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Le Japon a entrepris la construction
d’une usine d’enrichissement de l’uranium


De notre correspondant

Le 16.8.77


Tokyo . - Le Japon a commence la construction de sa première usine d’enrichissement de l’uranium dans la région d’Okayama , au sud-ouest de Tokyo . L’usine , d’un coût de 181 millions de dollars , a été commandée par la Corporation pour le développement de l’énergie nucléaire , organisme public . Elle doit être achevée en 1979 et sera mise en activité deux ans plus tard .


L’usine pourra produire , selon la méthode de la séparation par centrifugation , de l’uranium enrichi à 3% . Sa capacité annuelle sera de 10 tonnes . Cette quantité est suffisante pour alimenter une centrale nucléaire d’une puissance de 300 MW. L’uranium naturel utilisé proviendra de la mine voisine de Ningyo .


La Corporation pour le développement de l’énergie nucléaire fait depuis 1973 des expériences sur la production d’uranium enrichi selon la méthode de centrifugation à l’usine de Tokaimura , située dans la région d’Ibaraki . Cette usine , construite par la France , est destinée au retraitement du combustible nucléaire . En raison d’un veto américain , elle n’a pu être mise en activité en juillet comme prévu . Une mission d’experts américaines s’était rendue , le mois dernier , sur place pour examiner les possibilités de retraiter le combustible nucléaire sans séparer totalement le plutonium de l’uranium ( mes Etats-Unis , conformément à la politique définie par M. Carter , s’opposent , en effet , à l’extraction du plutonium , qui peut servir à la fabrication d’armes nucléaires ). Pour l’instant , aucun accords n’est intervenu . Une « troisième phase » de négociations devrait avoir lieu prochainement a Tokyo entre Américains et Japonais avec la venue de M. Smith , récemment nommé représentant spécial du président Carter pour les questions de non-prolifération . Bien qu’ils continuent a afficher un certain optimisme , les Japonais sont conscients que la position américaine n’a pas varié .


Développer à Tokaimura une technologie qui permette de retraiter le combustible irradié sans produire de plutonium , procédé qui en est encore à son stade expérimental , supposerait une transformation de l’usine qui retarderait son ouverture de trois à quatre ans .


Les Japonais espèrent que leur usine d’enrichissement d’Okayama - dont le projet est ancien , mais avait été retardé par les exigences de sécurité formulées par les autorités préfectorales - leur permettra de se dégager quelque peut de la dépendance des Etats-Unis pour leur approvisionnement en uranium enrichi . Aux termes de l’accord signé entre les deux pays en 1958 , Washington a un « droit de suite » sur l’uranium enrichi qu’il fournit au Japon et peut notamment s’opposer à son retraitement : c’est ce qui se produit dans le cas de Tokaimura .


PHILIPPE PONS .

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