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Page 36 - LE MONDE — 21 octobre 1977...

ECONOME - SOCIAL
LE DEBAT SUR


La bataille nucléaire


II - TOUS LES MORTS NE SE VALENT PAS !


par HENRI ANGLES D’ AURILAC (*)


Dans le débat ouvert entre partisans et détracteurs de l’ énergie nucléaire des phénomènes quasi religieux entrent en ligne de compte.(Lire "le Monde" du 20 octobre.)


Chaque jour, en Europe, cent à cent cinquante personnes meurent de l’ automobile. Mille à mille cinq cents personnes sont blessées.


Il est étonnant qu’ aucun mouvement sérieux "anti-automobile" n’ ait encore vu le jour. Et les manifestations - toujours non violentes - contre l’ auto visent plus la protection de l’ environnement que celle de la vie humaine.


Pendant un grand mois, à travers la France, nous avons lu, sur les palissades ou sur les murs, chaque jour et en lettres énormes : "le nucléaire tue", "l’ atome tue" et pas une seule fois : "l’ automobile tue". A la fin de ce mois, le score était cependant écrasant en faveur (!) de l’ automobile : environ quatre mille morts contre zéro pour le nucléaire. Pour arriver à un certain équilibre, il faudrait un Hiroshima tous les deux ans ! Ou encore : un hiver récent dans une seule ville, en une seule nuit, les poêles à charbon ont tué sept personnes. Ce malheur a "valu" vingt lignes, en quatrième page, dans les journaux de la capitale. Imaginons un instant que ces morts aient été dues à quelque accident atomique... Mais non, n’ allons pas si loin ! Il n’ y aurait eu qu’ une mort, et même il ne serait pas tout à fait sûr, mais seulement probable... enfin possible, que cette mort soit "une" des journaux, et pendant des mois, que nous aurions pu lire que "le nucléaire tue".


Le président de la République rappelait récemment combien de mort avait coûtées l’ extraction du charbon en France depuis la libération... Et, en remontant vers des civilisations plus bucoliques, nous avons relevé, dans l’ espace de quinze jours, que deux exploitants forestiers avaient été victimes de leur travail... L’ usage du charbon ou celui du bois n’ en ont pas pour autant été remis en cause. Tous les morts ne se valent pas, semble-t-il. Certains ont valeur d’ exemple et mobilisent l’ opinion ; les autres n’ ont qu’ une valeur sentimentale et ne touchent que les proches. Est-ce inconscience ou mauvaise foi ?

Une explication et peut-être une justification


Rien de tout cela peut-être. Ce n’ est pas sans raisons que les victimes "possibles" de l’ atome font plus peur que les victimes "certaines" de l’ automobile.


Ces raisons tiennent essentiellement Il y en a d’ autres plus "psychologique", moins fondamentales : le fait que l’ "un se tue" en automobile - même si l’ on est victime d’ un chauffard, - tandis que l’ "on st tué" dans un accident d’ avion... et plus nettement encore s’ il s’ agit d’ un accident nucléaire : le fait aussi que les morts de l’ automobile sont dispersés dans le temps et dans l’ espace. Si les cent cinquante victimes hebdomadaires françaises perdaient la vie dans un accident unique de chemin de fer, il est probable que ce moyen de transport n’ aurait pas résisté. en trois mots : incertitude, irréversibilité, dimensions.


INCERTITUDE : oui, admettent les anti-nucléaires, il y a bien cinquante mille morts par an du fait de l’ automobile, mais ce phénomène est parfaitement connu, il ne peut nous réserver, pour l’ avenir, aucune mauvaise surprise : le Moloch demande sa ration annuelle de victimes, mais nous pouvons prévoir avec une bonne exactitude, la prochaine ration. Il n’ y a donc qu’ une question, et une seule : c’ est de savoir si la communauté européenne considère ces cinquante mille morts annuelles comme un prix acceptable - ou non - comparé aux bienfaits économiques et sociaux qu’ il permet d’ acheter. Question dramatique certes, mais à laquelle il semble bien que - en fait - l’ Europe apporte continûment une réponse positive puisque aucune disposition vraiment sérieuse n’ est prise pour réduire le nombre des victimes, alors que quantité de mesures seraient très efficaces, mais impliqueraient, il est vrai, des changements de société assez "dramatiques" (quoique, après tout, moins lourds à supporter que ne le seraient ceux entraînés par le renoncement au nucléaire).


