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Page 22 - LE MONDE - 5-6 juin 1977

LA VIE ECONOMIQUE ET SOCIALE
APRES LA CONFERENCE NORD-SUD


Les pays en voie de développement
se divisent sur la tactique à adopter


De notre correspondant


New-York (Nations unies). - L’ écrasante majorité des délégués du tiers-monde aux Nations unies n’ hésitent pas à qualifier d’ "échec pur et simple" le dialogue Nord-Sud qui vient de s’ achever à Paris. Un diplomate africain, qui a suivi de près les péripéties de cette longue négociation, estime que " la tentative de division des pays du tiers-monde perpétrée par les pays riches a échoué ". Le délégué d’ un pays militant nous a dit : "Non seulement il n’ a pas été question de refondre le système économique, de modifier les termes des échanges commerciaux, de répartir plus équitablement les richesse du monde, mais les pays industriels ont le dernier jour dévoilé leur jeu : au fond. La seule chose qui les intéressait depuis le début c’ était d’ institutionnaliser la négociation sur les prix de l’ énergie. De sorte que la conférence est revenue à son point de départ." Cet avis désabusé est repris par la plupart des diplomates africains, asiatiques et latino-américains.


Mais si le désenchantement est universel au Palais de verre parmi les pays en développement, leurs représentants diffèrent sur la tactique à adopter après que M. Perez-Guerrerio, co-président vénézuélien du dialogue Nord-Sud, aura rendu compte mardi prochain devant leur groupe, dit des "77", des travaux récemment achevés à Paris. certaines délégations plus, politisées estiment qu’ il faut battre le fer pendant qu’ il est chaud, profiter de l’ humeur contestataire des "77" et convoquer dès le mois de juillet une reprise de la XXXIe, qui contrairement à l’ usage, n’ a pas été close en décembre dernier, mais simplement suspendue, pour qu’ elle puisse examiner à tout moment les résultats de la conférence Nord-Sud. D’ autres - pour l’ instant plus nombreux - pensent qu’ il faut permettre aux gouvernements d’ analyser calmement la situation et que la session de l’ Assemblée ne doit être convoquée que le 12 septembre, une semaine avant l’ ouverture de la XXXIIe Assemblée générale.


Entre-temps, selon eux, les débats sur les principaux problèmes (stabilisation des prix des matières premières, moratoire bancaire, etc.) pourront être poursuivis à la réunion annuelle de la conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), en juillet à Genève.


Le secrétaire général de l’ ONU, M. Kurt Waldheim, a déclaré, dans un communiqué publié le 3 juin, que "les résultats de la conférence Nord-Sud n’ ont pas été conformes aux espoirs des gouvernements qui y participèrent", mais il estime "qu’ elle a permis d’ améliorer la compréhension des problèmes complexes qui y furent posés". Il s’ attend que "le processus de négociation en vue d’ un nouvel ordre économique international se poursuivra avec une vigueur accrue dans le cadre du système des Nations unies".


LOUIS WIZNITZER.


L’ IRAK
et le prix du pétrole


(suite de la première page.)


L’ Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis avaient choisi de faire cavalier seul s’ en tenant à une hausse unique de 5 % en janvier. Cette faille importante dans l’ organisation des producteurs avait laissé quelque amertume parmi ceux-ci.


L’ activité intense, avenue Kléber, des pays de l’ OPEP - qui co-président, tous les groupes de travail - n’ a pas empêché les ministres du pétrole présents - notamment les plus importants d’ entre eux : le cheikh Yamani d’ Arabie Saoudite et le docteur Amouzegar pour l’ Iran - de se concerter. Le résultat de ces négociations sera rendu public prochainement, du pétrole a précisé : "Nous sommes près d’ établir un accord pour parvenir à un seul prix intermédiaire entre les deux positions qui existent actuellement ; cela refléterait l’ unité et la solidarité de l’ OPEP." Le représentant de Bagdad, que l’ on entend souvent réclamer des hausses de 20 ou 25%, admettait donc de renoncer à la hausse prévue de 5% en juillet prochain, si un accord était réalisé. Pour ce faire, il convient sans doue de convaincre l’ Arabie Saoudite de relever elle-même, en juillet, ses prix e 5%, alors que le royaume wahabite désirait plutôt effectuer cette augmentation en deux temps "Si nous n’ arrivons pas à une entente, a ajouté cependant M. Abdel Karim, nous appliquerons la décision de Doha."


