
LE MONDE
De notre correspondant
Le développement de l’énergie nucléaire et son corollaire , la lutte contre la prolifération des armes atomiques , sont à l’ordre du jour .
Trois semaines après avoir annoncé sa décision de différer sine die le retraitement , sur le soi américain , des combustibles nucléaires irradiés et de renoncer , pour le moment , à la construction d’un nouveau surrégénérateur de façon à éviter la dissémination du plutonium . M. Carter semble adopter une position assez souple sur le problème des exportations de technologie nucléaire . Tout en réaffirmant sa volonté de lutter contre la prolifération - les décision du 7 avril ne sont pas remises en cause - en tout en rappelant que son désir était de voir le maximum de pays adopter une position semblable à la position semblable à la position américaine , il entend apparemment se garder les mains libres ; dans un message au Congrès , il propose de nouvelles règles pour l’exportation de technologie nucléaire , laissant une assez bonne marge de manœuvre à l’exécutif .
Sans doute le président a-t-il pris conscience du fait qu’une position trop dure risquait de « braquer » un certain nombre de gouvernements . Sans doute ainsi , la la pression des industriels nucléaires américaines , qui supportent mal les freins mis par l’administration au développement de leurs exportations , n’a-t-elle pas manque de se faire sentir .
Les nouvelles propositions américaines ne manqueront pas d’être abordées , ce jeudi 28 et vendredi 29 avril , lors des réunions secrètes du Club des pays exportateurs de technologie nucléaire à Londres . Elles devaient aussi , pour ce qui concerne les garanties à fixer autour des activités du cycle du combustible offerts aux pays étrangers (retraitement notamment ) , faire l’objet de la troisième réunion , prévue pour jeudi , du Conseil Français de politique nucléaire extérieure . En raison de la poursuite du débat parlementaire sur le plan d’action gouvernemental , cette réunion a été reportée à la semaine prochaine .
La lutte contre la prolifération et les récentes décision américaines seront également à l’ordre du jour lors de la conférence internationale sur le cycle du combustible , qui , organisée par l’Agence international de l’énergie atomique , s’ouvre le 2 mai à Salzbourg et doit réunir plusieurs milliers de personnes , notamment les responsables de l’énergie nucléaire de la plupart des pays du monde .
Les Américains auront du mal a faire adopter leurs positions par le plus grand nombre : la R.F.A , notamment n’entend pas renoncer à exporter au Brésil l’usine d’enrichissement et l’usine de retraitement prévues dans le contrat signé avec Brasilia en juin 1976. Qui plus est , Bonn , en lançant un nouveau , et considérable , programme de recherche nucléaire ’4,5 milliards de deutschemarks ) , réaffirme avec force sa volonté de développer , sur le soi allemand , les techniques avancées de réacteurs (surrégénérateurs et réacteurs à haute température ) ainsi que le retraitement des combustibles .
X.W.
Washington . Fidèle à ses engagements de la compagne électorale, M. Carter a soumis mercredi 27 avril au Congrès une nouvelle législation visant à arrêter , en tout cas à restreindre la prolifération nucléaire . Certes , l’objectif ultime du président , ainsi qu’il le précise dans son message , est d’obtenir des pays fournisseurs et acheteurs de combustibles , matériels et techniques nucléaires qu’ils adhèrent au traité de non-prolifération . En attendant d’atteindre ce but qui est« notre première préférence » , le président propose un certain nombre de mesures intérim aires répondant au souci de contrôler le développement de la production d’explosifs nucléaires sans « priver aucune nation des moyens de satisfaire à ses besoins énergétiques . . . »
Apparemment les premiers discussions engagées avec las pays fournisseurs et « clients » ont convaincu le président qu’il était préférable de définir une politique souple et équilibrée visant à encourager les pays acheteurs à renégocier leurs accords de coopération avec les États - Unis , plutôt que d’imposer unilatéralement de nouvelles conditions .
« Une politique unilatérale de non - prolifération ne peut être efficace . . . Nous devons obtenir l’appui d’autres nations fournisseurs et acheteurs pour atteindre notre objectif commun de limiter la dissémination des armes nucléaires . . », dit-on à la Maison Blanche , en soulignant que les diverses propositions actuellement discutées au Congrès aboutiraient à imposer un moratoire immédiat aux exportations nucléaires américaine « au détriment de certaines de non alliés dont la coopération est nécessaire » M. Cartier , dans son message , insiste sur la nécessité d’une action rapide , car à défaut d’une nouvelle législation , les pays hésiteront à renégocier , de crainte que leurs accords de coopération avec les États - Unis ne soient plus tard modifiés unilatéralement . . . Les États - Unis se doivent donc , dans l’optiques officielle , de prendre l’initiative en établissant un « exemple positif » pour les autres pays fournisseurs .
