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U-003-078

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















LE MONDE

23 avril 1977

A L’ÉTRANGER


Le Fonds monétaire arabe se donne
pour l’immédiat des objectifs limités .


De notre envoyé spécial


Abou - Dhabi . - Poursuivant le vieux rêve de l’unité arabe dont elle est porteuse depuis 1946 , année de sa fondation , la Ligue des Etats arabes a convoqué du 18 au 21 avril a Abou - Dhabi , capitale des Emirats arabes unis , la première réunion des Etats membres du Fonds monétaire arabe . Les vingt pays arabes unis , la première de la Ligue étaient au rendez - vous , ainsi qu’une délégation palestinienne .


Créé le 27 avril 1976 a Rabat par le Conseil économique arabe , le Fonds monétaire arabe , dont le siège doit être établi à Abou - Dhabi , a pour mission , selon sa charte , de porter secours aux pays dont les balances des paiements sont en déficit , de favoriser des taux de change stables entre les monnaies arabes , de coordonner les politiques financières de ces pays , de favoriser les échanges d’informations sur la politiques d’investissement des capitaux arabes à l’étranger , de développer les marchés financières arabes , d’étudier les moyens propres à diffuser l’usage d’une monnaie de compte arabe , le dinar , et de tenter d’établir au moins entre les pays du Goife une monnaie commune . Bien que l’objectif suprême , l’établissement d’une monnaie arabe commune, ne soit pas cité dans la charte , on voit bien cependant où l’évolution favorisée par le Fonds monétaire devrait conduire .


Une monnaie commune


Cependant , pour le moment , l’objectif , on le voit , est plus modeste . Les vingt pays arabes et la délégation palestinienne présents à Abou - Dhabi ont établi une unité de compte qui sera équivalente à trois unités de compte du Fonds monétaire international , dont le taux de change actuel est de 1,15 dollar . On a invité les dirigeants des pays concernés à souscrire en fonction de leur produit national , de leur commerce , etc., des sommes assez importantes puisque les participations les plus élevées atteignent 38 millions de dinars pour l’Arabie Saoudite et l’Algérie . Ces deux pays sont suivis par l’Irak , le Koweït et l’Egypte qui ont souscrit 25 millions de dinars . Les Emirats arabes unis ont souscrit 15 millions de dinars . Au total , le capital du Fonds monétaire arabe s’élèvera à 250 millions de dinars . Vingt-cinq pour cent de ce montant sont payables sans délai . Aux dernières nouvelles , cinq pays arabes seulement ne s’étaient pas encore acquittés .


Il n’a pas été question dans ces tâches prioritaires de l’établissement d’un marché commun arabe .


Sans doute , les délégués réunis à a Abou - Dhabi et M. Mahmoud Riad , secrétaire général de la Ligue arabe en premier , se souviennent - ils de l’échec d’une première tentative de marché commun arabe en 1964 . M. Riad , ancien ministre égyptien des affaires ministre égyptien des affaires étrangères , est le premier à confirmer cette volonté de réalisme : «  Comment voulez - vous , nous a-t-il déclaré , faire un marché commun arabe des pays dont le revenu par tête d’habitant compte parmi les plus élevés du monde comme le Koweït ( 6 100 dollars par tête ) et d’autres qui comptent parmi les plus pauvres , par exemple le Soudan . Notre démarche est donc radicalement différente de la vôtre , Européens . Nous voulons simplement commencer par établir une solidarité financière parce que nous avons la possibilité réelle d’y parvenir . En ce qui concerne les monnaies communes , nous commencerons par les pays du Golfe , dont les ressources et dont les finances sont également abondante . » «  D’ailleurs , rappelle M. Riad avec un brin d’humour , ces pays ont déjà utilisé dans le passé une monnaie commune , la roupie indienne lorsqu’ils dépendaient pour l’administration financière de l’Empire des Indes.  »


Pour le moment le Fonds qui va s’installer à Abou -Dhabi sera gouverné par un directeurs adjoints . Les délégués réunis à Abou - Dhabi , et dont onze étaient des ministres des finances de leurs pays respectifs , ont élu le directeur général , un ancien ministre de la planification Irakien , M. Gawad Hachem . Le Fonds commencera par distribuer des secours aux pays qui en ont le plus besoin .


Son action viendra renforcer celle des nombreux fonds de développement déjà créés par différents pays arabes : le Fonds de développements de l’Arabie Saoudite celui d’Abou - Dhabi . Il faut encore nommer la banques arabe pour le développement économiques de l’Afrique , dont le siège est à Khartoum .


Roland Delcour .


