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    2009.
















20/10/77

ATOMIQUE


Ouverture à Washington de la conférence sur le cycle du combustible nucléaire


Le président Jimmy Carter ouvre, ce mercredi 19 octobre, à Washington, la première conférence internationale sur l’évaluation du cycle du combustible nucléaire, à laquelle participeront près de quarante pays La France sera représentée à cette conférence par une délégation conduite par M. André Jacomet, chargé de mission au ministère des affaires étrangères ( le Monde du 15 octobre). et quatre organisations internationales.


Voulue par les Etats-Unis, cette conférence, qui se poursuivra jusqu’à vendredi 21 octobre, s’efforcera de jeter les premiers jalons en vue d’ un accord général sur le lutte contre la prolifération nucléaire.


Il s’agira, selon un communiqué publié par le département d’Etat, « du premier pas d’un nouvel effort international conjoint, en vue de définir de meilleurs moyens de limiter la prolifération des armements atomiques, tout en permettant à tous les pays de satisfaire leurs besoins en énergie nucléaire à des fins pacifiques ».


Tous les pays exportateurs de technologie nucléaire seront représentés à Washington. Le Brésil, à qui l’Allemagne fédérale doit fournir des installations nucléaires, sera représenté. En revanche, sera absent le Pakistan, à qui le France vend une usine de retraitement du combustible nucléaire. L’Afrique du Sud sera aussi absente.


Les conversations porteront essentiellement sur le développement des surrégénérateurs et le retraitement des déchets nucléaires. La conférence ne débouchera pas sur un accord, mais les Etats-Unis espèrent qu’elle sera suivie de suffisamment de progrès au cours des deux prochaines années pour permettre alors la fixation des règles strictes s’imposant à tous.--- (A.F.P.)


LE JET SERAIT CONSTRUIT EN GRANDE BRETAGNE


Embourbé depuis près de deux ans dans des difficultés qui sont essentiellement des manifestations d’égoïsme national, le projet européen JET (Joint European Torus), réacteur d’étude de la fusion thermonucléaire contrôlée, va peut-être enfin voir le jour. Des informations officieuses, venues de Luxembourg où étaient réunis, mardi 18 octobre, les ministres des affaires étrangères de la Communauté, font état d’un accord sur le site de l’appareil. Le JET serait construit à Culham en Grande-Bretagne.


Des rumeurs allant dans le même sens circulaient à Bonn, après la rencontre du chancelier Helmut Schmidt et du premier ministre du Royaume-Uni, M. James Callaghan. Une décision formelle pourrait intervenir la semaine prochaine.


Au départ, quatre sites étaient en concurrence : Ispra en Italie, Cadarache en France, Garching en République fédérale d’Allemagne et Culham en Grande-Bretagne. L’ Italie, sans retirer sa candidature, laissa entendre à la fin 1976 qu’elle pourrait se rallier à un autre choix, à condition de recevoir des compensations. En France, le secrétaire d’Etat à la recherche, M. Jacques Sourdill, prit une attitude analogue peu après sa nomination, au printemps dernier. Il ne restait plus que deux pays candidats, qui viennent semble-t-il, de s’accorder sur le choix du site anglais.


Le problème du site n’était pas le seul, mais il est probable que s’il est résolu, c’est qu’un accord s’est aussi fait sur le reste. Le JET va sans doute pouvoir être mis en chantier. Avec deux ans de retard, et alors que l’équipe qui l’avait étudié s’est en partie dispersée. Deux années que n’ont perdues ni les Soviétiques ni les Américains, qui tous deux ont des programmes qui rivalisent avec le JET.


LE CHANTIER DU SURRÉGÉNÉRATEUR DE CREYS-MALVILLE ARRÉTÉ A LA SUITE D’UNE GRÈVE


(De notre correspondant régional.)


Lyon.— Une grève, déclenchée le 10 octobre par une partie du personnel — environ deux cent dix personnes sur deux cent cinquante — de la société de travaux publics Fougerolles travaillant sur le chantier de construction du surrégénérateur Super-phénix, à Creys-Malville, a empêché toute activité pendant une semaine sur le site nucléaire. Environ deux cents ouvriers, pour la plupartdes immigrés, ont en effet interdit l’entrée du chantier à tout le personnel des entreprises de construction.


Les revendications portent sur une revalorisation des salaires de 10 % et de diverses indemnités (déplacements, ramassage) ou primes. Selon un responsable de l’union départementale C.G.T., la direction de la société Fougerolles porte « l’entière responsabilité de cette situation, ayant refusé jusqu’au lundi 17 octobre d’ouvrir des négociations avec l’union syndicale de la construction ». Depuis ce mardi matin, le piquet de grève a accepté de laisser entrer les salariés — une centaine — appartenant aux autres entreprises. Une nouvelle « table ronde » devrait avoir lieu mercredi 19 octobre.


Cinq délégués du personnel, des immigrés de nationalité portugaise, étaient cités, ce mardi matin, à 11h, devant le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, pour entrave à la liberté du travail. Plusieurs dizaines de manifestants s’étaient réunis aux abords du palais de justice.


Incidents sur le site de Cruas (Ardèche) où E.D.F. a commencé les travaux de la centrale


De notre correspondant

20/10/77


Valence— Les gendarmes mobiles sont intervenus dans la soirée du mardi 18 octobre aux alentours du chantier de la future centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) pour éloigner les manifestants qui protestaient contre le début des travaux, alors que l’ouvrage n’a pas encore été déclaré d’utilité publique. Mardi matin, ouvriers et engins entamaient en bordure du Rhône l’aménagement du terrain où devraient s’élever, selon les plans de l’E.D.F., quatre réacteurs d’une puissance totale installée de 3600 mégawatts et leurs tours géantes de refroidissement. Dans leur courrier les habitants avaient trouvé ce matin-là aussi une lettre dans laquelle l’E.D.F. justifiait ainsi sa précipitation.


« Notre établissement a la responsabilité d"assurer la continuité de l’approvisionnement électrique de la France. Cette continuité n’est possible que si nous engageons sans retard les programmes d’investissements décidés. Parmi eux, la centrale de Cruas jouera un rôle important pour la fourniture de courant en 1983, date à laquelle la première tranche ne pourrait être achevée si les travaux préparatoires étaient aujourd’hui différés. »


Pour E.D.F., il s’agit donc, après l’avis favorable des commissaires enquêteurs, mais avant le décret du Conseil d’Etat autorisant la construction de la centrale, de préparer le terrain (clôture, accès, terrassement), afin de ne prendre aucun retard par le suite. Les opposants à la centrale, qui avaient clairement affirmé l’an passé que l’usine ne se réaliserait pas sans le concours des C.R.S., se sont rendus sur place mardi.


« E.D.F. est dans l’illégalité en commençant ses travaux », fait-on remarquer au comité de défense de Cruas-Meysse.


C’est en fin d’après-midi que les forces de l’ordre durent intervenir pour repousser les manifestants hors du site. Cependant, il n’y a pas eu de heurts violents.


Parmi les manifestants, on notait le présence du maire de Meysse, M. Cauveton, lui aussi opposé à l’installation de la centrale. Les opposants ont annoncé qu’ils étaient déterminés à occuper le site, tandis qu’E.D.F. laisse entendre qu’il n’est pas question d’interrompre les travaux. On peut donc s’attendre à de nouveaux incidents et particulièrement durant le prochain week-end, puisque les écologistes ont appelé à une manifestation.

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