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30/6/77

Antifer : les pétroliers se font tirer l’ oreille


Le Havre. - A une vingtaine de kilomètres du Havre, le terminal pétrolier du cap d’ Antifer va célébrer son premier anniversaire. Des derniers jours d’ avril 1976 à aujourd’hui, des milliers de visiteurs se sont rendus sur le promontoire, procurant des recettes touristiques non négligeables aux communes avoisinantes. Mais le gigantisme du chantier fut sans doute plus spectaculaire que le trafic maritime actuel puisqu’on note un rythme moyen de un pétrolier géant tous les deux jours.


Du 1er mai 1976 au 30 avril 1977, cent quarante-sept tankers ont fait escale à Antifer et 30 millions de tonnes de pétrole ont été déchargées. La taille moyenne de navires aux alentours de 300 000 tonnes est légèrement supérieure à ce que le port traditionnel du Havre serait en mesure d’ accueillir et supérieure aussi, selon la direction du port, aux premières estimations des constructeurs d’ Antifer, avant qu’ éclate la crise du pétrole. Crise qui se traduit par une réduction de 30% environ du trafic par rapport aux prévisions.


A ce lourd handicap que nul n’ avait réellement prédit ont fait partiellement contrepoids divers éléments favorables. Les économies sur le coût de la tonne transportée ont été notables (8,55F par tonne pour un navire de 500 000 tonnes par rapport à un tanker de 200 000 tonnes). Autre source de recettes pour le Port autonome du Havre, les opérations d’ allégement". Car les bateaux qui font escale à Antifer y sont soit complètement déchargés, soit partiellement " allégés " d’ une partie de leur cargaison. Ils peuvent alors poursuivre leur route à travers les chenaux moins profonds vers des ports comme Rotterdam.


En définitive, après un peu plus d’ un an de fonctionnement, le bilan d’ Antifer est jugé "tout à fait acceptable" par la direction du Port, ce annonce un taux de rentabilité de 11% par an au lieu des 15 à 19% prévus initialement. Les réévaluations de rentabilité (intégrant les effets de la crise) pétrolière viennent d’ être faites. Ce n’ est plus en 1980, mais en 1991 que les "avantages actualisées "compenseront les coûts.


Quant aux investissements nouveaux, on n’ en parle plus guère. A l’ origine, on avait vu grand : quatre appontements, un projet d’ oléoduc reliant Antifer à l’ Allemagne, un projet de terminal méthanier. Il a fallu réajuster tous ces projets. Il n’ y aura pas de terminal méthanier à Antifer : le gouvernement français a décidé de le construire à Montoire, près de Saint-Nazaire. Décision "politique et regrettable", murmure-t-on au Havre. Les Allemands n’ ont pas retenu pour l’ instant le projet d’ l’ oléoduc. Et sur les quatre appontements prévus, deux sont aujourd’hui en fonction et suffiront sans doute pour les prochaines années à assurer le trafic.


Antifer restera évidement moins rentable que prévu, mais rentable tout de même initialement conçu pour alimenter les raffineries de la région parisienne, accueillir les navires de toute taille, par tous les temps, Antifer voit, par le biais des opérations d’ allégement, se développer un trafic européen nouveau et spécifique. Sans Antifer, Le Havre serait embouteillé et n’ aurait pu adapter ses installations au "boom" que l’ on constate sur le trafic de marchandises diverses en conteneurs. Un trafic qui progresse à un rythme allègre.


DANIELLE ROUARD.

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