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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.


















ECONOMIES NATIONALES






Niger : essor de la production agricole, reprise économique après la sécheresse


Une fois terminée la longue période de sécheresse - la pire qui ait jamais sévi dans le Sahel - et les conditions climatiques redevenues plus normales, à la fin de 1974, la production agricole du Niger a amorcé une reprise qui a entraîné celle de l’économie.


La production de mil et de sorgho - les deux denrées alimentaires de base - a augmenté de 46 pour 100 (349.000 tonnes) et la récolte d’arachides principal produit agricole d’exportation, s’est accrue de 67 pour 100, atteignant 129.000 tonnes ; toutefois, la production agricole globale restait très inférieure à ce qu’elle était avant la sécheresse. Une légère reprise a été enregistrée dans le secteur de l’élevage et l’expansion du secteur minier s’est poursuivie, la production de la mine d’uranium se rapprochant de la capacité maximale.


Dans l’ensemble, selon les estimations des services du Fonds, le PIB réel du Niger, après avoir fléchi de 14 pour 100 en 1973, a augmenté de 10,5 pour 100 en 1974. La croissance économique qui, en 1975, avait à peine dépassé 1 pour 100 en raison du recul de la production agricole, devrait, grâce au rétablissement de cette dernière, atteindre 19 pour 100 en 1976.
Agriculture. En 1975, les précipitations ont été insuffisantes et sont survenues à contretemps pendant la période de culture : les récoltes ont donc été moins bonnes, en particulier celles de mil ; les rongeurs ont ravagé les récoltes et les plantules, et la récolte d’arachides, qui a également souffert d’un virus transmis par les insectes, a été inférieure au tiers de celle de 1974. Le total des pertes de denrées alimentaires a été estimé à 300.000 tonnes, ce qui équivaut à quelque 7 milliards de francs CFA. Les produits alimentaires expédiés de l’étranger en réponse à un appel d’urgence lancé à la communauté internationale et les achats directs de l’Etat ont compensé en grande partie l’insuffisance de l’offre et fourni les semences d’arachide nécessaires pour les plantations de la campagne 1976/77. Les résultats médiocres enregistrés dans le secteur agricole ont ébranlé la position financière des organismes publics de commercialisation et provoqué une hausse des prix des produits alimentaires de base.


Les précipitations enregistrées en 1976 pendant la période de culture - contrairement à celles de l’année précédente - ont été abondantes et sont intervenues à point nommé, et au dernier trimestre, une récolte abondante semblait probable. On estime donc que la production de mil et de sorgho augmentera de quelque 55 pour 100 et atteindra 1,3 million de tonnes, le chiffre le plus élevé enregistré depuis 1969 ; la récolte d’arachides a atteint 125. 000 tonnes.


Elevage et industries extractives. Si la production agricole a enregistré d’importantes fluctuations, l’élevage et les industries extractives ont poursuivi une expansion régulière.


En ce qui concerne l’élevage, le cheptel a été fortement réduit au cours de la période de sécheresse, le manque de pâturages et d’eau ayant entraîné des pertes et l’abattage d’urgence d’un grand nombre de bêtes. En 1974, les autorités
ont adopté un programme quinquennal qui visait à favoriser la reconstitution des troupeaux toute en limitant leur effectif à un niveau compatible avec à la fois une bonne gestion des pâturages et l’approvisionnement en eau. Des centres d’élevage ont été mis en place pour accélérer la reproduction, et les familles pastorales dotées du nombre minimum d’animaux jugé nécessaire pour leur permettre de redevenir économiquement indépendantes. Le programme est renforcé par la réglementation du pacage, de l’abattage et des exportations de bétail. Le cheptel s’est accru de 8 pour 100 en 1975 et, selon les estimations établies pour 1976, a augmenté cette année-là plus vite qu’on ne l’avait projeté.


L’extraction de l’uranium a commencé dès sa découverte en 1971, où la production s’est chiffrée à 410 tonnes. Continuant de croître, elle a augmenté de 17 pour 100 en 1975 et de 23 pour 100 en 1976, où elle a atteint 1.600 tonnes.


