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Dans une interview à l’agence Associted Press


M. Cater "espère que Paris et Bonn
ne vendront pas d’usines de retraitement
au Pakistan et au Brésil


28.7.77


Le président carter a accordé au journaliste américain Arthur Gavshon, de l’agence Associated Press, un entretien sur les problèmes nucléaires. Parlant de vente, par la France et l’ Allemagne fédérale, au Pakistan et au Brésil, d’usines de retraitement d’uranium irradié (génératrices de compbustible nucléaire), M. Carter a déclaré : " Nous n’avons aucune autorité sur les Français, les Allemends, les Brésiliens ou les Pakistanais, et nous ne voulons pas en avoir. Mais je continue d’espérer qu’on pourra trouver un moyen d’empêcher ces ventes d’usines de retraitement."


Pour le président, les perspectives d’une limitation de la dissémination nucléaire s’améliorent. "Il y a six ou huit mois, le sentiment général dans le monde était qu’on ne pouvait rien faire, qu’il était trop tard. (...) Mais je pense qu’on voit les choses différemment aujourd’hui et qu’il existe un espoir plus net de limiter le nombre des pays disposant d’un engin explosif atomique, au lieu d’avoir des dizaines de pays nucléaires. Je crois qu’il est probable que leur nombre n’augmentera guère."


Un programme "très fort" et deux principes simples


Les États-Unis, ndique M. Carter, "ont un programme très fort fondé sur deux principes simples : la fourniture adéquate de combustible nucléaire destiné à la production d’énéergie (...) et un contrôle strict des déchets nucléaires et de l’inventaire d’uranium enrichi pour empêcher un transfert sur les explosifs ".


Selon M. Carter, l’ Union soviétisue a été " très réceptive jusqu’à présent " aux propositions sur le contrôle de l’utilisation et de la production de combustibles, d’équipements et de technologies nucléaires.


Quant aux Chinois, dit-il, ils ont le même objectif que les États-Unis. Les Chinois, déclare M. Carter, ont un plan en trois phases : d’abord un "sommet" mondial pour discuter du problème, puis l’engagement des puissances nucléaires de ne pas utiliser les premiers les armes, enfin l’élimination totale des engins nucléaires. " Je pense que c’est une bonne idée, une bonne approche ", a dit M. Carter.


Le président s’est montré également optimiste à propos de l’interdiction totale des essais nucléaires pour une période limitée renouvelable entre le États-Unis et l’ U.R.S.S.


Il est, d’autre part favorable à un renforcement considérable de l’ Agence internationale de l’énergie atomique de Vienne en tant qu’organisme permanent de contrôle. Il souscrirait à des arrangements concernant des échanges de renseignements avec d’autres pays sur l’inventaire américain en uranium et sur le rythme d’extraction. Mais il écarte l’idée d’une propriété internationale des ressources en uranium, ou même d’un contrôle international sur les mines d’uranium américaines.


M. Carter pense que, outre les cinq puissances nucléaires connues (États-Unis, Grande Bretagne, France, Union soviétique et Chine), " il en est quelques autres qui ne sont pas connues "


Il conteste les prévisions des experts et économistes, selon lesquels il pourrait y avoir pénurie d’uranium d’ici dix à quinze ans : " Personne n’a des chiffres sûrs, mais je pense que nous surestimons la demande de combustible nucléaire. Je pense (...) que nous n’aurons pas de pénurie d’ici dix à quinze ans. A ce moment-là, bien sûr, une technologie de ponte des réacteurs sera necessaire. (...) Je pense que nous pouvons nous préparer d’ici là à l’utiliser sans danger. "


La France et l’ Allemagne fédérale ont renoncé à vendre dans l’avenir des usines de retraitement, mais elles n’ont pas renoncé à exécuter les contrats de vente déjà conclus avec le Pakistan et le Brésil. En fait, le gouvernement français n’a pas caché qu’il n’insisterait pas pour exécuter le contrat pakistanais si le gouvernement d’ Islamabad voulait l’abandonner.


Les observateurs estimaient que le nouveau régime pakistanais issu du coup d’ État du 5 juillet s’orienterait dans ce sens. Jusqu’à présent, il n’en a rien été. Les nouveaux dirigeants ont même indiqué à Paris, selon des renseignements de bonne source, qu’ils étaient toujours désireux d’acquérir l’usine de retraitement. Les livraisons continuent donc en principe, mais il semble qu’elles aient été ralenties en attendant l’affermissement du nouveau régime.


Allemands et Brésiliens s’en tiennent, pour leur part, à leur contrat (beaucoup plus important que le contrat franco-pakistanais), mais son exécution s’étendra sur une longue période.

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