IRREVERSIBILITE : de la même façon, la situation créée par l’ automobile n’ est aucunement irréversible. Aussi bien au niveau des individus qu’ à celui du pouvoir, il est, à tout instant, parfaitement possible de renoncer à l’ automobile ou de l’ interdire, et de mettre fin au massacre (toujours au prix, bien sûr, de changements de vie ou de société importants !).


Ces deux traits d’ incertitude et d’ irréversibilité semblent, au contraire, tout à fait caractéristiques du fait nucléaire.


L’ incertitude ? Sûrement - et même les partisans les plus convaincus de nucléaire admettent que nous en sommes aux premiers âges de ces techniques et que nous avons encore beaucoup à apprendre. En ce domaine, celui qui déciderait de s’ en tenir au seul argument d’ autorité et de se ranger à l’ "avis des experts" pourrait ressentir quelque embarras. Car, entre les déclarations - ou les manifestes - sinon franchement contradictoires du moins très "nuancées", des uns et des autres, des hésitations sont permises.


Cependant, l’ incertitude a été le lot de presque toutes les activités industrielles nouvelles, et ce trait - s’ il était seul - ne suffirait peut-être pas à inquiéter vraiment. Mais il y a aussi l’ irréversibilité. Jamais, en effet, en aucun domaine, l’ humanité n’ a pensé que ses actes pourraient avoir un caractère irréparable, irréversible. Elle avait toujours le sentiment de pouvoir, à tout moment s’ arrêter ou même revenir en arrière, de façon que les effets "négatifs" de ces actes cessent aussitôt de se produire. Bien plus, il existait toujours des possibilités d’ actions correctives ou réparatrices. En ce qui concerne les biens matériels, l’ on savait reconstruire ce qui avait été détruit. Et si l’ on ne pouvait ressusciter les morts individuelles, on savait que l’ espèce toujours vivante - et non atteinte - les remplacerait.


Pour la première fois, il est permis de craindre que certaines de nos actions ne soient "inarrêtables" dans leurs effets et irréversibles.


L’ incertitude relevée plus haut prend alors une signification infiniment plus grave. On peut noter que cette terreur nouvelle devant le caractère irréparable, irréversible de l’ "accident" ou de l’ "erreur" s’ est également manifestée à propos du drame de Seveso. Finalement, le nombre des victimes paraît très réduit, mais le fait que la technique se trouve comme désarmée devant ces quelques kilomètres carrès qu’ elle ne sait pas "dépolluer" apparaît comme "nouveau" et terriblement inquiétant (cf. Ecofisk). Et le problème des déchets nucléaires, par exemple, dont la nocivité ne s’ éteint qu’ après des milliers d’ années, illustre bien les craintes que peut provoquer ce couple "incertitude, irréversibilité".


DIMENSIONS : il y a enfin ce que nous avons appelé les "dimensions". Non seulement les risques nucléaires sont caractérisés par l’ incertitude et l’ irréversibilité, mais leurs dimensions peuvent être tout à fait différentes de celles que l’ humanité a pu connaître jusqu’à ce jour. Une forêt était détruite par un incendie, une ville par une explosion ou un glissement de terrain, une région par l’ éruption d’ un volcan, à la limite, un pays entier pouvait être ravagé par un tremblement de terre. S’ agissant des personnes, c’ étaient mille, dix mille, au maximum, quelques millions de personnes qui étaient frappées mortellement par un accident, une épidémie, une guerre. Avec le nucléaire, l’ échelle change radicalement. Pour ce qui est de la biosphère, c’ est dans sa totalité qu’ elle peut être atteindre, et pour ce qui est de l’ homme, c’ est l’ espèce qui peut être frappée de façon irrémédiable.


(*) Ancien directeur technique général du groupe Thomson.


L’ on comprend fort bien (sans pour autant éprouver le même sentiment) que devant ces trois facteurs : incertitude, irréversibilité, dimensions, les adversaires du nucléaire - sans d’ ailleurs avoir toujours bien analysé les choses - ressentent que la situation créée par le nucléaire est nouvelle par rapport à celles que l’ humanité a rencontrées jusqu’à ce jour. Ils expriment ce sentiment en nous disant qu’ il s’ agit d’ un "réflexe de survie", d’ un "sursaut de l’ espèce", causé par un profond "instinct de conservation". A ce niveau... la discussion devient difficile, et l’ humanité ne saurait qu’ être infaillible lorsque comme le cheval aveugle, elle bronche et renâcle devant l’ abîme que son cavalier n’ a point perçu !


Toutes ces craintes sont "vrai-semblables". On put les ressentir très profondément et les exprimer alors avec vivacité et, à la limite, même avec violence sans mériter pour autant d’ être taxé de sottise d’ ignorance ou de mauvaise foi. Et nous pensons d’ ailleurs les avoir analysées avec honnêteté et même une certaine sympathie. Et cependant nous ne les partageons aucunement.


