U-003-048

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















DANS LE MONDE


brèves...


URSS


Le 26 janvier, un consortium de sept banques occidentales, dirigé par la Bank of America, a refusé un prêt de 200 millions de dollars à l’ URSS, pour "considération techniques ayant trait à la documentation". La banque emprunteuse celle du Comecon, devrait, semble t-il, se faire inscrire à Londres. La règle pourrait être généralisée. En réalité, l’impérialisme entend contrôler étroitement l’usage de se prêts et obtenir de l’URSS des informations et des comptes précis. Exigence qui se fera de plus en plus impérieuse.


RFA


l’arbitrage entre les revendication ouvrières et le propositions patronales devrait aboutir dans la métallurgie de la Rhénanie du Nord-Westphalie à une augmentation de 6,9 % des salaires de 1,3 millions de métallos. Cela aboutirait à une hausse réelle globale de 8,5 %. Les patrons ne voulaient pas initialement aller au-delà de 5 %. Les syndicats demandent 9 %. De nombreuses grèves d’avertissement, mais surtout l’affaiblissement politique ont eu raison de la résistance patronale et accru la "combativité" des dirigeants syndicaux, d’ordinaire plus dociles. Le gouvernement a d’ailleurs attaqué l’accord, considéré comme trop favorable aux ouvriers, par la voix du ministre libéral Friedrichs. Par ailleurs, rien n’est acquis, même à ce prix. Pour le gouvernement et le patronat. Les délégués ouvriers d’ Opel Rüsselheim à Frankfort, une des plus grandes usines d’ Allemagne, ont rejeté l’accord, considéré comme insuffisant. Le chômage en RFA atteint maintenant 1 250 000 travailleurs, passant de 4,8 % à 5,5 % de la population active, de décembre 1976 à janvier 1977. Où est passé le "miracle économique et social ?


Égypte


Les bailleurs de fonds sont en train d’ouvrir leurs coffres pour venir en aide au régime de Sadate mis en péril par les émeutes des 18 et 19 janvier derniers. Une mission du FMI prépare une aide massive au gouvernement égyptien ; dans un premier temps, 160 millions de dollars tirés sur le fonds. Les pays arabes producteurs de pétrole vont également apporter une rallonge aux fonds qu’ils procurent régulièrement à l’ Égypte. Le régime ne se tourne pas que vers les "frères arabes" ou les protecteurs capitalistes. L’ Égypte demande à l’ URSS de différer le remboursement de la dette en fournitures militaires contactée par le Caire. enfin, on fait marcher la planche à billets sur les bord du Nil. Le déficit budgétaire, que la hausse des prix qui a provoqué les émeutes visait à réduire, financera une augmentation de 10 % des salaires des fonctionnaires, le versement de primes, la construction de logements, etc. La peur coûte cher.

USA-Europe


9.2.77


coup de semonce


A l’étape parisienne de son voyage à travers les capitales occidentales, le vice-président américain Mondale a déclaré que ce premier déplacement était destiné à " montrer la très grande priorité que le président Carter donne à une coopération au plus haut niveau avec les alliés européens et le Japon ".


De fait ce voyage éclair la manière dont le États-Unis conçoivent la reprise en main de leurs relations avec la bourgeoisies européennes et japonaise, et ce que dissimule le "leadership moral" qu’entend exercer la nouvelle administration de Washington.


Une question a dominé toutes les autres, par l’urgence et la brutalité avec laquelle le représentant de l’impérialisme US l’a posée : celle des exportations de matériel nucléaire.


Il s’agit pour Washington de faire renoncer Paris et surtout Bonn à l’exportation, vers des marchés dont les USA veulent s’assurer le monopole, de centrales nucléaires, d’usines d’enrichissement de l’uranium, et de centres de retraitement du combustible. Depuis plusieurs mois déjà les États-Unis faisaient pression sur Paris et sur le Pakistan pour faire annuler un contrat entre les deux capitales, d’un montant de 500 millions de francs. Pour ce qui concerne l’ Allemagne c’est beaucoup plus sérieux, puisque le contrat avec le Brésil porte sur huit centrales, une usine d’enrichissement et un centre de retraitement, soit une valeur d cinq milliards de dollars, la plus grosse commande jamais passée à l’industrie allemande.


Officiellement, et en vertu des grands principes, Washington veut éviter une nouvelle extension de la prolifération nucléaire, en interdisant notamment la fourniture des centres de retraitement indispensable pour obtenir le plutonium, composant essentiel de la bombe.


En réalité, il s’agit de protéger un monopole commercial. Les États-Unis ont aujourd’hui la quasi-exclusivité de la fourniture du combustible nucléaire, au point que les centrales françaises ou allemandes doivent s’approvisionner en grande partie outre-Atlantique. Interdire l’exportation des usines d’enrichissement et de retraitement, c’est en fait préserver l’avantage commercial déterminant que constitue la possession du combustible pour les fabricants américains de centrales nucléaires. C’est préserver le "chasses gardées" de l’impérialisme US que constituent notamment les marchés latino-américains, avec un argument à la fois simple et de poids : pas d’achat de centrales américaines, pas de combustibles !


Et pour mieux faire réfléchir ses "alliés", Washington a d’ailleurs mis l’embargo sur les exportations de combustible nucléaire.


Paris avait cédé en grande partie dés avant le voyage de Mondale, en affirmant que le contrat avec le Pakistan serait le dernier de ce type. Le capitalisme français en déclin accéléré a trop besoins des crédits américains pour financer son déficit extérieur. Sa capacité de résistance est nulle. Bonn voudrait résister, car, comme l’a dit sans ambages le ministre allemand de l’ Économie, " il s’agit d’un test : si nous cédons, c’est l’ Amérique qui raflera tous les marchés".


Mais la plus puissante des bourgeoisies européennes, ou la moins faible, n’a guère les moyens de tenir tête aux USA.


En 1976 le déficit commercial US a atteint 6 milliards de dollars. Pour renverser cette tendance, et rétablir ses échanges extérieurs au détriment des autres puissances capitalistes, l’impérialisme US entend aller vite et fort. L’appel angoissé contre la guerre commerciale lancé par le premier ministre Fukuda à Tokyo au moment du passage de Mondale (le Japon est responsable de la moitié du déficit commercial US) prouve que, là-bas aussi, l’impérialisme US a dû parler le langage de la fermeté.


La décision récente de la compagnie d’aviation US "Western Airlines" de ne pas acheter l’ Airbus européen montre clairement de quels "arguments" va user Washington. C’est sans doute ce qui permet à M. Alain Vernay, du "Figaro", exprimant ainsi la faiblesse et la servilité obligée de la bourgeoisie française, de parler de l’ " inspiration éthique" de la politique de Jimmy Carter !


Cette reprise en main ne concerne pas que les alliés capitalistes des USA. La pression va s’exercer avec une force décuplée sur l’ URSS et les pays de l’ Est. Là aussi, les " grands principes " (défense des droits de l’homme) masqueront mal les intérêts (obtenir des concessions significatives pour le capital). Pression militaire d’abord, pression économique aussi. L’ URSS et les pays de l’ Est sont endettés de près de 40 milliards de dollars auprès de l’ Occident. Pour la première fois, un consortium bancaire vient de refuser un emprunt à l’ URSS.


A bon entendeur...

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