U-003-158

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















La vie économique et sociale

Le 4.8.77.

M. Pierre Guillaumat quitte la présidence de l’ÉRAP
Trente-trois ans de pouvoir .


M. Pierre Guillaumat , qui aura soixante-huit ans le 5 août , va quitter les présidences de l’ÉRAP et de la société nationale Elf - Aquitaine . Son successeur , dont la nomination était attendue en conseil des ministres , devrait être M. Albin Chalandon . L’ancien ministre de l’équipement , qui s’était vu confier en février 1976 par le président de la République une mission sur les approvisionnements en pétrole de la France , avait renoncé à son mandat de député pour la poursuivre . Il a été reçu mardi par M. Giscard d’Estaing .


Lorsqu’il est nommé à la tête du Bureau de recherches du pétrole (B.R.P.) en 1945 , ça fils de général d’armée estime que la faiblesse de la France entre les deux guerres a eu pour origine l’absence de maîtrise des sources d’énergie . De ce lien entre l’indépendance nationale et l’approvisionnement énergétique , il convainc le général de Gaulle . N’est-ce pas ce dernier qui crée le C.E.A. et le B.R.P. point de départ , selon M. Guillauomat , d’une politique énergétique tournée vers l’avenir ?


Quinze années durant , cet « X-Mines » va patiemment mettre en place un outil de recherche et de production , former des équipes et chercher du pétrole puisque l’autre entreprise pétrolière nationale , la Compagnie des pétroles , se contente alors d’être le partenaire peu actif des « majors » de l’industrie pétrolière . Comme il est marqué par ses premiers postes comme chef du service des mines en Indochine d’abord , puis en Tunisie . M. Guillaumat pense tout naturellement que la France d’outre-mer doit être la lieu de recherche privilégié . Après Lasq (1949) sont ainsi découverts Hassi-Messaoud (1956), puis des gisements au Congo et au Gabon . La politique du président du B.R.P. est un succès : en 1960 , la France dispose d’approvisionnement sûrs qui se payent en francs .


Produire et vendre


Mais la décolonisation , d’une part , les difficultés d’écoulement de la production , d’autre part , vont amener M. Guillaumat à élargir les activités de son groupe au secteur du raffinage et de la distribution , a diversifier ses approvisionnements et à consolider l’ensemble du secteur public ainsi constitué . La seconde phase de son action occupera plus de quinze ans .


Profitant de ce que certaines sociétés telle Caltex étaient lasses de faire du raffinage et de la distribution en France , l’Union générale des pétroles (U.G.P.), dont M. Guillaumat devient président en 1962, va prendre la relève . «  Il s’agissait de vendre intelligemment sa production  » , dit-il . Les pétroliers aiment à répéter que l’argent se gagne a la tête du puits et à la pompe . Les sociétés publiques françaises se trouvaient désormais sur deux points névralgiques . Il leur restait à rationaliser leurs activités et à disposer d’un groupe d’une taille permettant de procéder aux énormes investissements
des approvisionnements . En 1965 est créée sous la présidence de M. Guillaumat . L’Entreprises de recherches et d’activités pétrolières (ERAP), qui réunit deux organismes de recherches (B.R.P. et Régle autonome des pétroles) et dont l’U.G.P. devient une filiale . Si on laisse subsister de manière autonome la Société nationale des pétroles d’Aquitaine (S.N.P.A.)- où les capitaux d’Etat sont majoritaires et dont le président n’est autres et dont le président n’est autre que M. Guillaumat , - c’est pour ne pas inquiéter les actionnaires privés . Mais déjà on pence à son intégration au groupe . Ce sera chose faite dix ans plus tard par la fusion des actifs industriels d’Elf-ERAP et le S.N.P.A. , qui provoques quelques remous . Le président de la société nationale d’Elf-Aquitaine n’a jamais été un fervent partisan des nationalisations . Partout ou le secteur privé peut agir il est d’avis de le laisser faire . Et déjà lorsqu’il était
à la tête du C.E.A. , il avait passé les premiers contrats nucléaires avec l’industrie privée .


Entre-temps l’ERAP avait mis au point un contrat d’association avec l’Algérie (1965) , plus un contrat d’agence avec l’Iran (1965) . Et , lorsqu’en 1967 l’Irak avait choisi de confier la prospection et l’exploitation à des sociétés d’Etat , elle s’était tout naturellement tournée vers la compagnie française , au grand dam des « sept sœurs  » qui entendaient boycotter la politique pétrolière nationaliste de Bagdad .


La nationalisation du pétrole algérien en 1971 , après l’échec de la révision des accords pétroliers franco-algériens fut une épreuve pour cet homme qui avait fondé l’essentiel de sa politique sur ce territoire et pour son groupe qui voyait ça production de pétrole brut tomber de 23 à 13 millions de tonnes par an et ses revenus pétroliers diminuer de 200 millions de francs . « Comment voulez-vous que je sois impartial avec les Algériens ?  » , a dit lui-même un jour M. Guillaumat , tout en ajoutant : «  Nous avons suffisamment prévu l’événement pour surmonter l’épreuve correctement .  » Ce n’était pas , sauf erreur , l’avis de M. Pompidou .