Un des points essentiels de législation proposée est d’éviter de lier les mains à l’exécutif , et de lui assurer une certaine souplesse dans l’application d’un programme rigoureux . « Plutôt que de demander aux pays acheteurs d’abandonner à tout jamais les techniques d’enrichissement et de retraitement , le projet permettra d’élaborer de nouveaux accords comportant des dissuader ces pays d’acquérir ces techniques . . . » En outre , la législation nouvelle laisse au président le droit de faire des exceptions et des dérogations à la loi en faveur de certains pays si ces derniers se conforment à l’objectif poursuivi . D’autre part , le président Carter estime également important d’assurer les pays partageant le même souci de non-prolifération que les États - Unis leurs fourniront « régulièrement » le combustible et l’équipement nucléaires , et cela notamment pour les dissuader de développer leur par crainte de manquer d’uranium enrichi .
La nouvelle législation est rigoureuse ; elle pose de nouvelles conditions à l’attribution de licences d’exportation , conditions qui devront figurer dans les futurs accords de coopération , ainsi que dans ceux existant actuellement , et qui devront être renégociés . Elle exige notamment des pays non nucléaires qu’ils observent les mesures de sauvegarde définies par l’Agence internationale de l’énergie atomiques (A.I.E.A.) concernant le combustible et l’équipement nucléaires , même s’ils sont fournis par d’autres pays que les États - Unis . Aucune exportation nucléaire ne pourra être décidée sans l’autorisation expresse de l’exécutif qui aura à apprécier si l’« octroi d’une licence n’est pas contraire a la défense commune et à la sécurité ». L’approbation présidentielle sera également nécessaire pour toute fourniture d’uranium très enrichi dépassant 15 kilogrammes , et , d’une manière générale , les États - Unis éviteront de passer des contrats de livraison d’uranium très enrichi , sauf si l’utilisation d’un combustible moins riche n’est pas techniquement possible .
Le projet de loi établit des sanctions en excluant toute exportation nucléaire à des pays ne faisant pas partie du « Club des puissances nucléaires » , qui procéderaient à une explosion et mettraient un terme aux sauvegardes de l’A.I.E.A. , ou qui , selon le jugement du président , violeraient des accords de coopération avec les Etats -Unis . Néanmoins , le président pourra décider de ne pas appliquer les sanctions s’il estimait qu’elles vont à l’encontre de l’objectif de non - prolifération ou mettraient en danger la défense commune . D’autre part , le projet de loi dispose qu’un pays acheteur ne pourra transférer ses exportions américaines à un tiers sans l’approbation préalable du gouvernement américain .
Enfin , en cas d’un programme international visant à développer d’autres cycles de combustible nucléaires , et pour assurer des livraisons adéquates de combustible pour encourager les pays sur la voie de la non-prolifération , la nouvelle législation envisage divers mesures destinées à développer la capacité de production américaine de l’uranium enrichi , à faire en sorte que les exportations nucléaires s’établissent sur une base régulière , à encourager les initiatives américaines en vue de promouvoir , au cours de consultations internationales , le développement de moyens multilatéraux pour satisfaire la demande mondiale de combustible nucléaire .
HENRI PIERRE
AVIS
DÉFICIT COMMERCIAL RECORD
DES ÉTATS - UNIS
Le déficit de la balance commerciale des États - Unis a battu , en mars , tous ses records , atteignant 2,4 milliards de dollars , contre 1,9 milliard en février (+26%) . Cette détérioration a été provoquée par une nouvelle et forte progression des importations , qui ont atteint 12,5 milliards de dollars , au lieu de 11,7 milliards dollars en février (+6,8%) . Comme le mois précédent , cette augmentations s’explique par la facture du pétrole , qui s’est élevée a 4 milliards de dollars en février (+21% en un mois ) . Le département du commerce a attribué cet accroissements à la sévérité de l’hiver , les entreprises reconstituant les stocks qu’elles avaient entames pendant la vague de froid .
