Avertissement: Ce site n'est plus maintenu à jour. Vous pouvez continuer à le consulter en archive.

U-003-259

  • Recherche textuelle
  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















AMÉRIQUES


Colombie


Vu 2.8.77


LA GRÈVE DE BARRANCABERMEJA A PRIS FIN


Les syndicats accusent le gouvernement
de vouloir dénationaliser
l’industrie p"trolière


De notre envoyé spécial


Barrancabermeja. _ Une grève de deux mois a pris fin, le lundi 31 octobre, dans le principal complexe pétrolier de Colombie, à Barrancabermeja, à 500 kilomètres au nord de Bogota, dans la vallée du rio magdalena. Quatre mille ouvriers, emplyés à la raffinerie et sur les champs de pétrole de la zone, avaient cessé le travail le 25 août.


Le movement a été suivi avec attention en Colombie d’une part parce que le ravitaillement du pays en essence dépend quasi exclusivement de Barrancabermeja, d’autre part, parce que le mouvement des travailleurs d’Écopétrole (l’entreprise nationale des pétroles propriétaire des installations) était un test, alors qu’une épreuve de force se développe entre le gouvernement et le monde syndical.


La grève, marquée dès le départ par de actes de violence, a donné lieu à une sévère répression. Sur le voies d’accés à la ville, il faut se soumettre à des fouilles et des contrôles d’identité. Autour de l’énorme raffinerie, où l’on refusa obstinément de nous recevoir, un véritable cordon militaire a été dressé. Le couvre-feu aété imposé, et le perquisitions sont constantes. Depuis le début du mouvement quelque deux cents travailleurs ont déjà été licenciés : parmi eux, tous les dirigeants de l’ USO (Union syndicale ouvrière), qui sont, depuis lors entrés dans la clandestinité. la personnalité juridique de l’USO a été suspendu. Plusieurs dizaines de personnes on été détenues. Certaines ont été condamnées à des peines allant jusqu’à six mois de prison.


De multiples attentats ont eu lieu contre les installations d’ Ecopetrol : une trentaine, selon des dirgeants de l’entreprise. Notamment contre le réseau d’oléoducs qui relie la zone aux principales villes du pays. Ils ont été revendiqués par des mouvements de guérilla. Le conflit a incité à l’union les trois mouvements de lutte armée qui opèrent dans le pays. Le 19 octobre, un commando de l’ E.L.N. (Armée de libération nationale castriste) avait occupé une station émettrice de Bucaramanga et diffusé sur les ondes un communiqué d’appui aux travailleurs d’ Ecpetrole.


En lançant le mouvement de grève, le syndicat affirmait que la covention collective, signée cinq mois plus tôt avec l’entreprise, avait été violée, notamment par le biais d’un engagement massif de travailleurs temporaires. Ceux-ci, selon les dirigeants de l’USO, servent à briser la force du syndicat.


Après deux mois de conflits, l’USO semble à bout fr souffle. Le gouvernement a, d’ailleurs réussi à maintenir constamment en marche la raffinerie, avec l’aide de techniciens et de travailleurs temporaires.


Mais l’USO, qui contitue l’une des forces syndicales les plus représentatives du pays, aura marqué des points sur le plan politique. Elle a suscité un véritable débat national sur la politique pétrolière de l’actuel gouvernement.


Les dirigeants de l’USO ont lancé une offenssive contre l’actuelle direction d’Ecopetrole, qui, affirment-ils, cherche à "privatiser" progressivement un secteur pétrolier jusqu’ici aux mains de l’ État.


Ils ont, en particulier, dénoncé un projet supposé de remse à une compagnie américaine, la Dow Chemical, d’une des principales usines d’Ecopetrol, à Barracabermeje, celle de polyéthylène. C’était la Dow qui l’avait construite, avant de revendre la majorité de ses actions à Ecopetrol. L’affaire s’étant révélée très rentable, l’entreprise américaine serait aujourd’hui prête, affirment les dirigeants syndicaux, à racheter ses parts, en s’engageant à faire une série d’investissements permettant d’agrandir la fabrique. Lancée par l’USO, l’affaire a donné lieu à des interventions parlementaires au Congrés.


L’USO rappelle, en outre, que le matériel de perforation d’Ecopetrol a été loué, en partie, à une compagnie américaine, la Anson Drilling, alors que, disent-ils, les techniciens colombiens auraient été à même de l’utiliser. Les dirigeants indiquent, d’autres part, que les contrats d’association d’Ecopetrol avec de entreprises étrangères se sont multipliés. Plusieurs journaux de Bogota se sont inquiétés de cette tendance à la "privatisation" d’un secteur considéré comme stratégique.


THIERRY MALINIAK

info portfolio

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique