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ENERGIE


2/5/77

Adversaires et partisans du plan Carter se mobilisent


De notre correspondant


Washington, - Le grand débat sur le plan énergétique n’a pas encore vraiment commencé, ni au Congrès ni devant l’opinion. Les parlementaires, tout comme les représentants des divers intérêts particuliers, doivent d’abord étudier dans tous les détails cet ensemble complexe de mesures dont les effets sont encore incertains avant d’arrêter leur attitude.


A dire vrai, le président Carter a marqué un point tactique important en assimilant les sacrifices impliqués par l’application de son programme à ceux du temps de guerre. Il a ainsi placé sur la défensive tous les mécontents soucieux de ne pas encourir le reproche de se préoccuper uniquement de leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général, bref de passer pour de mauvais patriotes ... Néanmoins, la mobilisation des divers lobbies et organisations de relations publiques a commencé. Face à ce qu’on appelle déjà la "gauche de l’énergie", qui réunit divers groupements comme le Public international Research Group de Ralph Nader, l’Energy Action, l’Environmental Action, l’Energy Policy Task Force, poursuivant des objectifs différents, mais se retrouvant sur le principe de la défense de l’intérêt public et de la qualité de la vie, se dresse la puissante coalition des intérêts pétroliers : l’American Petroleum Instititute, le Natural Gaz Supply Committee au service des compagnies productrices de gaz naturel, l’independant Petroleum Association, défendant plus particulièrement les intérêts des producteurs indépendants, sans oublier les représentants des "sept soeurs" , les sept grandes compagnies pétrolières... Ce dernier groupe dispose d’un large budget et s’efforce d’influencer non seulement les législateurs, mais aussi l’opinion en utilisant tous les médias, et trouvant sans difficulté les "économistes distingués" arrivant à des conclusions diamétralement opposées.


Les griefs ne manquent pas aux pétroliers dès lors que le président a trop misé sur la conservation au détriment des stimulants propres à encourager la production et l’exploration.


D’autre part, les constructeurs d’automobiles sont mécontents de la taxe proposée sur les grosses voitures "gaspilleuses" d’essence ; les dirigeants des charbonnages, de leur côté, affirment ne pouvoir augmenter leur production tant que les normes fixées pour la protection de leur environnement ne seront pas assouplies. Enfin, les écologistes, les premiers à avoir approuvé le président, redoutent maintenant un revirement.


Jusqu’à nouvel ordre, cependant, les divers groupes et organisations semblent observer une pause. Certaines réservent leur jugement, comme la centrale intersyndicale de l’A.F.L. - C.I.O. et la plupart des organisations de défense des Noirs, préoccupées essentiellement des effets du programme sur les économiquement faibles, premières victimes de la hausse des prix de l’énergie.


Au Capitole les républicains n’ont pas encore élaboré un contreprojet, mais le sénateur Baker, leader de la minorité, confirmant les doutes des adversaires des compagnies , a déclaré que si l’industrie pétrolière recevait les stimulants nécessaire la production de pétrole domestique serait doublée.
Aussi bien les républicains reprochent au gouvernement d’envisager d’utiliser ultérieurement le produit des diverses taxes (évalué à 70 milliards de dollars en 1985) pour le financement de programmes sociaux.


Apparemment les "intérêts particuliers" ont été relativement modérés dans leurs critiques et leur attitude a été jugée "encourageante" par le président Carter, dont l’appel à l’opinion semble avoir atteint son but.
A en juger par le dernier sondage Gallup mené pour le magazine Newsweek, pour 54% contre 43% il y a quinze jours, le public estime que la crise énergétique est très grave, et pour 61% pense que le fardeau du plan Carter sera équitablement réparti. Bref, l’accueil du pays semble positif, mais réaliste.


Les pétroliers favorisés ?


Néanmoins, cette réaction pourrait être modifiée s’il apparaissait que l’égalité des sacrifices proclamée par le président Carter n’est qu’un leurre. A cet égard les groupes de protection des consommateurs font valoir que les pétroliers ont été favorisés. D’abord par la possibilité qui leur est offerte d’augmenter le prix du pétrole domestique jusqu’au prix mondial de 13 dollars (le "vieux" pétrole produit en 1912 est bloqué à 5,25 dollards le baril, le "nouveau" pétrole pouvant aller jusqu’à 11,28 dollars).
D’autre part, l’augmentation annuelle des prix du pétrole liée au taux de l’inflation ne serait plus soumise au veto du Congrès. Enfin et surtout, le président Carter a renoncé à son intention primitive d’imposer aux compagnies l’abandon de leurs intérêts dans les industries du charbon et de l’uranium.


D’autre part, pour stimuler l’exploration du "nouveau" pétrole, le plan Carter prévoit que deux types de brut échapperont aux contrôles actuels : celui des gisements côtiers, extrait en vertu d’un droit de tirage payé au gouvernement fédéral : celui qui sera extrait de nouveaux puits, à condition qu’ils soient situés à au moins 2 milles et demi d’un ancien puits. La distance primitivement envisagée était de 5 milles, mais aurai été réduite sous la pression des producteurs indépendants qui souhaiteraient l’abandon de tous les contrôles sur les nouveaux puits.
Selon le Washington Post, l’industrie pétrolière serait ainsi en mesure en 1980 de produire plus d’un million de barils par jour de pétrole "non contrôlé" assurant aux producteurs un accroissement de revenus de 1 milliard de dollars.


HENRI PIERRE.

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