
L’extraction de l’uranium
va reprendre en Australie
Canberra (Reuter ). Le gouvernement australien a autorisé , lundi 15 août , la reprise de l’exportation du minéral d’uranium . L’exploitation des vastes gisements australiens avait été « gelée » par l’administration précédente , travailliste . Il y a quatre ans.
Le gouvernement a décide de créer un conseil de surveillance de l’uranium , qui sera chargé de la coordination des activités de l’industrie . La reprise de l’exploitation a été décidée après une enquête, qui duré un an , sur les conséquences de l’extraction pour les populations du Nord-Ouest Région de faible densité humaine , le Queensland recèle dans son sous-soi la plus grande partie des gisements australiens . Au cours des quatre dernières années , seule la mine Mary Kathleen a continué d’être exploitée . L’Australie a exporté pendant ce temps de faibles quantités d’uranium , pour honorer les quelques contrats signés avant l’entrée en vigueur de l’interdiction d’exploitation .
Une autre enquête portant sur les conséquences écologiques de l’extraction devra être achevée sur chaque gisement avant que l’extraction ne reprenne effectivement .
Une commission écologique désignée par le gouvernement australien par le gouvernement australien a donnée une approbation prudente et nuancée à la reprise de l’exploitation dans le territoire du Nord . Dans deux rapports d’octobre et de mai derniers , elle demandait notamment que l’ensemble du territoire soit déclaré parc national pour permettre à la population aborigène de conserver ses droits ancestraux à la terre et d’être intéresse a l’extraction du minéral d’uranium .
On s’attend que , l’opposition travailliste critique la décision du gouvernement .
Les syndicats ont déjà déclaré qu’ils boycotteraient les exportations .
(La décision australienne d’aller de l’avant dans l’exploitation de ses gisements d’uranium est importante car les réserves de ce continent sont considérables . La valeur de de l’uranium contenu dans ces réserves atteindrait au prix actuel 50 milliards de dollars , soit 4 000 dollars par habitant (en supposant que cette valeur soit uniformément répartie ). Le marché mondial de ce métal (en particulier son pris ) pourrait s’en trouver modifié .
La décision australienne s’est pas une surprise puisque le premier ministre , M. Fraser , envisageait de vendre de l’uranium à la Communauté européenne et notamment a la France , comme il l’a indique lors de son voyage en Europe au mois de juin dernier ? Mais il se heurte dans son pays à une oppositions résolue des écologistes soutenus par ses adversaires politiques travaillistes . L’exploitation de l’uranium est en effet , devenue un sujet de polémique intense en Australie . Des représentants travaillistes ont même déclaré récemment qu’ils dénonceraient les contrats de livraisons d’uranium s’ils parvenaient au pourvoir.)
M. Hans Matthôfer , ministre de recherche scientifique de la République fédérale d’Allemagne , vient de répéter dans une interview publiée dans Der Spiegel , le 15 août , que le débat nucléaire allait probablement « se terminer par une décision qui consistera à retarder la construction de centrales nucléaires » jusqu’à l’obtention d’une autorisation de construction d’une usine de retraitement .
M. Matthôfer se déclare toujours opposé personnellement a un moratoire « qui ne serait pas de deux mais de six ans ou plus », dit-il . « Je constate que des décisions vont être prises que je peux simplement influencer mais non empêcher . »
Devant le danger qu’entraînerait « une pause » tant pour la croissance que pour le chômage , le ministre fédéral de la recherche scientifique définit un triple objectif : « Premièrement , la question doit être discutée de façon approfondie avant et pendant le congrès du S.P.D. Deuxièmement , tout le monde être conscient des conséquences d’une telle décision . Troisièmement , le gouvernement fédéral doit se préparer à temps dans le domaine de la politique énergétique aux décision éventuelles de ce congrès afin , en cas de besoin , d’en tirer les conséquences négatives. »
A Matthôfer confirme donc simplement que les avis sont partagés au sein de la coalition gouvernementale sur la nécessité de poursuivre le programme d’équipement nucléaires .
Déjà , lors d’une conférence sur l’énergie organisée à la fin du mois d’avril par le S.P.D. , M. Eppler , ancien ministre de la coopération , avait demandé « une pause de réflexion », alors que le chancelier Schmidt s’était prononce contre l’arrêt de la construction des centrales nucléaires . M. Matthöfer ne caché pas qu’il ne désespéré pas d’obtenir par la relance du débat quelques semaines avant les congres des partis de la coalition une décision qui « laisse les mais libres au gouvernement »
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