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    2009.


















APRÈS L’ACCIDENT A L’USINE DE LA COMURHEX
L’émotion et l’inquiétude persistent à Pierrelatte


De notre envoyé spécial


7/7/77


Pierrelatte. - Six jours après l’ "accident" ("le Monde" daté 3-4 juillet), ni l’émotion ni l’inquiétude ne sont encore retombées à Pierrelatte (Drôme). Les habitants de cette ville et les ouvriers de l’immense zone industrielle qui l’entoure parlent toujours du "gros nuage blanc" d’hexafluorure d’uranium qui, le 1er juillet à 14h.20, s’est élevé au-dessus de l’usine de la Comurhex. Dans une conférence de presse donnée par plusieurs sections locales C.F.D.T. chimie, mardi 5 juillet, ce syndicat a critiqué l’ "attitude patronale", qui correspond, selon lui, à une politique d’économie destinée à réaliser de plus gros profits.


De son côté, le préfet de la Drôme, M.Alexandre Roche, a déclaré, mardi, que les premières constatations avaient démontré que la quasi-totalité de l’uranium libéré dans l’accident de Pierrelatte s’était déposée à proximité immédiate du lieu de la fuite. Le nuage aperçu par les riverains, essentiellement composé d’acide fluorhydrique, n’a causé que quelques dégâts à la végétation, à l’intérieur même de l’usine. Les premiers contrôles faits à l’extérieur du site n’ont montré aucune contamination de l’environnement.


On a eu chaud du côté de Pierrelatte, mais aucune des trois cent quatre-vingts personnes examinées n’a été contaminée par de l’uranium au-delà de la dose maximale admissible.


Cette réalité ne laisse cependant pas d’inquiéter les habitants de la région, ceux des villes de Bollène et de Saint-Paul-Trois-Châteaux, par exemple.
Dans cette dernière, un résident de foyer de la Sonacotra vient d’obtenir un arrêt de travail : il souffre de difficultés respiratoires ("A Eurodif, les hommes du chantier ne se voyaient pas à 2 mètres. Des grutiers sont restés au travail comme si de rien n’était").


A 6 kilomètres de l’usine de la Comurhex, des fermiers ont vu passer le nuage. Le maire communiste de Bollène a demandé à un spécialiste d’opérer des prélèvements sur "des salades et des betteraves comestibles". Un responsable technique ne déclare-t-il pas : "Balancer 7 tonnes d’uranium dans l’air ce n’est pas rien ! Si ça recommence, nos voisins de Bollène n’ont plus de souci à se faire : leurs salades ne pousseront plus !"



Telles sont les réactions. Pour le nuage, les avis sont partagés.
Un délégué C.F.D.T. déclare ainsi, prudent :" Savoir où les dernières retombées se sont faites, personnellement, je l’ignore."
Mais un autre proclame :"Ils disent que le nuage s’est arrêté à Pierrelatte ! Mais alors là, ils en auront un peu à Marseille, ah ! ça oui, c’est sûr."


Sans trancher, les sections C.F.D.T. de la Comurhex, du C.E.A. d’Eurodif et M.Jean-Pierre Aubert, secrétaire général de la fédération unie C.F.D.T.-chimie, ont mis l’accent sur le manque de formation du personnel employé dans les usines chimiques et tournées vers l’industrie du nucléaire (cent soixante-sept intérimaires sur cinq cent quarante-huit employés à l’usine de la Comurhex, selon les chiffres de la CFDT). Les délégués syndicaux insistent aussi sur l’insuffisance des dispositifs de sécurité (aucune alerte n’a été donnée après l’accident) et soulignent que leur quatre interventions auprès de la préfecture depuis le mois d’avril 1974 sont restées vaines.


LAURENT GREILSAMER.


Chavanay (Loire) : non à la centrale nucléaire - Appelée à se prononcer par référendum sur l’opportunité de construire une centrale nucléaire dans la commune voisine de Saint-Maurice-l’Evil (Isère), la population de Chanavay (Loire) vient de se prononcer contre ce projet.
Sur 1 250 électeurs inscrits, 725 ont dit "non", 111 ont émis des réserves et 18 se sont déclarés favorables.


L’académicien soviétique Guersch Boudker, directeur de l’Institut de physique nucléaire de Novosibirsk, est décédé dans cette ville. Il était âgé de cinquante-neuf ans.


Lauréat du prix Lénine, Guersh Boudker était l’auteur de travaux théoriques sur les réacteurs nucléaires, les accélérateurs de particules et la physique des plaamas.
Il avait contribué à la construction du phasotron de , à l’époque le plus puissant accélérateur d’Union soviétique. Il dirige ensuite la construction de l’anneau de collisions de Novosibirsk, actuellement l’une des principales machines de ce type dans le monde !












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