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    2009.

















5/7/77

ENERGIE


L’ Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis
augmentent de 5% le prix de leur pétrole


L’ Arabie Saoudite et la Fédération des émirats arabes unis ont annoncé officiellement, le 3 juillet à Ryad, une hausse de 5% du prix de leur pétrole. Le baril d’ "arabian light" "brut" léger saoudien qui sert de référence aux prix des diverses qualités de pétrole, coûtera désormais 12,68 dollars. Cette décision devrait amener l’ Irak et Libye a rejoindre la majorité de l’ OPEP et a renoncer à augmenter de nouveau leur pétrole de 5% (ce qui porterait la hausse de 1977 de 10 à 15%). Le secrétaire général de l’ Organisation des pays exportateurs de pétrole, M. Ali Mohammed Jaidah, a d’ ailleurs précisé à Vienne que l’ OPEP était "de nouveau unie sur les prix". C’ est définitif", a-t-il ajouté. Les treize pays membres devront cependant, lors de leur prochaine réunion à Stockholm le 12 juillet, s’ accorder sur la durée d’ application de cette hausse.


Pour la France, la décision saoudienne se traduira par une dépense supplémentaire de l’ ordre de 650 millions de francs et par un léger effet sur les prix et sur la croissance. Les produits pétroliers pourraient être augmentés en France dans le courant du mois d’ août.


Le cheikh Yamani, ministre saoudien du pétrole, et son homologue des Emirats, M. AL Otelba, après s’ être réunis le 3 juillet à Ryad, n’ ont pas caché leur sentiment profond "Si l’ Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, précise le communiqué officiel, avaient "gelé" leurs prix et que les autres membres de l’ Organisation avaient majoré les leurs, la hausse aurait été pour les consommateurs de plus de 10% en comparaison des prix de décembre dernier." Les Saoudiens n’ abandonnent donc nullement la politique de modération qui les avait amenés à se séparer, le 17 décembre 1976 à Doha, de la majorité de l’ OPEP et à n’ augmenter que de 5% leurs prix au 1er janvier, alors que onze autres pays décidaient une hausse de 10% à laquelle devait s’ en ajouter une autre de 5% le 1er juillet.


Le calcul de Ryad est simple ; si ces décisions avaient été appliquées intégralement, l’ augmentation moyenne des prix du pétrole aurait été de près de 11% cette année. En acceptant le compromis qui vient d’ être réalisé, elle sera globalement inférieure à 9%. Les Emirats arabes unis et l’ Arabe Saoudite - qui assurent environ 30% de la production de l’ OPEP, - tout en se déclarant "fermement persuadés que l’ Organisation devrait présenter un front uni", espèrent qu’ à l’ avenir tous les membres feront preuve d’ une attitude modérée lors des discussions sur le prix du pétrole".


Deux autres considérations ont dû jouer : la volonté de ne pas se séparer trop d’ un monde arabe qui avait jugé sévèrement la division de décembre ; la certitude qu’ en dépit des dispositions prises, ce sont les compagnies américaines membres de l’ Aramco qui ont principalement bénéficié de la modération du premier semestre.


Le renoncement de la majorité de l’ OPEP à la hausse du 1er juillet ne pouvait être - en raison du calcul saoudien - qu’ un préalable à la décision de Ryad. C’ est cela qui a irrité profondément les pays progressistes de l’ Organisation - l’ Irak et la Libye - peu désireux de sembler céder aux pressions des modérés. Mais ces deux pays n’ accepteront pas non plus d’ apparaître comme des diviseurs de l’ Organisation et rejoindront donc prochainement la majorité.


Tous les problèmes ne seront pas résolus pour autant. La durée d’ application de la hausse actuelle fera vraisemblablement l’ objet d’ un débat lors de la réunion de Stockholm le 12 juillet. La récente déclaration de M. Perez, président du Venezuela, affirmant que les prix devraient être "gelés" jusqu’à la fin de 1978 ne fera certainement pas l’ unanimité.


Les pays qui ont besoin d’ importants besoins financiers, comme l’ Iran, Irak, l’ Algérie, s’ inquiètent de la baisse du prix du pétrole en dollars constants de puis 1974. D’ autre part, se posera à nouveau le calcul des différentiels de qualité et de fret. C’ est ainsi que pour le troisième trimestre les principaux exportateurs de "brut" léger à faible teneur de soufre (le Nigeria, l’ Algérie et la Libye) sont en train de se consulter pour des nouveaux ajustements de 15 à 20 cents le baril de leurs différentiels. Le pétrole nigérian dépasse déjà 14,50 dollars le baril.


La décision de l’ Arabie Saoudite et des Emirats, pour modérée qu’ elle veuille être, va cependant avoir des répercussions dans les pays consommateurs, et notamment en France qui reçoit 43% de deux pays. Si les importations de 1977 ne dépassent pas - ce qui est vraisemblable celles de 1976, 113 millions de tonnes de "brut", cette hausse devrait coûter à la France 650 millions de francs. Cela ne devrait donc pas trop altérer la politique gouvernementale, qui avait fixé à 55 milliards de francs l’ enveloppe pétrolière pour cette année. Cet objectif serait plus facilement atteint si la bonne tenue du franc par rapport au dollar se confirmait, puisque 1 dollar à 4,80F au lieu de 5F, permettrait pratiquement de compenser la hausse de l’ OPEP du second semestre.


L’ effet dépressif sur la croissance ne devrait donc pas dépasser 0,1% et la répercussion sur l’ indice des prix 0,08%. Le gouvernement devra choisir la date à laquelle les consommateurs verront les prix des produits pétroliers augmenter et la modulation de ces hausses en fonction des différents produits.


Le pétrole au nouveau tarif n’ arrivera pas en France avant la mi-août. C’ est donc probablement vers cette période que seront augmentés les produits pétroliers (la hausse du pétrole du 1er janvier avait été répercutée le 11 février). Il est vraisemblable qu’ une fois encore les carburants seront les plus touchés par une augmentation qui devrait être située entre 3 et 6 centimes par litre.


BRUNO DETHOMAS.

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