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11/5/77

LA COURSE AU NUCLEAIRE


Le développement de l’ énergie nucléaire apparaît de plus en plus inéluctable. Les sources d’ énergie fossiles - et particulièrement le pétrole - ayant une durée de vie limitée, la fission de l’ atome fait figure, dans la plupart des pays, de solution valable, à moyen terme au moins, aux problèmes d’ approvisionnement énergétique.


Le recours de plus en plus large au nucléaire soulève cependant de grandes difficultés. L’ opinion n’ accepte plus, comme autrefois, de se voir imposer des choix dont elle s’ inquiète parfois. Les scientifiques n’ échappent au débat. Les participants à la conférence nucléaire de Salzbourg ont pu entendre, lundi 9 mai, l’ Américain Hans Bethe, prix Nobel de physique (1967), se prononcer pour un développement de cette forme d’ énergie, tout en condamnant "l’ exaspération, la démagogie et le caractère émotionnel qui caractérisant le débat nucléaire", tandis que le Suédois Hannes Altven, également prix Nobel de physique (1970), affirmait que la technologie nucléaire, au moins dans sa forme actuelle, "est dépassée et doit être abandonnée le plus tôt possible".


La série d’ articles dont nous commençons la publication a pour objet de dresser un rapide tableau de ce développement : on verra que, partout ou presque, il a été considérablement freiné, tant par des problèmes économiques que par des considérations politiques ou liées aux problèmes de l’ environnement.

I. - Un club de moins en moins fermé


Par BRUNO DETHOMAS


Face à une possible pénurie de pétrole et pour éviter de trop dépendre des pays de l’ OPEP, les Occidentaux n’ ont guère trouvé jusqu’à présent d’ autre parade que la fission de l’ atome. La recherche, depuis vingt ans, a négligé, du coup, les énergies nouvelles (solaire, géothermie, etc), et "l’ utilisation pacifique de l’ atome" n’ a pas cessé de se développer.


En 1960, cinq pays - République fédérale d’ Allemagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Union soviétique et France, - disposaient de vingt-deux réacteurs représentant une puissance électrique totale de 1 141 mégawatts-électriques Mégawatt : 1 million de watts (puissance de la centrale disponible à la sortie de l’ alternateur). . En 1970, quatre-vingt-dix-neuf réacteurs d’ une puissance installée de 22 766 MW fonctionnaient dans quinze pays. En 1976, on dénombre cent unités supplémentaires et les réacteurs de dix-neuf pays ont une puissance de plus de 99 000 MW. Cette année, l’ Autriche, la Corée du Sud, la Finlande, Taiwan vont rejoindre ce club de moins en moins fermé. Bientôt l’ Afrique du Sud, le Brésil, Cuba, l’ Iran et le Mexique en seront membres, suivis par beaucoup d’ autres pays.


Le quintuplement du prix du pétrole au cours de ces trois dernières années a encore fourni des arguments aux tenants de cette énergie. En Europe, depuis 1973, la plupart des pays capables de mener un programme nucléaire ont révisé en hausse leurs objectifs. Alors que la part de l’ atome dans la consommation globale d’ énergie est dans la majorité des cas minime, la France a décidé de faire passer ce taux à 23% en 1985, l’ Espagne à 22%, la Suisse à 17% et la République fédérale d’ Allemagne à 16%. Au Japon, on prévoyait encore, il y a un an, de passer de 7 500 MW installés en 1975 à plus de 35 000 MW dix ans plus tard.


Ces décisions ne faisaient que suivre les recommandations de l’ O.C.D.E. Dans ses "perspectives énergétiques mondiales" elle estime que "si les pays industrialisés ne modifient pas leurs politiques actuelles concernant le développement de l’ offre intérieure et des économies d’ énergie, leur demande d’ énergie continuera de s’ accroître".


Selon cette étude, malgré un taux de croissance économique relativement faible (4,2% par an) et de sévères économies d’ énergie dans les pays membres, ceux-ci verront leur demande de pétrole passer de 24 à 35 millions de barils par jour, de 1975 à 1985. Comme la consommation du tiers-monde augmentera de manière beaucoup plus importante encore, à défaut de la découverte de nouveaux gisements certaines tensions pourraient apparaître sur le marché.


(Lire la suite page 18.)

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