Les limites
de l’indépendance


Aujourd’hui , la situation du groupe , créé et façonné par celui que son tempérament impérieux avait fait appeler le «  tsar de l’énergie » est florissante . En 1976 son chiffre d’affaires a été de 36 milliards de francs , sa marge brute d’autofinancements de 49 milliards et ses investissements de 9 milliards . Il tire ses approvisionnements de régions aussi diverses que la mer du Nord , le golfe de Gabés , l’Irak il a produit 20 millions de tonnes de pétrole (un sixième des besoins français ) , et 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel . Sa flotte est composé de trente-six navires . Sa capacité annuelle de raffinage est de 43,8 millions de tonnes dans le monde , et il dispose en Europe de treize mille station services . Comme chef d’entreprise qui pourrait mettre en doute la réussite de M. Guillaumat ?


A réussite exceptionnelle , puissance exceptionnelle . Le rôle de M. Pierre Guillaumat dans l’infléchissement de la politique énergétique française a été considérable . «  Homme du pétrole  » - dont il a longtemps cru qu’il resterait bon marché - il a été l’un de ceux qui ont imposé l’abandon progressif du charbon au profit du fuel , avec toutes conséquences que cela a entraînées .


S’il n’évoque guère cette influence occulte , il aime , en revanche , rappeler son rôle de défricheur . « Nous avons été les premiers dans les désert africain . Nous avons commencé des recherches au Gabon et au Congo avant qu’elles ne démarrent au Nigeria . » En matière de contrat , il a aussi innové avec l’Algérie en 1965 ou avec le Vietnam en 1977 . Et dans la prospection off shore , la technologie d’ELF-Aquitaine est parmi les plus avancées du monde . Mais , comme il ne répète souvent . « la politique pétrolière est avant tout un rapport de forces .  » La France , pour mener une politique indépendante , est-elle assez puissante ?


S’il a très tôt affirmé la nécessité de la loi de 1928 et de la protection des marchés nationaux face aux groupes internationaux principalement américains , M. Guillaumat a dû parfois s’aligner sur ceux-ci . On imagine son irritation lorsqu’il a lu dans le rapport Schvartz qu’ « a partir du moment où ELF-ERAP est entrée dans l’Union des chambres syndicales de l’industrie pétrolière , elle a eu une attitude analogue a celle des autres firmes pétrolières en matière de mécanismes anticoncurrentiels , lorsqu’elle n’a pas pesé pour les mettre en place .  »


De même s’il a été l’un des premiers à voir le danger pour l’Europe d’une alliance entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite («  C’est évidemment le consommateur européen , qui , en définitive réglera la note ») n comment aurait-il pu s’y opposer ?


Face aux multinationales , les sociétés d’Etat européennes manquent principalement de sources d’énergie nationale . M. Guillaumat s’est d’ailleurs battu à de nombreuses reprises pour qu’en ne rogne pas la rentre fournie par la seul source française d’importance , le gaz de Lacq . Mais , homme de l’« empire français » . Il a vu la ses plus grands projets échouer avec la fin de celui-ci .


En 1977 , la France reste fortement dépendante des « majors » de l’industrie pétrolière pour son approvisionnement et paye un grande partie son pétrole en dollars . Ce déficit commercial , engendré par les importations énergétiques , qui avait fait la faiblesse de la France avant 1945 , il n’a pu empêcher qu’il ne s’aggrave . Tel sera sans doute l’un des regrets de M. Guillaumat . Comme le sera aussi , peut-être , le fait d’être remplacé par un « etranger au service » , alors que depuis plus de trente ans , avec MM. Blabchard . Boiteux , Demargne , Desprairies , Giraud , Levy , Rutman et bien d’autres , il a formé bon nombre des hommes qui sont aujourd’hui aux postes-clefs de l’énergie en France .


Bruno Dethomas

A L’ÉTRANGER
En Allemagne fédérale


LE DÉFICIT
DE LA BALANCE DES PAIEMENTS
S’EXPLIQUE
PAR DES GROS INVESTISSEMENTS
A L’ÉTRANGER


La balance des paiements de l’Allemagne de l’Ouest a été déficitaire de 130 millions de deutschemarks (277 millions de francs ) en juin , après l’avoir été de 363 millions (816 millions de francs ) en mai . En juin 1976 , la balance des paiements de l’Allemagne de l’Ouest avait , au contraire été excédentaire de 98 millions de deutschemarks (208,7 millions de francs ).


La balance des paiements courants a vu son excédent se réduire en juin : 760 millions de deutschemarks (1 619 millions de francs) contre 1 651 millions en mai (3 517 millions de francs ). Cependant , l’excédent de juin 1977 reste nettement supérieur a celui de juin 1976 , qui avait été de 221 millions de deutschemarks (471 millions de francs) .