L’ Arabie Saoudite
et la thèse
de la modération


L’ Arabie Saoudite, qui faisait des concessions des Occidentaux dans le "dialogue Nord-Sud" une des causes de sa modération, aura plus de mal, désormais, à soutenir cette thèse. Encore qu’ il soit surprenant d’ entendre le ministre irakien affirmer qu’ il n’ y aura pas de "relations directes entre le bilan de ce dialogue et la conférence de l’ OPEP à Stockholm, le 12 juillet", au cours de laquelle doivent être examinés les problèmes de l’ industrialisation et du développement des pays pétroliers, ainsi que ceux de la production et des prix du pétrole. Le ministre a ajouté, il est vrai ; "Les résultats de ce dialogue auront des conséquences négatives indirectes lorsque nous reverrons nos taux en fonction notamment de l’ inflation importée dans nos pays."


Il y a quelques jours, à Washington, le prince Fahd d’ Arabie Saoudite affirmait que son pays ne se srvirait pas du pétrole comme d’ une arme. Or, la conférence de Paris a prouvé que le brut était encore le plus important moyen de pression des pays du tiers-monde. Tel est d’ ailleurs le credo - partagé par de nombreux délégués de pays producteurs - de M. Abdel Karim : "Nous considérons le pétrole comme une denrée stratégique fondamentale ne pouvant être remplacée, comme une force de négociation puissante, comme une matière première pour des millions de produits. Nous devons utiliser cette denrée stratégique pour obtenir la satisfaction de nos besoins."


Façon très claire de rappeler aux pays industrialisés qu’ ils devront dans les années à venir payer le prix fort du pétrole, d’ une manière ou d’ une autre.


BRUNO DETHOMAS.

Le R.P.R. veut fixer des "objectifs ambitieux"
à un "dialogue indispensable"


M. Jérôme Monod, secrétaire général du R.P.R, déclare, dans un communiqué, que son parti "estime dangereux de s’ en tenir à la situation actuelle". Il poursuit : "Pour que reprenne le dialogue indispensable, il faut lui fixer des objectifs ambitieux. Le R.P.R en retient quatre qui lui paraissent essentiels : 1) un transfert substantiel de ressources au profit des pays en voie de développement (...) pour atteindre dans un premier temps l’ objectif de 0,70% du P.N.B. consacré à l’ aide ; 2) la mise sur pied rapide de mécanismes efficaces de régularisation des marchés et de stabilisation des recettes d’ exportation des matières premières et des produits de base ; 3) l’ établissement d’ un système monétaire stable et équitable qui permette de combattre l’ inflation mondiale et d’ éviter l’ érosion du pouvoir d’ achat ; 4) la définition d’ un programme complet d’ approvisionnement énergétique mondial de nature à stimuler les investissements dans ce domaine et à donner au plus grand nombre l’ accès aux nouvelles sources d’ énergie."


A BELGARDE, M. Minic ministre des affaires étrangères a exprimé sa déception devant "les résultats bien modestes" de la conférence. "Ils sont, a-t-il dit, bien en deçà de nos espérances et très certainement en deçà de celles de tous les pays en développement." La Yougoslavie, a-t-il ajouté en substance, s’ attendait que le dialogue Nord-Sud règle un certain nombre de problèmes vitaux pour tous et amène une "percée considérable" sur la voie d’ un nouvel ordre économique : la conférence n’ a réglé aucun créé les conditions d’ un développement plus stable de l’ économie mondiale.


A BRUXELLES, le président de la Commission européenne, M. Jenkins, a estimé que la conférence de Paris avait permis de "réaliser quelques pas importants dans les relations entre pays industrialisés et pays en voie de développement".


A BONN, le gouvernement "salue le fait qu’ une confrontation ait pu être évitée lors de la réunion à Paris de la conférence Nord-Sud et que les interlocuteurs aient poursuivi leur dialogue dans un esprit de coopération", a dit M. Gruenewald, porte-parole de la chancellerie.


A MOSCOU : "Il est impossible de créer un ordre économique international qui soit vraiment juste tant que les puissances capitalistes de l’ Occident continueront leur politique néocolonialiste", écrit la Pavda du samedi 4 juin. Le journal accuse les Occidentaux de poursuivre une "politique colonialiste" qui vise à "conserver pour les grands monopoles internationaux le droit au pillage des ressources appartenant aux pays en développement (...)". "La principale difficulté à laquelle s’ est heurté le dialogue Nord-Sud est le refus obstiné de l’ Occident d’ accepter les revendications des pays du tiers-monde pour obtenir la garantie de prix juste pour leurs matières premières et la limitation du rôle tout puissant des monopoles internationaux", ajoute la Pravda.- (A.F.P.)

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