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Page 8 - LE MONDE - 2 mai 1977 ...

EQUIPEMENT


La controverse
sur l’énergie nucléaire


La controverse nucléaire prend une nouvelle dimension. Certes, sur le terrain, aux abords des sites des futures centrales, manifestations, procès, contre-procès se succèdent et continuent d’alimenter la chronique quotidienne. Mais, en France comme en République fédérale d’Allemagne, partis et syndicats commencent à sortir de la prudente réserve où, pour la plupart, ils s’étaient maintenus jusqu’à présent.


En Allemagne, le parti social-démocrate, profondément divisé sur l’opportunité de pousser un programme de construction de centrales très ambitieux, s’interroge, tout en soulignant l’utilité économique du programme engagé.


En France, tandis que M.Séguy, dirigeant de la C.G.T., se prononce pour la première fois pour le développement de l’électronucléaire, d’autres syndicats et d’autres formations de l’union de la gauche prennent des positions différentes.


•En France : M. Séguy dénonce les ’compagnes utopistes des écologistes


Pour la C.G.T., le développement de l’électronucléaire représente la "solution décisive" aux problèmes énergétiques croissants de la France. Telle est, en substance, la déclaration qu’a faite M.Séguy, au cours d’une visite au chantier de la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret), le vendredi 29 avril. "Cependant, a ajouté le dirigeant syndical, l’énergie nucléaire doit être complémentaire des autres (charbon, houille blanche, technique marémotrice, etc.), et son exploitation doit être entourée d’un maximum de précautions". "Si les investissements nécessaires n’étaient pas faits dans ce domaine, on aboutirait à une situation dramatique dans trois ou quatre ans", a-t-il encore indiqué, M.Séguy a lancé une mise en garde contre les "campagnes utopistes" des écologistes qui, selon lui, ne sont pas "scientifiquement" étayées.


C’est la première fois que le dirigeant de la C.G.T. prend publiquement position sur ce sujet. Rappelons, cependant, qu’il y a deux ans la fédération C.G.T. des industries de l’énergie avait condamné la croissance zéro, approuvé l’utilisation pacifique de l’énergie atomique, mais demandé un décalage du programme nucléaire pour en mieux mesurer les conséquences de tous ordres.


Cette attitude est fondamentalement différente de celle de la C.F.D.T. qui, dès 1975, avait pris position contre le programme électronucléaire du gouvernement qui, selon elle, "sacrifie les autres énergies, comporte des risques non évalués, exprime la soumission à la croissance capitaliste et néglige la situation des travailleurs". A la même époque, les syndicalistes C.F.D.T. de l’E.D.F. et du C.N.R.S. avaient demandé un moratoire nucléaire.


Dans les formations de l’union de la gauche, les divergences ne sont pas moins sensibles. Le P.C. s’est toujours prononcé pour l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, mais il critique le choix par le gouvernement d’une filière américaine et souligne que "toutes les conditions de sécurité ne sont pas respectés". Les radicaux de gauche semblent se résigner au développement de l’électronucléaire, tout en demandant depuis deux ans un "débat national", un ralentissement du programme et une politique plus efficace de lutte contre les gaspillages d’énergie. Le P.S.U., lui, est hostile à la poursuite de la construction des centrales nucléaires.


Le P.S. hésite. Reflet de cette perplexité, un "comité environnement et nucléaire" composé de treize personnalités scientifiques de premier plan vient de commencer ses travaux. Il est chargé d’ "étudier les problèmes de civilisation et d’environnement liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire", et il remettra aux dirigeants du parti un rapport avant la fin de l’année. Cette consultation devrait aider M.Mitterand et ses amis à prendre un parti avant les élections de 1978. Cependant, sur le terrain, les inquiétudes des élus socialistes devant les projets de l’E.D.F., voire même leur opposition, s’est manifestée déjà à plusieurs reprises, notamment à Golfech (Tarn -et- Garonne), Port-La Nouvelle (Aude), Montélimar (Drôme) et Greys-Malville (Isère).


Précisément, au cours de sa séance du 20 avril, le conseil général de l’Isère, présidé par M.Louis Mermaz, a pour la seconde fois, et sur proposition du groupe socialiste, demandé au gouvernement d’arrêter les travaux du surgénérateur "dans les plus brefs délais". Il a chargé le préfet de l’Isère d’engager une action en justice pour obtenir l’interruption de ces aménagements et l’annulation des décisions administratives les ayant autorisés.


Cette motion a été votée par 27 voix pour, 5 contre et 7 abstentions. Le groupe communiste a voté ce texte tout en proposant un amendement qui souligne "la nécessité pour la France d’une grande politique énergétique fondée sur l’utilisation de l’ensemble des ressources nationales prenant réellement en compte les impératifs de la sécurité et de l’hygiène des populations et résultant d’un large débat démocratique. En l’absence d’un tel débat, il n’est pas admissible que se poursuive la mise en oeuvre des projets nucléaires du gouvernement."


