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12.2.77

SCIENCES


M. d’Ornano arrête onze mesures pour développer l’utilisation
des rejets thermiques de l’industrie et des centrales électriques


Le ministre de l’industri et de la recherche vient d’arrêter onze mesures destinées à développer les utilisations de la chaleur pouvant être récupérée à partir des installations productives d’énergie (centrales) ou d’installations industrielles. M d’Ornano a présenté ces mesure, jeudi 10 février, au cours d’une conférence de presse, en rendant public le rapport de la commission d’étude pour l’utilisation de la chaleur Ce rapport est disponible dans la série des dossiers de l’énergie publiée par le ministre de l’industrie et de la recherche, à la Documentation française, 29-31, quai Voltaire, 75340 Paris Cedex 07. Tel : 261.50.10. Prix : 20 francs. qu’il avait créer en octobre 1975 et dont la présence avait été confiée à M. Léon-Paul Leroy directeur général de la Caisse des dépôts et consignations.


Ces mesures qui, pour 1977, devraient représenter une dépense de 10 million de francs, consistant tout d’abord en une série d’étude d’avant-projets pour l’utilisation des rejets des centrales thermiques ou nucléaires dans la région de Nantes-Saint Nazaire, dans la banlieue parisienne et la banlieue Lyonnaise, dans l’agglomération de Metz-Thionville. Les études technico-économiques concernant les piles-piscines (petites centrale nucléaires exclusivement consacrées à la production de chaleur) et le stockage de chaleur seront poursuivies. Et surtout, a annoncé le ministre, les possibilités d’utilisation de la chaleur devront être systématiquement prises en compte dans les études préalables à l’implantation des centrales nucléaires.


" la récupération de la chaleur est d’intérêt national et elle est très souvent possible" a notamment déclaré M. d’Ornano, soulignant que, compte tenu des obstacle, " l’impression des pouvoirs publics est indispensable".


En 1975, les rejets au niveau des condenseurs des centrales électrique ont représenté 14 millions de tonnes d’équivalent pétrole (Mtep) ; en 1985, ils pourraient atteindre 47 Mtep. Parallèlement, la consommation d’énergie primaire (fuel le plus souvent) utilisée au chauffage des locaux pour l’ensemble de la France dépasse légèrement 50 Mtep (70 Mtep en 1985). La récupération de ces rejets le plus souvent imposés par des problèmes d’ordre thermodynamique parait donc fort séduisante et devrait permettre de couvrir une bonne partie des besoins en chauffage.
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Certaines opérations de "valorisation des rejets" ont déjà été réalisée en France sous l’impulsion notamment de l’agence pour les économies d’énergie : 5 hectares de serres ainsi chauffées grâce aux rejets thermiques de l’usine de séparation isotopique de Pierrelatte (Drôme) (le Monde du 9 juin 1976). La piscine de Porcheville (Yvelines) est chauffée à partir des rejets de la raffinerie de Gargenville.


De nombreuses difficultés freinent cependant l’utilisation directe des rejets, notamment ceux des centrales électriques Voir notamment le Monde du 23 avril 1975 et du 14 juin 1976. La première, et non la moindre, est liée à la " qualité " de l’eau rejetée, qui est généralement à une température de 30°C, et qui, estime le " rapport Leroy", " est pratiquement inutilisable, sauf pour certains usages agricoles". Pour pouvoir tirer parti de ces rejets, en particulier pour le chauffage, la température de l’eau devrait se situer entre 70 et 100°C, ce qui suppose une modification de la technologie des centrales.

La génération
du chauffage urbain


Un second obstacle important concerne l’utilisation éventuelle de cette chaleur récupérée pour sa généralisation dans le chauffage urbain. Pour éviter de trop grandes pertes en cours de transport, les centrales ne devraient plus comme c’est le cas pour les installations nucléaires en cours de construction, être systématiquement regroupées loin des villes : elles devraient au contraire, être dispersées et rapprochées le plus possible des centres éventuels de consommation, donc des agglomérations.


Enfin, le système ne pourrait être généralisé que si existe, par exemple au-dessus d’une certaine "densité de consommation ", une réelle incitation et même une obligation pour les promoteurs publics et privés peut-être même pour les particuliers de se brancher sur le réseau de distribution d’eau chaude mis en place.


Comme le soulignait, jeudi M. d’Oranano, l’impulsion des pouvoirs publics sera donc nécessaire. Sans doute faudra- t-il créer, dans les régions pouvant bénéficier des rejets d’une centrale ou d’une installation industrielle, des structure adaptées, du genre sociétés d’économie mixte, voire des "agences de bassins", suivant une idée développée, à l’Assemblée nationale,par un intergroupe d’étude de la majorité sur les problèmes de l’énergie constitué en décembre dernier. Présidé par M. Weisenhorn, député du Haut-Rhin (RPR), cet intergroupe a annoncé son intention de déposer un certain nombre de propositions de loi qui pourraient aller sans ce sens.


A ces problèmes structurels et administratifs s’ajoutent aussi des considérations techniques, comme celles liées au stockage : les unes et les autres devraient être étudiées dans le cadre des onze mesures arrêtées par le ministre de l’industrie et de la recherche.


Si les possibilités ouvertes par la récupération de la chaleur paraissent fort importantes, le moins qu’on puisse dire est que l’objectif choisi par les pouvoirs publics est loin de d’être ambitieux. A l’horizon 1985, le récupération des rejets thermiques pourrait représenter 2 Mtep, soit moins de 5% des rejets totaux, moins de 1% de la consommation totale d’énergie primaire.


M. d’Ornano a indiqué que l’utilisation des rejets devrait être prise en compte dans le choix des sites des centrales nucléaires. sage décision, mais qui semble arriver bien tard, alors que EDF a déjà, hors de toutes ces considérations, entrepris la constructions d’une vingtaine de réacteurs nucléaires. Dans ses conclusions, la "commission Leroy" préconisait " l’élargissement éventuel de la mission confiée à E.D.F. par les textes" , de manière, en particulier à pouvoir lui donner un rôle de producteur d’électricité et de chaleur. Les techniciens de l’entreprise nationale font valoir, à juste titre, que le soutirage d’importantes quantités de chaleur des centrales nucléaires fait baisser le rendement électrique de l’installation. Accepteront-ils facilement qu’on leur impose une telle mesure, qui les éloignerait de leur mission actuelle de producteurs d’électricité ? Rien n’est mois sûr, alors que, à l’évidence, c’est seulement dans son application aux centrales nucléaires qu’une politique de valorisation des rejets aura vraiment un sens.


M. d’Ornano pouvait jeudi, justement affirmer que l’opinion public ne comprendrait pas qu’on ne fasse rien pour lutter contre un tel gaspillage d’énergie. Comprendra-t-elle l’extrême prudence qui semble de mise ?

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XAVIER WEEGER.

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