LES RÉACTIONS AU PLAN ÉNERGÉTIQUE DE M. CARTER
« L’adopter produirait un désastre »
estime M. Milton Friedman


L’annonce par M. Carter de son programme énergétique à provoqué des réactions diverses aux Etats - Unis . Les écologistes ont très favorablement accueillit le programme énergétiques , tandis que les milieux d’affaires sont partagés St le président de General Motors , M. Thomas Murphy , a approuvé les mesures d’économie d’énergie , il s’est déclaré hostile aux taxés qui pourraient frapper les voitures à forte consommation de carburant . Plusieurs représentants démocrates , dont le speaker Thomas O’Neill et le sénateur Robert Byrd , se sont montrés réservés sur les mesures fiscales annoncées .


Quant à M. Milton Friedman , prix Nobel d’économie , il a affirmé que ce programme «  produirait un désastre s’il était adopté  ». Selon lui , les problèmes énergétiques américaines sont la conséquence de l’intervention de l’Etat sur le marché or , «  la solution de M. Carter est de pousser l’intervention encore plus loin  »


Au Koweït . — «  Nous sommes heureux de constater que les Etats - Unis s’orientent enfin vers une réduction de la demande de pétrole et le maintien de prix élevés afin d’encourager la mise au point de sources d’énergie de substitution » , a déclare , le 21 avril , un responsable Koweïtien , parlant du programme énergétique de M. Carter . Au siège de l’OPEP , a Vienne, on souhaite aussi plein succès au président américain .


A Moscou . — L’agence Tass estime en revanche que ce plan « aboutira à l’appauvrissement de la population des Etats - Unis et à l’enrichissement des compagnies pétrolières  » — (A.P. A.F.P.)

Diffusion gazeuse et ultra - centrifugation


Dans son discours au Congrès , le président Carter a laissé entrevoir une évolution de la politiques nucléaire américaine . Il confirme qu’il faudra « utiliser des quantités croissantes d’énergie nucléaire » , malgré les économies d’énergie et la relance de l’exploitation charbonnière . Il rappelle sa position déjà connue suivant laquelle il n’y a pas besoin d’« entrer » dans un âge du plutonium en construisant des réacteurs surgénérateurs . Mais pour les réacteurs classiques , qui utilisent de l’uranium enrichi comme combustible , il propose d’accroître les capacités américaines de production d’uranium enrichi « en utilisant la nouvelle technologie de centrifugation , qui consomme environ un dixième de l’énergie exigée par les usines actuelles de diffusion gazeuse .  »


Il y a en pratiques deux façons de produire de l’uranium enrichi : la première consiste à faire diffuser un gaz, l’hexafluorure d’uranium , à travers une membrane perméable . Les atomes d’uranium - 235 traversent plus facilement la membrane que ceux d’uranium -238 et la traction du gaz qui traverse la membrane s’enrichit légèrement en uranium -235 . En répétant en bon millier de fois l’opération , on fait passer la proportion d’uranium-235 de 0,7 % - sa valeur dans l’uranium naturel - a environ 3% , proportion demandée par les réacteurs à eau bouillante ou pressurisée . Cette méthode est utilisée aux Etats - Unis depuis la guerre ; elle l’est aussi en U.R.S.S. et en France , a Pierrelatte et dans l’usine d’Eurodif actuellement en construction au Tricastin .


L’autre méthode est l’ultracentrifugation on fait tourner très rapidement l’hexafluorure d’uranium dans des centrifugeuses . Plus légers , les atomes d’uranium - 235 se concentrent près d l’axe de rotation . En prélevant cette portion de gaz , on obtient de l’uranium enrichi . Plus économe en énergie cette technique se prête aussi a la construction d’unités plus petites que les énormes usines de diffusion gazeuse . Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle soit moins chère . Elle est prônée par la Grande - Bretagne . L’Allemagne fédérale et les Pays - Bas ; le projet Urenco - Centree prévoyant la construction de deux usines à Almelo (Pays - Bast , et Cappenhurst (Grande - Bretagne ). Ces usines produisent déjà a faible échelle de l’uranium enrichi .


Les Etats - Unis n’en sont pas encore a ce stade et n’ont , en ce qui concerne l’ultra-centrifugations , que des installations de recherche ; il se pourrait cependant , qu’ils aient une avance sur les pays membres d’Urenco - Centec .


La comparaison d’une technique éprouvée comme la diffusion gazeuse et d’une technique encore en partie expérimentale ce qui est le cas de l’ultra - centrifugation est difficile . Les déclarations du président Carter indiquent apparemment que les Etats -Unis vont passer du camp de la diffusion gazeuse à celui de l’ultra-centrifugation . A terme il pourrait en résulter de sérieuses conséquences économiques .


Maurice Avronny


ERRATUM . — Dans les mesures préconisées par le président Carter pour économiser l’énergie ( le Monde du 22 avril ) , une erreur d’interprétation nous a fait traduire le néologisme« weatherize » par « climatiser » . Il s’agissait , bien évidemment , d’« isoler » (les bâtiments ).

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