Un deuxième centre d’extraction devrait être opérationnel en 1978. En 1975, un nouvel accord entre le Niger et la France a porté à environ un tiers du total la participation du Niger au capital de SOMAIR (la première entreprise d’extraction minière du pays) et doublé le prix à l’exportation de l’uranium qui, de ce fait, s’établissait à 10 millions de francs CFA la tonne ; il a été fixé à 14 millions de francs CFA la tonne pour 1976, en attendant les négociations définitives qui doivent avoir lieu au début de 1977. En 1975, selon les estimations établies par les services du Fonds, l’uranium fournissait 3 pour 100 du PIB et 14 pour 100 des recettes publiques du Niger, et plus de la moitié de la valeur de ses exportations de marchandises.


Évolution budgétaire. Malgré les difficultés auxquelles s’est heurté le secteur agricole, le Niger a enregistré en 1975/76 (octobre-septembre) un excédent budgétaire global de 3,1 milliards de francs CEA, contre un excédent de 3,6 milliards de francs CFA l’année précédente.


Bulletin FMI


27/7/77












Le total des recettes, qui, en 1973/74 (y compris l’aide budgétaire française de 1,3 milliard de francs CFA), se chiffrait à 15,5 milliards de francs CFA, a augmenté de 5,1 milliards de francs CFA au cours de chacun des deux exercices suivants.
En 1974/75, les recettes provenant des secteurs autres que le secteur minier se sont accrues de 4,9 milliards de francs CFA, et les recettes procurées par l’uranium de 1,5 milliard de francs CFA, mais l’aide budgétaire française a été supprimée. En 1975/76, le gonflement des recettes totales était dû pour 2 milliards de francs CFA à l’uranium et pour 3,1 milliards de francs CFA aux secteurs autres que le secteur minier.


Le total des dépenses, qui s’élevait à milliards de francs CFA en 1973/74, a augmenté de 2,8 milliards de francs CFA en 1974/75 et de 5,2 milliards en 1975/76.
Cet accroissement s’explique principalement par les importantes dépenses salariales qu’a entraînées la hausse des salaires qu’a entraînées la hausse des salaires dans la fonction publique au début de 1975, par la hausse des prix des biens importés et par l’aide financière accordée aux entreprises d’Etat. En outre, les ont dû importer d’urgence des au début de 1976. Le gouvernement s’était proposé de consacrer aux investissements la majeure partie des recettes provenant de l’uranium ; il avait, en conséquence, prévu que les dépenses d’investissement inscrites au budget augmenteraient de 0,5 milliard de francs CFA en 1974/75 et de 1,5 milliard de francs CFA en 1975/76.


Situation monétaire et crédit bancaire. Le crédit au secteur privé a augmenté de 68 pour 100, en 1974, du fait de l’expansion du PIB, mais de 36 pour 100 seulement en 1975, le recul de la production agricole s’étant aggravé vers la fin de l’année. Le crédit au secteur privé a plafonné au cours de neuf premiers mois de 1976, où les demandes de crédit ont diminué en raison des récoltes médiocres enregistrées à la fin de 1975. Pour l’ensemble de 1976, on estime que le crédit au secteur privé aura augmenté de 20 pour 100, la production agricole s’étant rétablie au quatrième trimestre. L’accroissement du crédit aux autres secteurs, qui s’est chiffré à 6,4 milliards de francs CFA (37 pour 100) en 1975 et à 4,2 milliards (18 pour 100) en 1976, provient du financement d’un volume accru de commerce de transit avec le Nigéria, des besoins de crédit des entreprises d’Etat dont la trésorerie est insuffisante, enfin des besoins de financement du nouveau complexe d’extraction de l’uranium. En 1975, les créances nettes de l’Etat sur le système bancaire ont continué d’augmenter - de 3,3 milliards de francs CFA - mais on estime qu’elles ont diminué de 1 milliard de francs CFA en 1976, cependant qua la masse monétaire, qui s’était gonflée de 31 pour 100 en 1974 et de 10 pour 100 en 1975, progressait de 45 pour 100.


