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    2009.
















24.4.77

États-Unis


M. Carter s’efforce de rassurer se concitoyens
sur les conséquences de son programme énergétique


Washington. - M. Carter a tenté une fois de plus, au cours de sa conférence de presse télévisée de vendredi, de mobiliser l’opinion à l’appui de son programme énergétique. Le président, qui est apparu trois fois sur le petit écran au cours de cette "semaine de l’énergie", qui avait commencé par une "causerie au coin du feu", a reconnu lui-même que sa " campagne d’éducation" avait atteint un point de saturation. Le conditionnement de l’opinion ne fait pourtant que commencer.


La maison Blanche prépare une nouvelle campagne de relations publiques s’étendant sur six mois à un an. L’objectif essentiel est de pousser à l’action un Congrès qui, dans le passé, a toujours manifesté une exceptionnelle force d’inertie quand il avait à se prononcer sur des mesures restrictives en matière d’énergie. Il est douteux cependant que le Congrès arrive, d’ici à la fin de l’année, à adopter la législation nécessaire pour la mise à exécution du plan Carter.


Le président a résumé ainsi ses propositions ; "Tout la produit des taxes sera redistribué au grand avantage de ceux qui économisent, et de ce fait la consommation tombera bien au-dessous des prévisions." Il a indiqué que si son plan est mis à exécution, les importations de pétrole, qui au rythme actuel devraient atteindre 16 millions de barils Un baril équivaut à environ 159 litres. par jour en 1985, seraient réduites à 6 millions de barils par jour. Le président a laissé entendre que le produit des nouvelles taxes - qui serait de l’ordre de 70 milliards de dollars en 1985 - pourrait être éventuellement utilisé dans des programmes sociaux, mais il a indiqué sa préférence pour le remboursement direct sous forme de remise d’impôts aux contribuables.


De notre correspondant


M. Carter a répété que l’effet inflationniste de son plan énergétique sur l’économie serait inférieur à 0,5 % par an. Le plan n’aura sûrement pas des conséquences négatives et pourrait avoir un effet positif en ce qui concerne l’emploi et la croissance économique" a-t-il précisé.


Les intérêts particuliers
régionaux


Les expert sont très divisés dans leur appréciation des mesures proposées par le président. M. Militon Friedman, prix Nobel d’économie, estime que l’adoption du plan Carter serait un "désastre" , alors que M. Eckstein, ancien conseiller économique du président Johnson, considère que le fardeau à court terme imposé à l’économie est modéré et "représente un très modeste prix à payer pour la solution du problème énergétique".


Le reproche fondamental fait par les membres du Congrès (républicains ou démocrates) qui représentent des États producteurs de pétrole ou de gaz naturel est que le plan Carter insiste trop sur la conservation de l’énergie et pas assez sur la production et les moyens de la stimuler. Les "congressmen" auraient souhaité une totale remise en liberté des prix. Ils voudraient aussi que le produits des diverses taxes envisagées soit redistribué dans une large proportion aux compagnies elles-mêmes pour les encourager à développer les sources existantes et en explorer de nouvelles. Il est clair que les préoccupations concernant la défense d’intérêts particuliers régionaux domineront le grand débat sur l’énergie, qui ne fait que commencer.


L’éventualité d’une augmentation annuelle de la taxe sur l’essence de 525 centimes par gallon Un gallon contient approximativement 3,8 litres. (jusqu’à concurrence de 50 cents) quand la consommation aura dépassé les objectifs fixés pour l’année antérieur, a provoqué une opposition quasi unanime, où se retrouvent les conservateurs et les représentants des intérêts pétroliers, mais aussi des libéraux comme le sénateur Edward Kennedy, qui estiment que les travailleurs seront les plus touchés... Beaucoup expriment leurs doutes sur l’efficacité d’une mesure aussi impopulaire.


Les consommateurs sachant que ce q’ils ont payé en plus pour leur essence, ou leur fuel, leur sera redistribué, plus tard, sous la forme de remise d’impôt,seront-ils vraiment incités à économiser l’énergie ?


De nombreux membres du Congrès avancent l’hypothèse que le projet de taxe supplémentaire sur l’essence n’est qu’un élément du marchandage ultérieur avec le Congrès. Dans sa conférence de presse, le président Carter a cependant été formel : "C’est une bonne idée (...) à laquelle je tiens. (...) Je lutterai jusqu’au bout pour la faire adopter... " a-t-il déclaré.


Le président a agité la menace d’un rationnement de l’essence au cas ou les mesures "modérées" de son programme ne seraient pas mises à exécution ou se montreraient insuffisantes. la loi l’autorise à le faire au cas où il jugerait que la sécurité nationale du pays est menacée, par exemple par un embargo.


HENRI PIERRE.

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