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    2009.















ECONOMIQUE
ENERGIE
LA FIN DE LA CONFERENCE DE L’ OPEP


Les deux "stars"


De notre envoyé spécial


Stockholm. - C’ est l’ entracte dans la lutte des clans à l’ OPEP, et cette 49e conférence ministérielle de l’ organisation aura essentiellement été marquée par le rapprochement entre l’ Iran et l’ Arabie Saoudite. Il n’ était que d’ entendre les conférences de presse successives de MM. Yamani et Amouzegar, mercredi 13 juillet, dans le grand hôtel u peu désuet de Saltsjoebaden, pour s’ en rendre compte. Avec leurs "jets privés", leurs gardes du corps, leurs costumes anthracite et leur cour, les ministres iranien et saoudien sont bien les stars d l’ OPEP. L’ un et l’ autre connaissent parfaitement le pétrole et jouent d’ une manière subtile du marché ou de la politique, selon les nécessités du moment. Avec une économie mondiale qui n’ en finit pas de se remettre de la crise, ce qui entraîne une stagnation de la demande de pétrole, l’ heure n’ st plus à la politique. " Le marché décidera" affirme donc le premier, tandis que le second estime qu’ "il faut laisser jouer le marché".


Seul sujet retenu par les ministres de l’ OPEP en Suède, les valeurs relatives des différents pétroles (les différentiels), n’ ont pas trouvé de solution en raison de l’ hostilité du Koweït. Mais MM. Yamani et Amouzegar envisagent ce problème de la même manière. Les réserves en pétroles légers, disent-ils, sont infiniment plus faibles que celles en bruts moyens et lourds. Or les prix actuels entraînent une forte demande des premiers et une désaffection vis-à-vis des autres. Il faut donc donner une prime supplémentaire aux acheteurs de bruts lourds pour leur permettre d’ adapter leur outil de raffinage. "Les prix du pétrole lourd doivent encore être baissés", affirme M. Yamani (les prix saoudiens de bruts lourds sont déjà inférieurs de 2% à ceux du Koweït), sans être démenti par M. Amouzegar.


Favorables à un gel des prix


L’ indexation du prix du pétrole, qui fut longtemps le cheval de bataille de l’ Iran et la pomme de discorde entre Téhéran et Ryad, ne fait plus, non plus, problème. "Nous pensions, explique le ministre iranien, que c’ était le moyen le plus sûr de maintenir notre pouvoir d’ achat et d’ éviter la confrontation avec les pays industrialisés, lors de chaque augmentation de prix, mais, comme nous n’ avons pas réussi à convaincre nos partenaires, nous n’ insistons pas..."


L’ un et l’ autre ont conscience de leurs responsabilités dans la bonne marche de l’ économie mondiale. Et s’ ils affirment qu’ il est trop tôt pour parler des prix de 1978 - "car trop d’ éléments, explique M. Amouzagar, entrent en compte, comme le chômage, l’ inflation, le taux de croissance des pays industrialisés, l’ offre et la demande de pétrole", - ils ne cachent pas que leurs faveurs vont vers un gel des prix. Cela devra cependant être discuté avec les autres membres de l’ O.P.E.P. "L’ expérience de Doha a été utile, admet M. Yamani, nous ne recommencerons pas", et son homologue iranien renchérit : "La probabilité d’ avoir à nouveau un système de double prix est extrêmement faible, car ce sont finalement les consommateurs qui en ont pâti."


Le semi-échec du dialogue Nord-Sud leur arrache des réactions similaires de déception. Surtout à M. Yamani, qui rappelle la nécessité pour les pays industrialisés d’ appuyer sa politique de modération. Développant des considérations spécifiques, il avoue cependant être rassuré, car "M. Carter désire réellement la paix aux Proche-Orient".


L’ avenir énergétique du monde semble la préoccupation majeure des deux ministres. Tant M. Yamani que M. Amouzegar se plaignent de l’ insuffisance des mesures des mesures d’ économie d’ énergie dans les pays industralisés ("L’ attitude du Congrès américain vis-à-vis du plan Carter n’ est pas encourageante", dit le premier) ; ils croient en l’ inévitable hausse des prix du pétrole dans les années 80 "avec ou sans l’ OPEP", car il y aura alors un problème de disponibilité du pétrole. Et ils sont favorable au développement des ressources alternatives d’ énergie. Toutefois, alors que M. Yamani juge le nucléaire "peu sûr et dangereux à manier", le ministre iranien y voit la seule source alternative sérieuse (avec le charbon) d’ ici la fin du siècle et exprime sa satisfaction de voir les pays européens aller de l’ avant en matière de surrégénérateurs. Si tel doit être désormais le seul point de désaccord entre les deux grands pays du golfe. Persique, qui produisent autant de pétrole que tous les autres membres de l’ OPEP réunis, l’ esprit de l’ Organisation pourrait bien en être changé...


BRUNO DETHOMAS

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