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4/10/77

A L’ÉTRANGER
La Malaisie commande cinq méthaniers
à la France


La Malaisie vient de confirmer l’achat à la France de cinq méthaniers de 130 000 mètres cubes. Ces navires géants, qui serviront à transporter le gaz malaisien jusqu’au Japon, seront livrés en 1980 et 1981.
A 600 millions de francs la navire, c’est un marché de 3 milliards de francs qui revient aux Chantiers France-Dunkerque (froupe Empain-Schneider) et aux constructions navales et industrielles de la Méditerranée (Chantiers de La Seyne dans le Var).
L’affaire est donc importante : certainement plus pour les millions d’heures de travail qu’elle va fournir aux ouvriers français des chantiers navais que pour son intérêt financier, la Malaisie n’ayant signé qu’après avoir obtenu de coquets avantages.


L’affaire de ces futurs méthaniers vaut d’être contée, car elle est exemplaire des difficultés que les pays industrialisés éprouvent maintenant à trop vouloir imposer leur loi.
La Malaisie, déjà bien pourvue en matières premières (étain, caoutchouc naturel, huile de palme, bois équatoriaux, le tout en abondance), s’est découvert, il y a quelques années, d’appréciables réserves de pétrole et de gaz Environ 400 milliards de mètres cubes de réserves totales (exploitables à 80%). A titre de comparaison les réserves initiales de Lacq étaient de 200 milliards de mètres cubes.. Le méthane se trouve en mer au large de Sarawak, dans un périmètre de recherche concédé à Shell par la Malaisie. Le projet avait été fait de construire une usine de liquéfaction à Bintulu sur la côte.
Mitsubishi s’était porté acquéreur de la totalité du gaz qu’il devait transporter au Japon à bord de méthaniers construits par la France.


Ce premier plan, élaboré vers 1973 aurait été parfait s’il n’avait exclu les Malaisiens du management, de l’organisation, du contrôle, de la gestion, du transport... C’était un peu beaucoup pour un pays dont le nationalisme est d’autant plus chatouilleux qu’une minorité chinoise - compétente et travailleuse - a déjà tendance à contrôler l’économie du pays. La réaction malaise - au sens ethnique du terme - ne s’est donc pas fait attendre : PETRONAS, l’organisme pétrolier d’Etat, a remis en cause le projet qui représente 1 milliard de dollars au moins non compris les méthaniers, Shell, Mitsubishi et la France, ont dû renégocier et accepter les exigences de la Malaisie.


Deux ans et demi
de travail


Un accord partiel a pu être trouvé :
PETRONAS détiendra 65% du capital de la société, qui exploitera le gaz à Bintulu, Shell et Mitsubishi se contentant de 17,5% chacun. La MISC (Malaysian International Shipping Corporation), organisme malaisien, se chargera du transport. Dans quelques années sera édifiée une industrie pétrochimique fabriquant toute la gamme des produits tirés du gaz, depuis les plastiques jusqu’aux engrais. Bien despoints restent cependant à régler et les discussions entre les trois compères sont toujours fort vives. Shell qui n’a pas l’habitude de s’en laisser conter, voudrait par exemple obtenir une grande liberté de manoeuvre. Il faut savoir aussi qui construira le port où viendront accoster les méthaniers, quel procédé de liquéfaction sera choisi, le français (Technip) ou l’américain (Air Product).


Dans ces conditions la confirmation par la Malaisie de la commande de cinq méthaniers à la France a été très bonne nouvelle. Quand on sait qu’il faut 2.5 millions d’heures de travail pour construire chacun de ces navires et que des chantiers comme ceux de France-Dunkerque "font" 5 millions d’heures par an, on voit l’importance de l’enjeu : deux ans et demi de travail.


Mais les combustibles français devront y mettre un peu du leur. Il a, en effet, fallu accorder à la Malaisie un délai de plus de deux ans, pendant lequel aucun paiement ne serait fait : quant aux intérêts, ils ne courront pas avant seize mois.
Tout cela parce que la Malaisie sera propriétaire de méthaniers dont elle ne saura que faire pendant plusieurs années, l’usine de liquéfaction ne pouvant pas être prête avant 1982-1983.


La force de la Malaisie est de n’avoir pas un besoin pressant des devises que lui rapportera son gaz, besoin d’autant moins urgent que le dossier pétrole, lui aussi renégocié en 1975 avec les compagnies occidentales, semble maintenant réglé.


Un élément peut tout de même forcer les Malaisiens à accélérer le mouvement : l’Australie a décidé d’exploiter ses énormes réserves gazières de North-West-Shell (Shell, encore elle, est sur l’affaire). L’indonésie a des projets : au nord de Sumatra avec le gisement de gaz d’Arun, qui semble immense, et à Kalimantan (ex-Bornéo) sur le gisement de Badak Six cent milliards de mètres cubes de réserves pour Arun et 175 milliards pour Badak, soit au total 775 milliards de mètres cubes. L’Indonésie arriverait en onzième position dans le monde pour les réserves de gaz...


A trop vouloir tarder, la Malaisie pourrait trouver la place occupée...


ALAIN VERNHOLES.

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