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    2009.

















18/6/77

L’ existence
d’ un cartel mondial
de l’ uranium
est reconnue
par la Gulf Oil


Les dirigeants de la Gulf Oil ont reconnu le 16 juin devant la sous-commission du Congrès américain pour le commerce d’ Etat à Etat avoir participé en 1972 à un cartel de l’ uranium qui eut pour effet de provoquer une hausse artificielle du prix du minéral , tant aux Etats-Unis que sur le marché mondial.


C’ est la première fois qu’ un des membres du cartel, qui groupait des sociétés françaises, sud-africaines, canadiennes, britanniques, australiennes et américaines , admet en avoir fait partie. Mais le ministre canadien des finances a rappelé que cette entente était destinée à faire contre-poids à la politique "prédatrice" des Etats-Unis à cette époque.


Plusieurs documents de la Gulf, à usage interne mais rendus publics par la sous-commission du Congrès, décrivent les rencontres secrètes entre membres du cartel, à Paris comme à Johannesburg. Celles-ci permettaient de fixer les prix et de répartir les marchés entre les pays producteurs. Selon un de ces documents, le cartel disposait même d’ un petit secrétariat permanent. De grands efforts ont été aussi déployés pour éviter que l’ existence de ce cartel ne s’ ébruite.


Entente contre Westinghouse


Il a fallu que la sous-commission du Congrès américain s’ étonne de contradictions apparues dans les documents confidentiels pour que les dirigeants de la Gulf passent aux aveux. Selon certains de ces textes, la Gulf avait volontairement collaboré avec le gouvernement canadien pour la mise en place du cartel : selon d’ autres, la société aurait été contrainte de participer au cartel par le gouvernement canadien. Après quatre heures d’ interrogatoire, M. Mac Afee, président du conseil d’ administration de la Gulf, a finalement reconnu que l’ "accord entre le Canada, la France, l’ Australie, l’ Afrique du Sud et la firme britannique Rio Tinto Zinc avait réussi à provoquer une hausses modeste des prix mondiaux de l’ uranium". Mais la finale canadienne de Gulf Oil, Gulf Minerals Canada, en cause dans cette affaire, affirme qu’ elle a été obligée de participer au cartel par le gouvernement canadien.


A Ottawa, le ministre canadien des finances, M. Mardonald, qui était à l’ époque ministre de l’ énergie, s’ est livré à une sévère critique de l’ attitude des Etats-Unis.


J.-L. L.


(Lire la suite page 33.)

Le cartel de l’ uranium


(Suite de la première page.)


Il a affirmé que la création du cartel avait été une réplique aux tactiques "prédatrices" de ml’ industrie et du gouvernement américains, et il a demandé au président Carter de faire arrêter l’ enquête de la sous-commission.


L’ existence de cartel n’ est pas une nouveauté. Mais c’ est la première fois, semble-t-il, qu’ un de ses membres reconnaît en avoir fait partie. L’ entente aurait eu lieu en février 1972 entre la France (société Uranex), le Canada (Eldorado Nuclear), l’ Afrique du Sud (Nuclear Fuel Corp), la Grande-Bretagne (Rio Tinto Zinc), les Etats-Unis (société Gulf Oil) et l’ Australie. Plusieurs de ces pays auraient été représentés par des responsables officiels (le Monde du 1er septembre 1976).


Les participants se seraient entendus pour se partager le marché et éviter que le prix (déjà très bas) de l’ uranium naturel ne baisse encore. Ce faisant, ils auraient voulu réagir contre la politique menée par Westinghouse. Le constructeur américain de centrales nucléaires prenait commande de charges de combustibles pour des livraisons ultérieures, mais n’ achetait pas l’ uranium correspondant. faute d’ acheteur, le prix de l’ uranium ne cessait de baisser.


Westinghousse paie maintenant très cher cette politique. Le prix de l’ uranium est passé depuis 1972 de 6 dollars la livre à une quarantaine de dollars. Westinghouse estime qu’ il y a cas de force majeure et qu’ elle ne peut livrer les éléments combustibles au prix fixé. Les compagnies d’ électricité, qui avaient passé commande, font des procès à Westinghouse (quatorze sont en cours). Dernièrement, Westinghouse a accepté un arrangement avec une de ces sociétés. Les experts estiment que si des accords semblables intervenaient avec les autres producteurs d’ électricité, il en coûterait quelque 700 millions de dollars à Westinghouse.


Westinghouse est directement intéressée par la mise en évidence d’ un cartel de l’ uranium dirigé contre elle. C’ est, à ses yeux, une justification pour ne pas livrer des éléments combustibles au prix fixé et ne pas avoir trop à payer aux sociétés d’ électricité ses clients. - J.-L. L.

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