAUX. - M. Fiterman est convaincu que la part croissante du commerce extérieur dans la production du pays correspond à la volonté des grands groupes industriels et financiers de développer leurs profits. L’ intérêt du pays est, selon lui, de penser en priorité à couvrir les besoins nationaux par les ressources nationales. Des possibilités accrues de rentabilité existent pour le charbon (utilise dans les centrales thermiques) si l’ on tient compte de son importance sociale ou régionale et des économies de devise qu’ il permettrait. Une campagne "acheter français" sera lancée par la gauche ; pour être efficace elle ne doit pas concerner que les consommateurs, mais aussi les achats d’ équipements, en particulier les commandes de l’ Etat. L’ objectif du P.C. est de limiter le importations à 505 milliards de francs en 1980 (au lieu des 555 prévus par le Plan), ce qui représenterait un simple maintien de leur proportion actuelle dans le produit national : 21%.


CONTROLE TEMPORAIRE DES CHANGES. - Dans la première année de sa gestion, la gauche "pourra être amenée à prendre des mesures de sauvegarde pour préserver les intérêts nationaux brutalement mis en cause actuellement" par les échanges internationaux, mais " il n’ est pas envisageable que la France se coupe du commerce international" . La nation étant trop tributaire de certains pays (Allemagne fédérale, Arabie Saoudite), il faudra "renégocier avec eux pour aboutir à des échanges plus stables". Un "contrôle provisoire des changes" pourra également être mis en place "pour assurer une meilleure maîtrise des mouvements de capitaux et éviter la dépendance actuelle" de l’ économie française.


DEFENSE DU FRANC. - "La gauche ne se place pas dans la perspective d’ une dévaluation du franc", qui ne pourrait qu’ être défavorable au pays.


ACTUALISATION DE LA LISTE DES NATIONALISATIONS. - "Si les partis de gauche ne parvenaient pas à un bon accord à ce sujet, ils seraient dans des conditions plus difficiles pour vaincre. Nous ne voulons pas que se reproduisent les désillusions qui ont succédé naguère aux espoirs qu’ avait fait naître la gauche". S’ agissant de l’ industrie pharmaceutique, la gauche n’ a jamais pensé à nationaliser autre chose que les trois groupes Pechiney, Rhône-Poulene et Roussel-Uclaf.


INDEMNISATION DES ACTIONNAIRES DES ENTREPRISES NATIONALISEES. - La distinction qui est faite dans le programme commun entre petits et moyens porteurs d’ une part, gros porteurs d’ autre part, n’ a pas été chiffrée, a déclaré M. Fiterman. Mais, a ajouté l’ orateur, dans l’ esprit du parti communiste, il n’ y a qu’ un nombre restreint de gros porteurs (quelques centaines) dont la situation pourrait être examinée cas par cas et dont les portefeuilles se chiffrent en centaines de millions d’ anciens francs par personne. L’ immense majorité des actionnaires a, en tous les cas, la garantie qu’ elle recevra une indemnisation complète et équitable des titres qu’ elle détient. Il n’ y aura pas de spoliation.


RELANCE INDUSTRIELLE. - "Les bases de la stratégie du parti communiste sont la satisfaction de besoins sociaux et nationaux ainsi que la consolidations de l’ indépendance française." M. Fiterman a précisé qu’ il faudrait d’ abord relancer certaines industries actuellement bradées. L’ orateur a cité la sidérurgie, le secteur de la machine-outil et des équipements lourds, l’ électronique, l’ informatique, les industries agro-alimentaires, l’ industrie du papier.


Recours indispensable à l’ énergie nucléaire


ENERGIE NUCLEAIRE. - A la question qui lui était posée de savoir comment le P.C. conciliait son souci d’ un nouveau type de croissance économique et son adhésion à l’ énergie nucléaire qui lui vaudra de perdre de nombreux suffrages écologistes, M. Fiterman a répondu très fermement que quand des problème d’ importance nationale étaient en jeu, les considérations électorales n’ étaient pas retenues. "Toutes les études montrent que, même en utilisant toutes les sources d’ énergie possible ; il est impossible de satisfaire les besoins du pays sans recourir au nucléaire. En 1983-85, la France serait dans une situation catastrophique, livrée pieds et poings liés à ses fournisseurs étrangers". Cela dit, a ajouté M. Fiterman, il faut être prudent dans le développement de l’ énergie nucléaire, consulter les populations et les informer.


INFLATION, COMMERCE EXTERIEUR, BUDGET DE L’ ETAT. - Non seulement l’ inflation ne devra pas s’ accélérer si la gauche arrivait au pouvoir, mais celle-ci devra "maîtriser la hausse des prix", Le déficit budgétaire sera maintenu "dans des limites raisonnables", c’est-à-dire, a précisé M. Fiterman, inférieur à plusieurs dizaines de milliards de francs (allusion faite au déficit du budget de 1975 et 1976). Quant au déficit commercial, M. Fiterman a déclaré que le chiffre retenu était actuellement en discussion avec les socialistes et les radicaux de gauche. Mais dès la première année, l’ objectif sera de ne pas aggraver le déficit actuel (il s’ est élevé à 20 milliards de francs en 1976 et devrait être d’ environ 10 milliards de francs en 1977).


AUTOGESTION. - "Nous en sommes partisans s’ il s’ agit d’ une perspective lointaine. Mais dans l’ immédiat, pour actualiser le programme commun, le parti communiste a fait des propositions pour améliorer la démocratie dans l’ entreprise. Le parti socialiste, lui, n’ a rien proposé." M. Fiterman a ajouté que le parti communiste proposerait prochainement aux syndicats des rencontres pour éclairer les vues réciproques. Il ne s’ agit pas pour nous, a précisé l’ orateur, d’ associer les syndicats au programme commun, M. Maire n’ a pas de souci à se faire à ce sujet. Un syndicat n’ a pas à être partie prenante dans un programme de gouvernement.

LE TAUX D’ INTERET DES EURODEVISES





Dollars


Deutschemarks


Fr. suisses


Fr. français



48 heures


4 7/8 5 7/8


3 3/8 4 3/8


2 3


9 1/8 9 3/8



1 mois


5 1/4 5 3/4


3 5/8 4 1/8


3 3/4 4 1/4


9 1/2 9 3/4



3 mois


5 3/8 5 7/8


3 3/4 4 1/4


3 3/4 4 1/4


9 3/4 10



6 mois


5 3/4 6 1/4


3 3/4 4 1/4


3 3/4 4 1/4


10 1/8 10 3/8

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