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    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.
















LE MONDE 29 avril 1977

LA VIE ÉCONOMIQUE


De notre correspondant

INDUSTRIE NUCLÉAIRE
Lénergie atomiques et la lutte contre la prolifération.


Le développement de l’énergie nucléaire et son corollaire , la lutte contre la prolifération des armes atomiques , sont à l’ordre du jour .


Trois semaines après avoir annoncé sa décision de différer sine die le retraitement , sur le soi américain , des combustibles nucléaires irradiés et de renoncer , pour le moment , à la construction d’un nouveau surrégénérateur de façon à éviter la dissémination du plutonium . M. Carter semble adopter une position assez souple sur le problème des exportations de technologie nucléaire . Tout en réaffirmant sa volonté de lutter contre la prolifération - les décision du 7 avril ne sont pas remises en cause - en tout en rappelant que son désir était de voir le maximum de pays adopter une position semblable à la position semblable à la position américaine , il entend apparemment se garder les mains libres ; dans un message au Congrès , il propose de nouvelles règles pour l’exportation de technologie nucléaire , laissant une assez bonne marge de manœuvre à l’exécutif .


Sans doute le président a-t-il pris conscience du fait qu’une position trop dure risquait de « braquer » un certain nombre de gouvernements . Sans doute ainsi , la la pression des industriels nucléaires américaines , qui supportent mal les freins mis par l’administration au développement de leurs exportations , n’a-t-elle pas manque de se faire sentir .


Les nouvelles propositions américaines ne manqueront pas d’être abordées , ce jeudi 28 et vendredi 29 avril , lors des réunions secrètes du Club des pays exportateurs de technologie nucléaire à Londres . Elles devaient aussi , pour ce qui concerne les garanties à fixer autour des activités du cycle du combustible offerts aux pays étrangers (retraitement notamment ) , faire l’objet de la troisième réunion , prévue pour jeudi , du Conseil Français de politique nucléaire extérieure . En raison de la poursuite du débat parlementaire sur le plan d’action gouvernemental , cette réunion a été reportée à la semaine prochaine .


La lutte contre la prolifération et les récentes décision américaines seront également à l’ordre du jour lors de la conférence internationale sur le cycle du combustible , qui , organisée par l’Agence international de l’énergie atomique , s’ouvre le 2 mai à Salzbourg et doit réunir plusieurs milliers de personnes , notamment les responsables de l’énergie nucléaire de la plupart des pays du monde .


Les Américains auront du mal a faire adopter leurs positions par le plus grand nombre : la R.F.A , notamment n’entend pas renoncer à exporter au Brésil l’usine d’enrichissement et l’usine de retraitement prévues dans le contrat signé avec Brasilia en juin 1976. Qui plus est , Bonn , en lançant un nouveau , et considérable , programme de recherche nucléaire ’4,5 milliards de deutschemarks ) , réaffirme avec force sa volonté de développer , sur le soi allemand , les techniques avancées de réacteurs (surrégénérateurs et réacteurs à haute température ) ainsi que le retraitement des combustibles .


X.W.

Le président Carter définit une politique assez souple
pour l’exportation de matériel nucléaire .


Washington . Fidèle à ses engagements de la compagne électorale, M. Carter a soumis mercredi 27 avril au Congrès une nouvelle législation visant à arrêter , en tout cas à restreindre la prolifération nucléaire . Certes , l’objectif ultime du président , ainsi qu’il le précise dans son message , est d’obtenir des pays fournisseurs et acheteurs de combustibles , matériels et techniques nucléaires qu’ils adhèrent au traité de non-prolifération . En attendant d’atteindre ce but qui est« notre première préférence  » , le président propose un certain nombre de mesures intérim aires répondant au souci de contrôler le développement de la production d’explosifs nucléaires sans « priver aucune nation des moyens de satisfaire à ses besoins énergétiques . . . »


Apparemment les premiers discussions engagées avec las pays fournisseurs et « clients » ont convaincu le président qu’il était préférable de définir une politique souple et équilibrée visant à encourager les pays acheteurs à renégocier leurs accords de coopération avec les États - Unis , plutôt que d’imposer unilatéralement de nouvelles conditions .