Commerce et paiements. La balance des paiements du Niger, qui en 1974 avait - pour la première fois depuis 1967 - enregistré un déficit (4,2 millions de DTS), a été excédentaire de 5,3 millions de DTS en 1975 et de 10,1 millions de DTS en 1976.
(Pour ces chiffres ainsi que pour tous les autres montants libellés en DTS, les francs CFA ont été convertis en DTS aux taux suivants : 1974, 289,20 francs CFA= 1 DTS ; 1975, 260,22 francs CFA= 1 DTS ; et 1976, 275,69 francs CFA= 1 DTS.)


En 1975, le total des exportations a progressé de 44 pour 100 (soit 31 millions de DTS), du fait de diverses fluctuations des prix et des volumes. Les recettes d’exportation tirées de l’uranium ont plus que doublé en raison du doublement des prix et de l’accroissement du volume exporté. Les exportations d’arachides ont augmenté et amplement compensé la baisse des cours de ce produit, cependant que le total des recettes d’exportation de bétail et de produits dérivés diminuait, la hausse des prix n’ayant pas entièrement compensé la baisse du volume. Le très net ralentissement de la croissance du PIB et la diminution des besoins d’aide d’urgence ont entraîné une baisse de 14 pour 100 (soit 22 millions de DTS) de la valeur des importations. Les entrées de capitaux et les transferts ont diminué de plus de 50 pour 100. En 1976, les exportations ont régressé de quelque 5 pour 100 : si aucune exportation d’arachides n’a eu lieu cette année-là, en raison de la perte de la récolte à la fin de 1975, les exportations d’uranium et de bétail se sont accrues. Les importations ont augmenté de 6 pour 100 en 1975, en grande partie du fait d’achats d’urgence de céréales et de semences.



27 juin 1977



FMI, Département Afrique



Niger : produit intérieur brut
(au prix de 1972 : 1972=100)






1973


1974


1975


1976



Secteur rural


69


88


80


105



Industries extractives


109


129


150


184



Industries et services


119


103


119


122



Commerce


98


105


116


128



Service public


96


100


98


113



Indice des prix à la consommation
(consommation de
la population africaine)


112


115


126


132



(milliards de francs CFA)



PIB total


93,5


103,3


104,4


123,9



(variation en pourcentage)



Variation annuelle, en
pourcentage



- 14,0


10,5


1,1


18,7



Données : Estimations établies par les services du Fonds à l’aide des données fournies par les autorités nigériennes



Niger : situation monétaire






1973


1974


1975


1976Estimations des services du Fonds.



Avoirs extérieurs (nets)


11,9


10,7


11,0


14,8



Avoirs extérieurs (nets)


11,9


10,7


11,0


14,8



Crédit intérieur


9,1


13,8


17,1


23,8



Créances sur le secteur public
(nettes)



- 3,4



- 7,2



- 11,5



- 10,5



Créances sur le secteur privé


12,5


21,0


28,5


34,3



Monnaie


13,6


17,6


20,1



Dépôts à terme


1,9


2,7


2,2


32,3



(variation en pourcentage)



Crédit intérieur


25,5


52,5


23,4


39,5



Secteur privé


16,7


68,3


36,1


20,2



Monnaie et quasi-monnaie


20,2


31,1


9,8


44,8



Données : BCEAO et estimations des services du Fonds



Niger : balance des paiements
(millions de DTS)






1973


1974


1975Estimations des services du Fonds.


1976Estimations des services du Fonds.



Exportations, f.o.b.


83,5


67,8


102,5


97,6



Importations c.a.f.



- 117,3



- 160,8



- 138,6



- 146,6



Balance commerciale


-33,8


-93,0


-36,1


-49,0



Services (nets)



- 2,9



- 4,0



- 14,6



- 24,3



Balance des biens et services


-36,7


-97,0


-50,7


-73,3



Trasferts sans contrepartie
(nets)


57,4


85,9


44,2


49,4



Capitaux non monétaires (nets)



- 2,2


21,3


8,1


38,1



Capitaux monétaires


0,6



- 1,9


3,8



- 4,1



Erreurs et omissions


15,2



- 13,8



- 



- 




Excédent ou déficit global (net)


3,9


-5,5


5,3


10,1



Réserves nettes
(accroissement -)



- 3,9


5,5



- 5,3



- 10,1



Réserves officielles en devises
(brutes)


41,1


37,2


42,9


71,0



Données : BCEAO et estimations des services du Fonds.

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