Nous les ressentons profondément comme des réactions de peur, des attitudes malthusiennes, un refus de la vie qui cherche partout et en toute occasion des raisons pour "s’ arrêter".


Nous avons toujours mal réagi au fameux pari de Pascal qui nous apparaît comme une déloyale prise de judo métaphysique. (On évoquera au passage le chef-d’ oeuvre de E. Rohmer Ma nuit chez Maud.) Rappelons que Pascal nous fait observer que même si un risque a très peu de chances de se réaliser... il faut cependant agir "comme s’ il était certain", lorsque les pertes liées à la réalisation de ce risque sont trop grandes... Je viens de passer deux heures avec mon ami Untel. Il était là, j’ en suis bien sûr. Je suis prêt à parier n’ importe quoi... N’ importe quoi ? Est-ce bien sûr. Toute votre fortune, oui, c’ est probable, mais... votre vie ? ... Vous êtes parfaitement sûr de vous mais... "si vous vous trompiez, ce serait si terrible..."


Comme Pascal, les adversaires du nucléaire abusent du raisonnement. Assez vite on les convainc que ce qu’ ils redoutent est hautement improbable. Les voilà apaisés ? Point du tout, car ils déclarent pour finir : oui vous avez sans doute raison, mais... "si vous vous trompiez, ce serait si terrible".


Cette attitude mentale nous révulse. C’ est celle de ceux qui ne se marient pas pour ne pas risquer d’ avoir des enfants monstrueux, de ceux qui refusent la vie et l’ action à cause des dangers inhérents à toute vie, à toute action. Cette attitude non seulement ne construit rien, mais est finalement plus dangereuse que celle de celui qui choisit l’ optimisme et la vie, car l’ inaction aussi a ses risques, bien réels, mais infiniment moins glorieux et moins légitimes que ceux de l’ action.


Les craintes des antinucléaires ne doivent donc pas nous arrêter. Sans doute faut-il laisser parler ceux-ci et même les y inviter, les écouter et ne prendre à la légère aucun de leurs propos..., mais le progrès apportera des réponses à tout cela.


Des craintes d’ une autre nature


Nous évoquerons enfin brièvement des craintes d’ une autre nature. Toute une intelligentsia internationale - l’ expression n’ a ici aucune connotation agressive - se déclare aujourd’hui très préoccupée par les aspects socio-politique de l’ énergie nucléaire Voir, par exemple, le Monde du 4 octobre 1977 : "A Genève, dix personnalités font appel au gouvernement français", et, le même jour, l’ interview de R. Garaudy : "L’ énergie atomique a été inventée pour se passer du peuple..." . L’ énergie nucléaire par sa nature même conduirait inévitablement à un type de société centralisée où le pouvoir exercerait sur l’ individu une double oppression : celle classique du "tyran" et celle apparemment douce et bienfaisante qu’ exerce la mère sur le bébé qu’ elle nourrit.. Ces deux grandes formes d’ asservissement - dont chacune légitime l’ autre... - sont parfaitement décrites dans le Meilleur des Mondes, d’ Aldous Huxley, ou dans 1988 d’ Orwell. L’ économie du plutonium risquerait ainsi de dégrader et peut-être de détruire "les institutions et les valeurs spirituelles des sociétés libres" et ouvrirait la porte à ce que l’ on appelle déjà en France le techno-fascisme et en Angleterre le "friendly fascism"...


Il y a là peut-être un vrai problème. Mais nous ne pouvons ici que l’ évoquer et déclarer que nous ne croyons guère à de tels dangers : la technologie est beaucoup plus innocente qu’ on veut bien le dire. Une société hautement industrialisée peut fort bien demeurer parfaitement démocratique et libérale, tandis que l’ on peut voir une affreuse tyrannie s’ exercer dans tel pays à niveau technologique élémentaire. Il y a pas mal de pharisaïsme dans ces attitudes.


Prochain article :

INDEPENDANCE NATIONALE
ET SOLIDARITE
INTERNATIONALE
BIBLIOGRAPHIE


La science et l’ aventure


Les centrales nucléaires sont-elles dangereuses pour leurs voisins et l’ environnement ? "Impossible, en l’ état actuel de nos connaissances, d’ apporter une réponse scientifique. La science est face à ses limites. Il est peu probable que l’ industrie nucléaire s’ arrête, mais il faut s’ opposer par tous les moyens à ce qu’ elle devienne une aventure technologique". Cette prise de position en forme d’ avertissement n’ est pas le fait d’ un écologiste. Elle est celle d’ un professeur de physique nucléaire à l’ université de Nancy, qui se targue d’ avoir formé en dix ans "le quart des ingénieurs français portant le titre de physicien nucléaire". Il dirige en outre un laboratoire de recherche en physique des plasmas.


