
L’assistance technique de l’Agence de Vienne reste insuffisante
La vingt et unième conférence de l’Agence internationale de l’énergie atomique (A.I.E.A.) s’est ouverte , lundi 26 septembre , a Vienne (Autriche) . A l’ordre du jour , l’élection du directeur général - on s’attend au renouvellement du mandat de M. Sigvard Eklund (Suède) , qui dirige l’Agence depuis 1961-et la discussion du budget de l’Agence , qui devrait se monter a 48,9 millions de dollars en 1978 . La conférence durera une semaine et sera l’occasion , pour les délégués , de prendre connaissance de deux rapports scientifiques sur « La demande d’énergie » et sur« La physique d’avant-garde aujourd’hui et demain » .
Le 8 décembre 1953 , le président Elsenhower présentait à l’Assemblée générale des Nations unies son programme « Atome pour la paix » , Selon lui , les pays techniquement avancés devraient consacrer « une partie de leurs forces à satisfaire les besoins de l’humanité au lieu de susciter des craintes » . Pour cela , il demandait que soit créée d’urgence une organisation internationale appelée à jour un rôle important , notamment pour aider les pays les moins développés a bénéficier de l’énergie nucléaire . Ainsi était lancée l’idée de l’Agence internationale de l’énergie atomique (A.I.F.A.) , qui voyait officiellement le jour le 29 juillet 1957 et dont la première conférence générale s’ouvrait le 1er octobre suivant .
Dès ses débuts , l’Agence , dont le siège avait été fixé à Vienne , était chargée d’une double tâche : un rôle technique d’assistance , principalement aux pays en voie de développement ; un rôle plus politique de contrôle des matières fissiles destinées aux programmes de recherche ou aux réacteurs prévus pour l’énergie nucléaire civile .
Jusqu’à la fin des années 60 cependant , c’est dans le domaine de l’assistance technique que l’Agence exerça le principal de ses activités : aide financière , formation de personnel , aide technique et juridique , organisation de colloques ou conférences , souvent en collaboration avec d’autres organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (F.A.O.) ou l’Organisation mondiale de la santé (O.M.S.) .
La signature , en 1970 , du traite de non-prolifération des armes nucléaire (T.N.P.) et les mesures unilatérales ou multilatérales prises depuis pour limiter encore les risque de prolifération ont , depuis cette époque , considérablement accru les tâches de l’Agence dans le domaine des garanties : les pays signataires du T.N.P. et qui ne possèdent pas d’armement nucléaire (ils sont aujourd’hui une centaine ) placent sous le contrôle de l’Agence l’ensemble de leurs activités dans le domaine nucléaire . Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont décide de faire de même pour tout ce qui concerne leurs activités non essentielles pour leur tout ce qui concerne leurs activités non essentielles pour leurs sécurité nationale . De même l’Agence est - elle partie à des accords de garantie entre des pays non signatures du T.N.P. : ainsi les contrats entre la France et le Pakistan ou entre l’Allemagne fédérale et le Brésil pour la livraison d’installations nucléaires « sensibles » (usines de retraitement ou d’enrichissement ) s’accompagnent-ils d’accords tripartites avec l’A.I.E.A. prévoyant son contrôle sur ces installations .
Il est vraie que , de l’avis de plusieurs Etats , ces garanties , qui n’ont pas empêche l’Inde , non signataire du T.N.P. , de faire exploser une bombe , sont notoirement insuffisantes . L constatation de cette carence a conduit les membres du Club de Londres à établir de nouvelles régies concernant l’exportation des technologies « sensibles » , règles qui seront prochainement communiquées à l’A.I.E.A. ; de même l’Agence sera-t-elle certainement amenée à participer d’une manière ou d’une autre au « programme international d’évaluation du cycle du combustible »
qui devrait débuter le mois prochaine à l’initiative du gouvernement américain .
Des milliards d’investissements
Le rôle de l’Agence en matière de garantie est important . On peut bien sûr souligner que , en aucune manière , l’Agence ne peut empêcher le détournement de matières fissibles à des fins militaires : elle n’est , en tout état de cause , qu’une signal d’alarme destiné à alerter le Conseil de sécurité ou l’Assemblée générale des Nations unies . Il n’en reste pas moins que son action dans ce domaine est jugée positive et que les études en cours pourraient aboutir à l’élargissement de son rôle . Du reste , l’Agence ne se contente pas d’un rôle de « gendarme » : n’est-ce pas elle qui à lancée l’idée de centres internationaux de traitement du combustible nucléaire que M. Henry Kissinger avait si vivement soutenue et que l’on pourrait bien redevenir, un jour , d’actualité ?
Aux yeux de bien des Etats , l’Agence souffre cependant d’une grave insuffisance : son rôle d’assistance technique , qui devrait être le principal , est aujourd’hui au second plan . Pour l’année 1976, les ressources disponibles dans ce domaine sont restées dans inférieures à 11 milliards de dollars , alors que s’est en chiffrent les investissements , dans le domaine nucléaire , des pays industrialisés .
Comme vient de le montrer la conférence mondiale de l’énergie , organisée à Istanbul , plus que jamais les pays en voie de développement - dont tous n’ont pas , loin de là , l’ambition avouée ou secrète de posséder la bombe atomique -ont besoin de l’énergie nucléaire ; l’Agence de Vienne devrait avoir un rôle fondamental à jouer à cet égard . Encore faut-il qu’on lui en donne les moyens : l’énergie nucléaire est un élément important du dialogue Nord-Sud.
VAVIER WEEGER.
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