En fait , c’est la balance des capitaux à long terme qui explique la détérioration de la balance des paiements allemande par rapport à l’année dernière . En juin 1977 , le déficit de la balance des capitaux à long terme a atteint 2 224 millions de deutschemarks (4 780 millions de francs ) , contre un excédent de 1 188 millions de deutschemerks (2 530 millions de francs .


Au cours du premier semestre 1977 , la balance générale des paiements laisse ainsi apparaître un déficit de 813 millions de de deutschemarks (1 731 millions de francs ) au cours de la période correspondante de 1976 . La balance des paiements courants conserve à peu près le même excédent qu’au cours du premier semestre 1976 ; 5 379 millions de francs deutschemarks (11 457 millions de francs). Mais la balance des capitaux à long terme voit son déficit s’aggraver : 8 141 millions de deutschemarks contre 893 millions au premier semestre 1976 . Cette évolution ne doit pas surprendre . Elle s’explique par le investissements des industriels allemande à l’étranger , investissements qui ont atteint 9,5 milliards de deutschemarks en 1974 , 23 milliards en 1975 et 17,5 milliards en 1976 .


LE CONGRÈS AMÉRICAIN
APPROUVE LA CRÉATION
D’UN DÉPARTEMENT
DE L’ÉNERGIE

Le 4.8.77


Washington (A.F.P. ), - Par 76 voix contre 14 , le Sénat des Etats-Unis a ratifié , le mardi 2 août , la création d’un département de l’énergie au sein du porte le nombre des l’énergie au sein du gouvernement fédéral , ce qui porte le nombre des ministères (departments) constituant le cabinet présidentiel de onze a douze . Quelques heures plus tôt , la Chambre des représentants avait adopte le projet à la majorité de 353 voix contre 57.


Il est prévu que le nouveau département fonctionnera a partir du 1er octobre . Il regroupera tous les services fédéraux s’occupant jusqu’ici des problèmes de l’énergie , y compris l’agence autonome chargée de réglementer l’énergie hydro-électrique (Federal Power Commission , instituée en 1920), ce qui représente un personnel d’environ vingt mille fonctionnaires et employés . Son budget annuel dépassera les 10 milliards de dollars (environ 50 milliards de francs ).


Il ne fait aucun doute que M. James Schlesinger , déjà conseiller du président pour les questions d’énergie , sera placé a la têt du département .

République Algérienne Démocratique et Populaire
MINISTRE DE L’HYDRAULIQUE ,
DE LA MISE EN VALEUR DES TERRES
ET DE L’ENVIRONNEMENT
AVIS D’APPEL D’OFFRES INTERNATIONAL
FAITS ET CHIFFRES


Monnaies


Le dollar australien a été dévalué de 1,5 % par rapport au dollar . Cette mesure est destinée à mettre fin aux évasions de capitaux observées au cours des derniers mois , la spéculation s’étant développée en raison de la chute continue des réserves en devises étrangères du pays . (A.F.P. Reuter.


M.Léo Van Houtven , qui dirigeait depuis 1974 le bureau parisien du Fonds monétaire international , a été nommé , mardi 2 août , secrétaire de cette organisation internationale dont le siège est a Washington . De nationalité belge M. Van Houtven succède à M.Lawrence Hebbard , qui a pris sa retraite en mars dernier . - (A.F.P. )


Sidérurgie


La direction de Bethlehem Steet a indiqué , mardi 2 août , qu’elle serait obligée de mettre à pied sept mille ouvriers à Johnstown (Pennsylvante) , si elle devait à la fois honorer ses investissements pour la défense de l’environnement et reconstruire ses usines endommagées par les inondations qui ont récemment ravagé la petite ville .


La firme américaine précise , que même si elle obtenait un délai de deux ans pour la mise en application auxquels elle est tenue et dont le coût se chiffre à 162 millions de dollars , l’emploi de trois mille cinq cents personnes serait menacé . - ( A.F.P.)


AVIS FINANCIERS
DES SOCIÉTÉS


CREDIT LYONNAIS
EUROPARTENAIRES :

De Dietrich


Au cours du premier semestre 1977 , le chiffre d’affaires , hors taxes , atteint 512 millions de francs marquant une progression de 4% par rapport à celui de la même période de l’exercice précédant .


A la juin 1977 , les ventes a l’exportation , qui s’élèvent à 89 millions de francs , représentent 17,4% du montant de cette période.

SIMCO


Le montant des loyers émis par la société au cours du deuxième trimestre de l’année 1977 s’élève a 21 828 469 F contre 20 444 067 F pour le deuxième trimestre 1976 .


Ce montant ne tient pas compte des sommes a recevoir au titre de la garantie en raison du blocage des foyers pour le deuxième trimestre .

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