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27/9/77

Un rapport commun C.E.A.-syndicats


L’usine à plutonium de la Hague :
quarante-sept propositions
pour améliorer la sécurité


Contrairement à ce qu’affirment les écologistes, les travailleurs du centre de la Hague ne courent pas de risques graves, imposant la fermeture des installations. Certaines améliorations importantes des conditions de sécurité doivent être décidées. Mais les difficultés qu’on peut déceler n’ont pas créé de situations irréversibles. Telles sont globalement les conclusions que l’on peut tirer des travaux du Comité "Hygiène et sécurité" élargi (C.H.S.E.), élaboré en commun par les experts du commissariat à l’Energie atomique (C.E.A.) et les syndicats (C.F.D.T., C.G.T., C.G.C., F.O. notamment). Le rapport définitif, établi au mois de juin dernier, vient d’être rendu public par André Giraud, patron du C.E.A.


A la suite des vives controverses qui avaient opposé la direction du CEA aux syndicats, A.Giraud avait décidé, le 21 octobre dernier, la mise en place d’un comité pour examiner, avec toutes les parties intéressées, les les problèmes d’hygiène et de sécurité de l’usine de la Hague.


Les conclusions de ce groupe de travail étaient attendues avec intérêt car la France est, actuellement, le seul pays au monde à disposer d’un centre industriel de retraitement des déchets nucléaires, produisant du plutonium.


Les amateurs de sensationnel seront déçus : les 47 "propositions et recommandations" approuvées par le CHSE sont très diverses et ne donnent guère d’arguments aux opposants de l’atome.




1. Les problèmes de corrosion.
L’usine de la Hague est en perpétuelle évolution. Le comité a estimé que la corrosion des gaines de ventillation et leur charge croissante en contamination était inquiétante dans certains secteurs.

Des problèmes de ce type existent dans différents bâtiments du centre, mais en nombre limité.


2. Le traitement des eaux de piscine.

Les déchets radioactifs doivent être stockés en piscine. Et les experts ont estimé que le traitement de l’eau de ces piscines posait un problème, notamment en relation avec des contaminations atmosphériques dans les zones concernées. Une équipe spécialisée dans ce domaine est donc impérative.


3. Les difficultés d’exploitation.

Certaines opérations, note le rapport, entraînent des volumes importants de déchets qui stationnent en permanence dans des zones non prévues à cet effet.

Pour les installations à risques importants, les experts estiment qu’une automatisation pouvant pailler l’erreur humaine doit être envisagée.


4. L’entretien préventif.

Le comité pense qu’il est peu réaliste de procéder à un entretien préventif systématique, entretien qui aurait pour conséquence directe de provoquer des irradiations du personnel (mais il y a des cas particuliers).


5. L’amélioration des conditions de travail.

Le rapport estime que les interventions importantes et les travaux pénibles devraient être effectués en horaire normal. "On ne tire pas toujours parti, déplore-t-on, de l’expérience, lorsqu’une fausse manipulation a entraîné des opérations de décontamination réitérées. Ceci peut, bien sûr laisser penser aux décontaminateurs qu’ils ne font pas toujours un travail utile, voire considéré".

Une amélioration du climat du travail, estime le comité, entraînerait un progrès dans la sécurité.


6. La formation en matière de sécurité.

Le rapport signale que certains agents n’ont pas suivi les cours de base en sécurité (15 jours) et demande que tout le monde soit astreint obligatoirement à une formation dans ce domaine. La section C.G.C. a même demandé de toute urgence la constitution d’un groupe de travail, au plan local.



Un premier pas


L’atome est, à la fois, la source d’énergie la plus dangereuse et la plus sûre qui soit. Dangereuse à cause des radiations. Sûre, car jamais aucune autre activité humaine n’a été aussi contrôlée. Encore faut-il savoir quelles mesures de précaution ont réellement été prises et quels risques fait-on courir aux populations travaillant, dans et autour, des usines et centrales nucléaires.


Cacher à l’opinion des rapports qui, s’écartant de la "ligne officielle" du commissariat à l’Energie atomique (C.E.A.) ou d’Electricité de France (E.D.F.), montreraient les "faiblesses" techniques de certaines installations, ne ferait qu’accentuer la méfiance des Français vis-à-vis de l’atome.


Le président de la République l’a bien compris puisqu’il a récemment demandé qu’on ouvre plus largement les dossiers, André Giraud, le patron du C.E.A., après quelques hésitations, vient de décider de rendre publique une étude sur La Hague, l’Installation nucléaire française la plus critiquée avec Super Phénix.


C’est un premier pas important vers un dialogue plus constructif entre des "spécialistes" qui ont trop longtemps cru être les seuls dépositaires de la vérité et des contestataires niant toute bonne attention gouvernementale.


Les dirigeants d’Electricité de France, eux aussi, parlent désormais plus librement. Mais à quand la publication d’un rapport commandé par un service d’E.D.F. à un cabinet extérieur, rapport dont les conclusions - que certains experts estiment farfelues - ne font pas l’unanimité ?
Christian Guéry.












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