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    2009.















SCIENCES


vu 6.5.77


Un procédé français d’enrichissement de l’uraniium
permettrait d’éviter la pprolifération nucléaire.


Le conseil supérieur de politique nucléaire extérieure s’est réuni ce jeudi 5 mai dans la matinée, à l’ Élisée, sous la présidence de M. Valéry Giscard d’ Estaing.


Publié au terme de cette réunion, un communiqué a annoncé que le Commissariat français à l’énergie atomique (C.E.A.) avait mis au point un nouveau procédé d’enrichissement de l’uranium, interdisant toute utilisation militaire.


Selon ce communiqué, M. Giraud, administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique, a informé le conseil que, à la suite de travaux effectués depuis quelques années, il a été mis au point par la Fance un nouveau procédé d’enrichissement de l’uranium qui a l’avantage de permettre la production d’uranium faiblement enrichi propre à l’alimentation des centrales nucléaires, sans pouvoir être utilisé en pratique pour celle d’uranium hautement enrichi employé pour les armes.


L’administrateur général du C.E.A. exposera, à l’occasion de la conférence de Salzbourg les conditions dans lesquelles ce procédé pourrait faire l’objet d’une coopération internationale.

Une technique d’échanges chimiques ?


De notre envoyé spécial


Salzbourg. - Selon toute évidence, le procédé d’enrichissement mis au point par la France est un procédé dit " d’échanges chimiques " dont M. Frejaques, du Commissariat à l’énergie atomique, a donné les grandes lignes dans une communication qu’il a faite mardi 3 mai, à la conférence nucléaire de Salzbourg ( le Monde du 5 mai). ces techniques sont fondées sur un équilibre thermodynamique irreversible, dans un milieu liquide, et utilises les appareils courants dans l’indutrie chimique : selon le chercheur français elles demandent " une technologie moins sophistiquée que les autres procédés de séparation isotopique connus" et sont " facilement industrialisables en grande dimension".


Il y a plusieurs années que de telles méthodes sont étudiées en France et ailleurs. Jusqu’ici les solutions trouvées étaient pénalisées par de longs "delais d’attente" nécessaires avant que soit obtenu l’équilibre chimique permettant ensuite l’extraction de l’uranium enrichi, et par l’immobilisation de grandes quantités d’uranium. La France aurait donc, s’il s’agit d’un procédé de cette famille ( M. Frejaques a fait allusion à des recherches sur des composés spéciaux d’uranium dits " composés couronnes") trouvé un moyen nouveau permettant de s’affranchir de ses handicaps.


Dans son intervention M. frejaques a souligné que, du point de vue de la dissémination, les procédés d’échange chimique sont "très attractifs"  : comme il s’agit de procédés utilisant la phase liquide, on peut employer des appareils de grande dimenssion pour obtenir de l’uranium enrichi à 3 %, ce qui devient impossible si l’on cherche à obtenir de hauts degrés d’enrichissement (90 % ou plus) en raison des risques de réaction en chaine. Et " les temps d’équilibre nécessaires pour obtenir du 90 % sont rédhibitoires alors que ceux relatifs à une production d’uranium à 3 % peuvent être très acceptables."


Il n’est pas sûr que la délégation française donne beaucoup de précisions techniques à la conférence de Salzbourg. Ce qui est certain, au contraire, c’est que l’exposé que M. Giraud fera vendredi en fin de matinée sera écouté avec beaucoup d’attention. La France mettra-t-elle cette nouvelle technique à la disposition des pays intéressés, sous forme, par exmple, d’accords de licence ? Proposera-t-elle aux partenaires éventuels la mise en place d’une organisation internationale avec prises de participation (comme elle l’a fait pour la mise au point des usines d’enrichissement d’ Eurodif ou de Coredif ?) Les propos de M. Giraud permettront en principe, d’y voir plus clair.


XAVIER WEEGER

Du laboratoire à l’industrie


Il existe théoriquement un très grand nombre de procédés de séparation isotopisue : il suffit de trouver un phénomène physique ou chimique qui ne joue pas exactement de la même manière sur le deux isotopes que l’on veut séparer. Dans la cas de l’uranium, les deux isotopes ont des masses très voisines : 235 et 238. Les différences de comportement sont donc toujours très faibles.


Un seul procédé est actuellement utilisé industriellement : la diffusion gazeuse. Un composé gazeux de l’uranium (l’hexafluorure) contenant les deux isotopes est contraint de traverser une barrière poreuse (diffusion à travers la barrière). Les duex isotopes qui n’ont pas tout à fait la même masse, traversent la barrière à des vitesses légèrement différentes.