«  Une politique unilatérale de non - prolifération ne peut être efficace . . . Nous devons obtenir l’appui d’autres nations fournisseurs et acheteurs pour atteindre notre objectif commun de limiter la dissémination des armes nucléaires . .  », dit-on à la Maison Blanche , en soulignant que les diverses propositions actuellement discutées au Congrès aboutiraient à imposer un moratoire immédiat aux exportations nucléaires américaine « au détriment de certaines de non alliés dont la coopération est nécessaire » M. Cartier , dans son message , insiste sur la nécessité d’une action rapide , car à défaut d’une nouvelle législation , les pays hésiteront à renégocier , de crainte que leurs accords de coopération avec les États - Unis ne soient plus tard modifiés unilatéralement . . . Les États - Unis se doivent donc , dans l’optiques officielle , de prendre l’initiative en établissant un « exemple positif  » pour les autres pays fournisseurs .


Un des points essentiels de législation proposée est d’éviter de lier les mains à l’exécutif , et de lui assurer une certaine souplesse dans l’application d’un programme rigoureux . «  Plutôt que de demander aux pays acheteurs d’abandonner à tout jamais les techniques d’enrichissement et de retraitement , le projet permettra d’élaborer de nouveaux accords comportant des dissuader ces pays d’acquérir ces techniques . . .  » En outre , la législation nouvelle laisse au président le droit de faire des exceptions et des dérogations à la loi en faveur de certains pays si ces derniers se conforment à l’objectif poursuivi . D’autre part , le président Carter estime également important d’assurer les pays partageant le même souci de non-prolifération que les États - Unis leurs fourniront «  régulièrement  » le combustible et l’équipement nucléaires , et cela notamment pour les dissuader de développer leur par crainte de manquer d’uranium enrichi .


La nouvelle législation est rigoureuse ; elle pose de nouvelles conditions à l’attribution de licences d’exportation , conditions qui devront figurer dans les futurs accords de coopération , ainsi que dans ceux existant actuellement , et qui devront être renégociés . Elle exige notamment des pays non nucléaires qu’ils observent les mesures de sauvegarde définies par l’Agence internationale de l’énergie atomiques (A.I.E.A.) concernant le combustible et l’équipement nucléaires , même s’ils sont fournis par d’autres pays que les États - Unis . Aucune exportation nucléaire ne pourra être décidée sans l’autorisation expresse de l’exécutif qui aura à apprécier si l’«  octroi d’une licence n’est pas contraire a la défense commune et à la sécurité  ». L’approbation présidentielle sera également nécessaire pour toute fourniture d’uranium très enrichi dépassant 15 kilogrammes , et , d’une manière générale , les États - Unis éviteront de passer des contrats de livraison d’uranium très enrichi , sauf si l’utilisation d’un combustible moins riche n’est pas techniquement possible . Certains secteurs de recherche nucléaire utilisent de l’uranium très enrichi en uranium 235 (plus de 90% ) , éventuellement utilisable pour la fabrication de bombes atomiques .


Le projet de loi établit des sanctions en excluant toute exportation nucléaire à des pays ne faisant pas partie du « Club des puissances nucléaires » , qui procéderaient à une explosion et mettraient un terme aux sauvegardes de l’A.I.E.A. , ou qui , selon le jugement du président , violeraient des accords de coopération avec les Etats -Unis . Néanmoins , le président pourra décider de ne pas appliquer les sanctions s’il estimait qu’elles vont à l’encontre de l’objectif de non - prolifération ou mettraient en danger la défense commune . D’autre part , le projet de loi dispose qu’un pays acheteur ne pourra transférer ses exportions américaines à un tiers sans l’approbation préalable du gouvernement américain .


Enfin , en cas d’un programme international visant à développer d’autres cycles de combustible nucléaires , et pour assurer des livraisons adéquates de combustible pour encourager les pays sur la voie de la non-prolifération , la nouvelle législation envisage divers mesures destinées à développer la capacité de production américaine de l’uranium enrichi , à faire en sorte que les exportations nucléaires s’établissent sur une base régulière , à encourager les initiatives américaines en vue de promouvoir , au cours de consultations internationales , le développement de moyens multilatéraux pour satisfaire la demande mondiale de combustible nucléaire .


HENRI PIERRE


AVIS

A L’ÉTRANGER


DÉFICIT COMMERCIAL RECORD
DES ÉTATS - UNIS


Le déficit de la balance commerciale des États - Unis a battu , en mars , tous ses records , atteignant 2,4 milliards de dollars , contre 1,9 milliard en février (+26%) . Cette détérioration a été provoquée par une nouvelle et forte progression des importations , qui ont atteint 12,5 milliards de dollars , au lieu de 11,7 milliards dollars en février (+6,8%) . Comme le mois précédent , cette augmentations s’explique par la facture du pétrole , qui s’est élevée a 4 milliards de dollars en février (+21% en un mois ) . Le département du commerce a attribué cet accroissements à la sévérité de l’hiver , les entreprises reconstituant les stocks qu’elles avaient entames pendant la vague de froid .


