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21/7/77

L’idéologie antinucléaire met en avant
certaines idées rétrogrades
estime la C.G.T.


Une semaine après la C.F.D.T., la C.G.T. a présenté le 19 juillet ses vues sur ce que devrait être la politique énergétique de la France, dans un document intitulé Une politique énergétique nationale pour le développement économique et le progrès social.


Si la C.F.D.T. dénonçait "la justification de l’accroissement d’énergie en liaison avec la croissance économique" comme relevant de "l’idéologie de la croissance capitaliste et productiviste", la C.G.T. affirme qu’ "on ne saurait relever le niveau de vie et améliorer qualitativement les conditions d’existence du million de personnes qui vivent actuellement en France dans un état de pauvreté sans développer leur consommation d’énergie".
La qualité de la vie passe par le développement de la production d’énergie Conséquence. "le but [des pseudo-économies d’énergie] est de rationner consommation de la population". La C.G.T. n’en veut donc pas.


Cette prémisse influence toute la politique énergétique de la centrale syndicale, qui repose sur la sécurité de l’approvisionnement et l’économie de ressources, sur l’accroissement de la production et de la distribution d’électricité ainsi que la relance de la production charbonnière dans les années à venir, enfin sur le développement du programme nucléaire.


La sécurité des approvisionnements ne sera possible, selon la C.G.T., qu’en accroissant la part de toutes les ressources nationales (production charbonnière, production d’électricité par énergie hydraulique, extraction d’uranium en France) et en réduisant la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis pour le combustible nucléaire, vis-à-vis de l’Arabie Saoudite pour le pétrole et vis-à-vis des pays ouest-européens pour la fourniture et le transport de gaz naturel. Cela suppose, bien sûr, pour la centrale syndicale, la nationalisation du secteur pétrolier et la création d’une société nationale du combustible nucléaire.


Choix démocratique
des sites


La possibilité de pénurie de courant électrique les hivers prochains - ce qui n’est pas nié par la direction d’Electricité de France - rend indispensables la commande d’urgence de groupes turbines à gaz alternateurs pour une puissance de 2 000 MW, le suréquipement des sites hydrauliques et la mise en chantier immédiate de nouvelles tranches de production d’électricité thermique au charbon (ce qui va de pair avec le développement de la production charbonnière).


"Il faut enfin, écrit la C.G.T., poursuivre la réalisation de l’équipement électronucléaire à un rythme et dans des conditions qui assurent la sûreté des installations, la protection du personnel des centrales, de la population et de l’environnement (...)."


Le choix nucléaire amène la C.G.T. à prendre position plus nettement contre les écologistes ("l’idéologie antinucléaire met en avant certaines idées rétrogrades, sans fondement, néfastes pour le progrès économique et social et la qualité de la vie") accusés, en outre, d’être parfois l’objet de "manipulations politiques et de se livrer à des "provocations".


Si la recherche en matière de sécurité doit être accrue, si le choix des sites doit se faire démocratiquement, le programme nucléaire doit se poursuivre. Et comme "au stade actuel les problèmes à résoudre relèvent de la réalisation industrielle, un moratoire [réclamé par la C.F.D.T.] ne résoudrait rien".


La C.G.T. se prononce aussi pour le développement des surrégénérateurs et pour le retraitement du combustible par la méthode actuelle, à condition que la France donne des garanties de l’utilisation pacifique des stocks de plutonium.


[Sans doute les "grands monopoles" devront-ils être nationalisés lorsque la gauche sera au pouvoir, mais sera-ce pour faire une politique bien différente ? La C.G.T. a beau affirmer que ses orientations "s’opposent à l’ensemble de la politique actuelle", le nucléaire, le suréquipement des sites hydrauliques, la diversification des approvisionnements, figurent au programme du gouvernement.


L’abandon des mesures d’économie d’énergie - auxquelles on devrait plutôt faire reproche de n’être pas assez efficaces - et la relance de la production charbonnière - sur
les coûts de laquelle la C.G.T. reste bien discrète - suffisent-ils à définir une autre politique ? H.D.]




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