Ce procédé doit être répété un grand nombre de fois pour obtenir une teneur de plus en plus élevée en uranium 235 fissile. Dans les usines civiles, on ne pousse pas la séparation jusqu’au bout. Les opérations sont arrêtées quand la teneur en uranium 235 est d’environ 3 %. Pour les besoins militaires, au contraire, le procédé est répété un plus grand nombre de fois jusqu’à l’obtention d’uranium 235 presque pur. Des usines de séparation isotopiques de ce type existent aux États-Unis, en U.R.S.S. et en France.


Deux autres méthodes sont actuellement en cours d’industrialisation.


L’ultracentrifugation, qui consiste à faire tourner rapidement un composé gazeux de l’uranium. Le molécules les plus lourdes (contenant l’uranium 238) sont envoyées vers l’extérieur, l’uranium 235 restant plus près du centre. Cette méthode existe à l’état de ptototype industriel en grande-Bretagne et aux Pays-Bas (avec l’assistance de l’ Allemagne fédérale). Le président Carter l’a recommandée pour l’avenir aux États-Unis.


L’emploi de tuyères. Un flux gazeux de composé d’uranium est forcé de se déplacer au voisinage d’une paroi courbe. Le composé lourd (uranium 238) suit une trajectoire moins courbe. Il est donc possible de la séparer de l’uranium 235. Ce procédé est utilisé apr l’ Afrique du Sud ets assez avancée pour annoncer la commercialisation d’uranium enrichi par ce procédé dans les années 80.


Bien d’autres systèmes sont envisagables. Rappelons celui qui a été utilisé par les Américains pour produire leur première bombe atomique. L’uranium 235 était séparé de l’uranium 238, atome par atome, dans un spectographe de masse spécial (calution).


Le laser est actuellement mis à contribution par de nombreux chercheurs dans ce domaine. Certains veulent utiliser la pression de radiation. D’autres ionisent avec un faiceau laser de fréquence bien précise uniquement l’un des deux isotopes. Il suffit alors de séparer atomes neutres et atomes ionisés, ce qui est très facile.


Certains font appel à des réactions chimique ou à des mises en solution qui se font à des vitesses légèrement differentes pour les deux isotopes. Des chercheurs ont préconisé l’emploi de résines échangeuses d’ions.


Pour autant qu’on le sache, tous ces procédés sont au stade de laboratoire. Il ne suffit pas qu’une méthode permette effectivement de séparer les isotopes. Il faut qu’elle la fasse dans des conditions satisfaisantes, c’est-à-dire économiques. Seul un prototype industriel à grande échelle permet de s’en assurer.


Le procédé annonce par la France aurait l’avantage non seulement d’être compétitif par rapport aux autres, mais de ne l’être que pour de faibles enrichissements. Ce qui limiye les risques de prolifération.


J-L. L

A Téhéran


vu 6.5.77


SIGNATURE D’UN ACCORD
SUR LE FINANCEMENT
DE DEUX CENTRALES


( De notre correspondant )


Téhéran. - Un accord sur le financement des deux centrales nucléaires que la France doit vendre à l’ Iran est intervenu le mercredi 4 mai à Téhéran à l’occasion de la quatrième réunion de la commission économique irano-française, M. Fourcade, ministre de l’équipement et de l’aménagement du territoire, a précisé, à l’occasion d’une conférence de presse tenue dans la capitale iranienne, que cet accord de financement ne faisait pas appel à une formule de troc (pétrole contre centrales). L’accord définitif devrait être signé dans quelques semaines, a-t-il ajouté, et les travaux commenceraient le 1er juin sur les rives du fleuve Karoun, à proximité de la ville d’ Ahzaz dans le sud de l’ Iran. Le coût des deux centrales de 900 M> dépassera 10 milliards de francs" a indiqué le ministre, se refusant à donner plus de précisions. Quant à la construction de six centrales nucléaires supplémentaires par la France, il s’agit encore que "d’une perspective pour l’avenir".


Bien que le contrat définitif reste encore à élaborer et à parapher, l’annoce de la signature de cet accord de finacement semble indiquer que la plupart des difficultés rencontrées depuis maintenant trois ans par les négociateurs français pour la fourniture des deux centrales nucléaires ont été surmontées. Ainsi, les prix initiaux présentés par Framatome (13,1 milliards de francs) est jugés exessifs par les Iraniens, ont été sensiblement diminués : il se rapprocheraient de 10 milliards de francs. L’accord de financement dit porté sur la majeure partie du contrat : 8,6 milliards de francs. Ses modalités n’ont pas été révélées par M. Fourcade.


Pour ce qui concerne les six centrales nucléaires supplémentaires, on remarquera la prudence de M. Fourcade, qui parle de "perspectives pour l’avenir". Rappelons qu’en octobre 1976, à l’occasion de sa visite en Iran, M. Giscard d’ Estaing avait cité la construction de ces six centrales parmi " les accords de principe " réalisés lors de son voyage.


J-M. Q

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