Le département du commerce a précisé que importations s’étaient effectuées à un rythme annuel de 141,6 milliards de dollars , en augmentation de 17% par rapport à 1976 , tandis que le rythme des exportations avait été de 117,9 milliards de dollars , en hausse de 3% seulement . Sur cette base , le déficit de la balance commerciale pourrait atteindre , en 1977 , 23,7 milliards de dollars , chiffre quatre fois plus élevé qu’en 1976 et plus de trois fois supérieur au record de 1972 (1 milliards de dollars ) . L’administration américaine estimait , au début de l’année , que le déficit augmenterait modérément par rapport aux 5,9 milliards de 1976 . Il est d’ores et déjà certain que l’augmentation sera considérable , même si les importations de pétrole se ralentissent.


Le Royaume - Uni complaît , le 14 avril , 1 323 600 chômeurs, 1 500 de plus qu’un mois auparavant , ce qui représentait 5,6 % de la population active. En chiffres bruts, il y avait 1 392 250 chômeurs, en augmentation de 8 788 . - (Agefi.)

BONN
POURSUIVRA LES RECHERCHES
SUR LE SURRÉGÉNÉRATEUR


(De notre correspondant )


Bonn . Le gouvernement fédéral a adopté le mecredi 27 avril un programme de recherche énergétique de quatre ans d’un montant global de 6,53 milliards de deuschemarks . L’énergie nucléaire continue de se tailler « la part du lion » avec 4,5 milliards , bien que les priorités se soient légèrement déplacées par rapport au programme précédent .


En 1973 les sommes consacrées à la recherche nucléaire étaient quarante-cinq fois plus élevées que celles consacrées à la recherche d’énergies nouvelles . En 1976 la proposition n’était plus que de 4,3 pour 1 ; en 1980 elle sera de 2,7 pour 1.


Plus de la moitié du budget de la recherche nucléaire va au développement des réacteurs a haute température et des surrégénérateurs entendent poursuivre malgré les réserves américaines . Parrallement , Bonn entend poursuivre les recherches en vue de la construction d’une usine de retraitement des combustibles fradies , qui aurait une capacité de 1 500 tonnes par an .


Trois cent soixante - dix - neuf millions de deutschemarks sont prevus pour la construction du réacteur communautaire de recherche sur la fusion thermonucléaire (projet JET) , que le gouvernement fédéral espère toujours voir situé a Carsching , en Baviére .


M.Matthöfer , ministre fédéral de la recherche , a indiqué que les nouvelles priorités consernent les économies d’énergie auxquelles seront concacrées 490 millions au cours des quatres prochaines années , l’utilisation de la chaleur « perdue » des centrales thermiques et le développement de la sécurité des réacteurs .


Le programme prévoit également 570 millions pour la recherche sur les énergies nouvelles , dont 127 millions pour l’énergies nouvelles , dont 127 millions pour l’énergie solaire , qui pourrait être utilisée à la production d’eau chaude . — D.V.

Plus d’obstacle
A L’UNITÉ DE L’OPEP

déclare le président
vénézuélen


Le président du Venezuela , M. Carlos Andres Perez , a eu avec la prince héritier Fand d’Arabie Saoudité des entretiens « très positifs » . La sauvegarde de l’unité et de la force de l’OPEP a été étudiée en détail , a précisé un ministre saoudien qui assistait à l’entrevue . « Je suis sûr qu’il n’y aura plus le moindre obstacle a l’unité de l’OPEP » , a affirmé le président vénézuélien le 27 avril avant de quitter Ryad pour Téhéran , ou il a été accueilli par le chah , d’Iran .


A Ryad , les milieux informés estiment que l’Arabie Saoudite et les Emirats arabés unis pourraient décider d’augmenter leurs prix de 5% le 12 juillet prochain à Stockholm , où doit se tenir la réunion des ministres du pétrole de l’OPEP , tandis que les onze autres pays renonceraient à aller au- delà de l’agmentation de 10% effective depuis le 1 er janvier .


Avant même d’accueillir le président vénézuélien à Téhéran au côté du chah d’Iran . M. Amouzegar , ministre iranien du pétrole , a indiqueé qu’un tel accord serait acceptable pour son pays .


M. Carlos Andrés Perez , qui a déjà visité le Qatar et le Koweit , doit encore se rendre à About- Dhabi et en Irak , dont le ministre du pétrole , M. Abdel Karim , vient encore d’affirmer qu’une hausse de 25% des prix d pétrole en 1977 serait « entriérement justifié » .

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