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... LE MONDE - 26 août 1977 - Page 3

DIPLOMATIE


Pretoria envisage toujours de signer le traité
sur la non-prolifération des armes nucléaires
déclare M.Vorster


De notre correspondante


Johannesburg. - "Je souhaite dire, avec tout le sérieux possible et en toute humilité, que si le monde continue à jouer un double jeu, il arrivera un moment où l’Afrique du Sud, si petite soit-elle, dira : cela suffit, nous nous de vos menaces." A l’occasion de son discours de clôture du congrès du parti national pour la province du Cap, mercredi 24 août, le premier ministre, M.John Vorster, a répondu aux déclarations de l’Union soviétique, des Etats-Unis et de plusieurs pays européens, dont la France, s’inquiétant de possibles explosions nucléaires. "Nous ne cessons de réaffirmer que l’Afrique du Sud défend l’idéal d’une énergie nucléaire utilisée à des fins pacifiques", a-t-il déclaré, avant d’accuser à son tour le monde extérieur d’avoir permis l’exclusion de son pays de l’Agence internationale pour l’énergie atomique.


"Nos savants ont mis au point un procédé d’enrichissement de l’uranium. Nous l’avons offert à des pays pacifiques et à d’autres, pour une utilisation pacifique.
Mais nous avons été ignorés."



En juillet dernier, bien que nous soyons un grand producteur d’uranium, que nous ayons développé notre propre procédé d’enrichissement, et que nous soyons membre fondateur de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, nous avons été exclus de celle-ci et remplacés par l’Egypte..."


Malgré tout, a ajouté le premier ministre, l’Afrique du Sud continue à envisager de signer le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et serait prête à en discuter avec les Etats-Unis, qui pressent. Pretoria d’agir en ce sens... "Mais, au moment des discussions, nous demanderons aux Etats-Unis quelles assurances ils possèdent sur l’adhésion des autres pays au traité."


Citant les puissances atomiques n’ayant toujours pas signé le traité, le ministre a observé une pause après avoir prononcé le nom de la France et a commenté : "Toi aussi Brutus..."


M.Vorster a également interpellé les Etats-Unis pour souligner le fait que ceux-ci n’ont pas encore fourni à l’Afrique du Sud le combustible nucléaire commandé il y a deux ans et payé en temps voulu. "cela malgré la promesse que les résidus du combustible consommé seraient renvoyés aux Etats-Unis".


M.Vorster a, d’autre part, indiqué publiquement les grandes lignes du projet de modification de la Constitution (le Monde du 23 août) : "Les grandes lignes seulement, car les discussions se tiennent à huis clos avec les Métis et les Indiens", a-t-il précisé.


Il y aura, si le plan est adopté, trois Parlements : un pour les Indiens, un pour les Blancs et un pour les Métis. Chaque communauté aura son propre premier ministre et son cabinet. "Le Senat, tel qu’il existe actuellement, devra donc disparaître", a dit M.Vorster, "Les Parlements auront des pouvoirs exclusifs en ce qui concerne les affaires de leur communauté." Toutes les autres affaires seront traitées par un conseil de cabinet. Chaque Assemblée sera avertie des intentions du conseil et pourra donner son avis. "Un président de la République sera élu par un collège électoral formé de membres des
différentes Assemblées. Il sera président du conseil de cabinet et prendra une part active à la vie politique."



Un conseil d’experts est également envisagé. Il n’aura pas de pouvoir législatif, et ses membres ne devront pas être des représentants de partis politiques. "Ils donneront des conseils aux Parlements et au président", a expliqué M.Vorster.


L’opposition blanche à déjà manifesté à plusieurs reprises son hostilité à un projet qui n’inclut pas les Noirs urbanisés. Le Progressive Reform Party attaque plus précisément le gouvernement sur la procédure suivie.


Les Africains ont, dès le premier jour, fait savoir qu’ils condamnaient une solution qui rejette la majorité de la population sud-africaine.


L’opposition gagne également les Métis et les Indiens. Après un premier mouvement en faveur de l’initiative gouvernementale, le parti travailliste métis de M.Sonny Leon et du révérend Hendricks demande, en effet, que les Noirs soient inclus dans le projet.


CHRISTIANE CHOMBEAU.

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