Le département du commerce a précisé que importations s’étaient effectuées à un rythme annuel de 141,6 milliards de dollars , en augmentation de 17% par rapport à 1976 , tandis que le rythme des exportations avait été de 117,9 milliards de dollars , en hausse de 3% seulement . Sur cette base , le déficit de la balance commerciale pourrait atteindre , en 1977 , 23,7 milliards de dollars , chiffre quatre fois plus élevé qu’en 1976 et plus de trois fois supérieur au record de 1972 (1 milliards de dollars ) . L’administration américaine estimait , au début de l’année , que le déficit augmenterait modérément par rapport aux 5,9 milliards de 1976 . Il est d’ores et déjà certain que l’augmentation sera considérable , même si les importations de pétrole se ralentissent.
Le Royaume - Uni complaît , le 14 avril , 1 323 600 chômeurs, 1 500 de plus qu’un mois auparavant , ce qui représentait 5,6 % de la population active. En chiffres bruts, il y avait 1 392 250 chômeurs, en augmentation de 8 788 . - (Agefi.)
(De notre correspondant )
Bonn . Le gouvernement fédéral a adopté le mecredi 27 avril un programme de recherche énergétique de quatre ans d’un montant global de 6,53 milliards de deuschemarks . L’énergie nucléaire continue de se tailler « la part du lion » avec 4,5 milliards , bien que les priorités se soient légèrement déplacées par rapport au programme précédent .
En 1973 les sommes consacrées à la recherche nucléaire étaient quarante-cinq fois plus élevées que celles consacrées à la recherche d’énergies nouvelles . En 1976 la proposition n’était plus que de 4,3 pour 1 ; en 1980 elle sera de 2,7 pour 1.
Plus de la moitié du budget de la recherche nucléaire va au développement des réacteurs a haute température et des surrégénérateurs entendent poursuivre malgré les réserves américaines . Parrallement , Bonn entend poursuivre les recherches en vue de la construction d’une usine de retraitement des combustibles fradies , qui aurait une capacité de 1 500 tonnes par an .
Trois cent soixante - dix - neuf millions de deutschemarks sont prevus pour la construction du réacteur communautaire de recherche sur la fusion thermonucléaire (projet JET) , que le gouvernement fédéral espère toujours voir situé a Carsching , en Baviére .
M.Matthöfer , ministre fédéral de la recherche , a indiqué que les nouvelles priorités consernent les économies d’énergie auxquelles seront concacrées 490 millions au cours des quatres prochaines années , l’utilisation de la chaleur « perdue » des centrales thermiques et le développement de la sécurité des réacteurs .
Le programme prévoit également 570 millions pour la recherche sur les énergies nouvelles , dont 127 millions pour l’énergies nouvelles , dont 127 millions pour l’énergie solaire , qui pourrait être utilisée à la production d’eau chaude . — D.V.
déclare le président
vénézuélen
Le président du Venezuela , M. Carlos Andres Perez , a eu avec la prince héritier Fand d’Arabie Saoudité des entretiens « très positifs » . La sauvegarde de l’unité et de la force de l’OPEP a été étudiée en détail , a précisé un ministre saoudien qui assistait à l’entrevue . « Je suis sûr qu’il n’y aura plus le moindre obstacle a l’unité de l’OPEP » , a affirmé le président vénézuélien le 27 avril avant de quitter Ryad pour Téhéran , ou il a été accueilli par le chah , d’Iran .
A Ryad , les milieux informés estiment que l’Arabie Saoudite et les Emirats arabés unis pourraient décider d’augmenter leurs prix de 5% le 12 juillet prochain à Stockholm , où doit se tenir la réunion des ministres du pétrole de l’OPEP , tandis que les onze autres pays renonceraient à aller au- delà de l’agmentation de 10% effective depuis le 1 er janvier .
Avant même d’accueillir le président vénézuélien à Téhéran au côté du chah d’Iran . M. Amouzegar , ministre iranien du pétrole , a indiqueé qu’un tel accord serait acceptable pour son pays .
M. Carlos Andrés Perez , qui a déjà visité le Qatar et le Koweit , doit encore se rendre à About- Dhabi et en Irak , dont le ministre du pétrole , M. Abdel Karim , vient encore d’affirmer qu’une hausse de 25% des prix d pétrole en 1977 serait « entriérement justifié » .
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