M. Marceau Felden, qui a publié récemment un gros ouvrage intitulé Energie : le défi nucléaire, dont sont extraites les lignes précédentes, ne peut être taxé ni d’ incompétence ni d’ hostilité à l’ égard de l’ énergie atomique. Mais il a la "chance" de n’ appartenir à aucune des factions en présence. Il ne travaille pas au C.E.A. ou à l’ E.D.F., il n’ est payé par aucune entreprise impliquée dans le programme électronucléaire, il n’ a pas signé l’ appel des quatre cents scientifiques demandant un moratoire. Dans la controverse en cours, il veut "éviter toute polémique idéologique ou politique et rester sur le plan strictement scientifique". Le fait est assez rare pour être signalé, et, à ce titre son livre - écrit de sang-froid mais non sans alacrité - est une contribution bien utile à un débat qui, avec le temps, n’ a guère gagné en clarté.


L’ ouvrage, rempli de chiffres et de données techniques, essaie de répondre point par point aux grandes questions. De quelle quantité d’ énergie le monde a-t-il besoin ? Que peut-on encore espérer du charbon et du pétrole ? Dans combien de temps pourra-t-on utiliser "en grand" l’ énergie du soleil, des eaux souterraines, des marées ? Peut-on se passer du nucléaire ?


Sur tout ces thèmes rebattus, l’ auteur apporte quantité de précisions d’ autant plus crédibles qu’ elles paraissent enfin débarrassées de tout a priori. Pour M. Marceau Felden, trois sources d’ énergie seulement sont réellement intéressantes à long terme. Celle fournie par les surrégénérateurs, mais elle n’ est pas techniquement maîtrisée : celle produite par la thermofusion, mais on n’ est pas parvenu jusqu’ici - y parviendra-t-on jamais ? - à la domestiquer ; celle prodiguée par le soleil, mais ses applications pratiques souffrent d’ un retard inexcusable. En tout cas, les deux énergies sur lesquelles les responsables politiques ont misé jusqu’ici - le pétrole et les centrales nucléaires à fission - sont parmi les plus médiocres dans l’ ordre des mérites comparés.


Conclusion de l’ auteur : il faut s’ imposer des économies draconiennes, utiliser toutes nos ressources, les diversifier au maximum, conserver une grande souplesse dans nos programmes et réorienter complètement la recherche pour accéder rapidement à l’ énergie solaire et - si possible - à l’ énergie solaire et - si possible - à la thermofusion, M. Marceau Felden est sans doute l’ un de ces non-conformistes au franc-parler que le conseil d’ information électronucléaire, dont la création a été annoncée par le président de la République, aurait intérêt à entendre.- M. A.-R.


(*) Energie : le défit nucléaire, par Marceau Felden, Edit. André Leson, 380 p, 35 F.


Les "bonnes"
questions
des physiciens


Electronucléaire : danger, sous ce titre explicite, le groupement des scientifiques pour l’ information sur l’ énergie nucléaire (G.S.I.E.N.) - physiciens travaillant dans divers laboratoires et universités, et particulièrement au laboratoire de physique du Collège de France - présente en cent soixante pages toutes les objections que des "connaisseurs" peuvent opposer au programme électronucléaire. Ces objections tiennent d’ abord au passage - trop rapide à leur sens - du stade expérimental au stade industriel.


Elles touchent aussi aux "dangers" des centrales nucléaires en marche normale (effluents radio-actifs, pollution thermique, avaries de fonctionnement, accidents de transport, stockage et traitement des déchets). Elles s’ appuient sur la diffusion - à leur avis inévitable et à terme dangereuse pour l’ homme - de la pollution radioactive dans l’ environnement. Elles se renforcent même d’ arguments économiques et politiques.


Ce réquisitoire qui, sur certains points, peut paraître mal fondé, étoffé par une vingtaine de documents annexes, vient s’ ajouter à une littérature antinucléaire déjà abondante. Mais il a la particularité d’ avoir été rédigé par des scientifiques - physiciens nucléaires de surcroît - auxquels on ne peut objecter qu’ ils ne posent pas les "bonnes" questions.


M. A.R.


(*) Editions du Seuil, 1977, 160 pages, 10 F.

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