Au cours du débat qui avait précédé le vote, M.Guy Nevache, au nom du groupe socialiste, avait constaté que les travaux de construction du surgénérateur avaient été entrepris "en l’absence de toute publication des deux décrets d’autorisations de construction et d’utilité publique (...). Nous ne voulons pas être mis devant le fait accompli", a affirmé le conseiller socialise.


MARC AMBROISE-RENDU.


•En Allemagne fédérale : le S.P.D. reste divisé


Bonn, - "Energie, emploi, qualité de la vie", le thème de la conférence sur l’énergie que le parti socialiste démocrate a tenue les vendredi 29 et samedi 30 avril, à Cologne, était ambitieux. Le S.P.D. (parti social-démocrate) n’est pas parvenu à définir une position unanime pour ou contre l’énergie atomique, mais il a le mérite d’être le premier parti de la R.F.A. à consacrer une réflexion approfondie à un sujet qui a divisé le pays au cours des derniers mois.


D’importantes questions sont testées sans réponse, mais elles ont au moins été posées : quelle croissance veut-on ? A quel rythme ? Dans quel secteur ? Qui doit opérer les choix ? Peut-on renoncer à l’énergie nucléaire ? Celle dont on dispose actuellement suffit-elle ? Les différents groupes du parti ont discuté loyalement, concrètement, en évitant les polémiques. Le S.P.D. a donné - il en a bien besoin - une bonne image de lui-même.


La coupure entre les adversaires et les partisans de l’énergie nucléaire, qui ne recoupe pas la division gauche-droite au sein du parti, n’a pas été surmontée.


Les premiers, menés par M.Eppler, ancien ministre de la coopération et président de la commission fondamentale du S.P.D., demandent une pause de réflexion et un programme strict d’économie d’énergie, sur le modèle de celui présenté par le président Carter. "L’évolution de la société industrielle ne doit pas être abandonnée à elle-même", a déclaré M.Eppler. Le président de l’Association fédérale des comités anti-atomiques, qui n’appartient pas au S.P.D., est allé plus loin : "Ne repensez pas votre programme nucléaire, a-t-il dit, faites une croix dessus."


M.Schmidt a repris la position définie récemment par la centrale syndicale DGB, qui peut se résumer ainsi : autant d’énergie nucléaire que nécessaire, autant d’énergie nucléaire que nécessaire, autant d’économie d’énergie, mais qui ne mette pas en cause l’emploi. Il s’est prononcé contre une pause de réflexion et contre l’arrêt de la construction des centrales nucléaires. Par rapport aux Etats-Unis, la R.F.A. est un pays pauvre en sources d’énergie, et elle doit garder ouverts tous les choix possibles. "Le S.P.D., a-t-il déclaré, ne peut pas se plaindre du chômage à une conférence et mettre en danger l’emploi dans une autre." C’est pourquoi la R.F.A. ne saurait renoncer à l’exportation de centrales nucléaires, alors que d’autres pays l’encouragent pour éviter le chômage.


Pour le chancelier, la sécurité ne doit pas négligée, mais l’accident de la plate-forme d’Ekoflak prouve que le nucléaire n’est pas la seule source d’énergie à comporter des risques.


M.Matthöfer, ministre fédéral de la recherche scientifique, a tiré les conclusions de la conférence : le parti social démocrate est d’accord sur la nécessité d’économiser l’énergie sur la priorité qui doit être donnée aux technologies non polluantes, et le parti apparaît comme le gardien des intérêts du charbon allemand. Il pense que la majorité du parti peut être gagnée à un développement de l’énergie nucléaire.


DANIEL VERNET.


E.D.F. condamnée
à Flamanville


LA CLOTURE DÉFONCÉE


L’E.D.F. a été condamnée, le vendredi 29 avril, pour bris de clôture dans l’affaire de la construction de la centrale nucléaire à Flamanville (Manche). Si, jeudi, E.D.F. avait gagné, au moins provisoirement, sa première bataille contre les écologistes, qui avaient demandé au juge des référés du tribunal de Cherbourg de suspendre les travaux préliminaires à la construction de la centrales nucléaire de Flamanville sur la côte ouest du Cotentin, elle a perdu, vendredi, une autre bataille juridique qui l’opposait à un cultivateur de la commune, M.Guiguet.


Le 13 avril, ce dernier avait constaté qu’un engin d’une entreprise travaillant pour le compte d’E.D.F. avait fait une brèche de 5 mètres de large sur 10 mètres de long dans la clôture d’un de ses champs.
M.Guiguet avait appelé un huissier pour effectuer un constat et une visite au cadastre communal avait confirmé que le terrain appartenait bien au cultivateur et non à la commune, comme E.D.F. le croyait.


M.Guiguet avait saisi le juge des référés du même tribunal, qui lui a donné raison, puisqu’il a condamné vendredi soir sous l’inculpation de brils de clôture, à verser 1 000 F de provision à M.Guiguet et 800 F pour qu’un expert détermine le préjudice subi par le cultivateur.


Environnement


•Enquête à seveso, - Le Parlement italien a voté, jeudi 28 avril, la création d’une commission d’enquête sur les causes et les conséquences de la pollution par la dioxine de la région de Seveso, près de Milan. Les conclusions de la commission devront être déposées dans les six mois.

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