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    2009.















ENERGIE


Les principales commandes concernant Super-Phénix
vont être passées


Une nouvelle étape dans le recours au nucléaire


La société Novatome, la répartition du capital de Novatome a fait l’ objet récemment de difficiles négociations, le C.E.A. étant désireux d’ obtenir la minorité de blocage (plus du tiers). Le ministère de l’ industrie et de la recherche souhaite que le captial soit réparti de la façon suivante : Creusot-Loire, 40% ; Neyrpie, 15% ; Alsthom-Altantique, 15% ; C.E.A. ; 30%, constituée en avril dernier à l’ initiative des pouvoirs publics pour être le maître d’ oeuvre de la réalisation des centrales nucléaires surrégénératrices, devrait, dans les jours qui viennent, recevoir commande des éléments principaux - en particulier la "chaudière nucléaire" elle-même et les générateurs de vapeur - de Super-Phénix, le surrégénérateur de 1200 MW, qui sera construit sur les bords du Rhône, à Creys-Malville (Isère). Le conseil de surveillance de la société Nersa, dont le capital appartient pour 51% à l’ E.D.F., pour 33% à l’ E.N.E.L. (l’ E.D.F. italien) et pour 16% à la S.B.K. - filiale de la R.W.E. allemande dans laquelle la Belgique et les Pays-Bas ont une participation, - a en effet autorisé le 20 décembre dernier, la direction de la société à passer ces commandes. La construction de Super-Phénix devrait s’ éclater sur sept ans et demandera un investissement de l’ ordre de 5 milliards de francs.


L’ autorisation donnée par le conseil de surveillance de Nersa de passer commande des éléments principaux de Super-Phénix permet de penser que le point de non-retour dans la décision française de faire appel à la technique des surrégénérateurs est atteint. Le contrat entre Nersa et Novatome n’ est certes pas encore signé, mais sa rédaction et son approbation par les pouvoirs publics ne devraient maintenant pas poser de problèmes autres que techniques.


La décision prise le 20 décembre dernier fait suite à celle annoncée au milieu d’ octobre par Nersa, de passer des marchés préparatoires, concernant notamment diverses parties du gros oeuvre (galeries et canalisations souterraines) et certaines études d’ exécution. A l’ époque, certains des partenaires présents au sein de Nersa en particulier, semble-t-il, les Allemands, avaient jugé prématuré de lancer les commandes principales, certains problèmes financiers n’ ayant pas été résolus.


Cet obstacles étant aujourd’hui levé, on peut dire que la décision du gouvernement français, prise le 15 avril 1976 lors d’ un conseil restreint réuni à l’ Elysée, va véritablement entrer dans les faits. Déjà chef de file mondial de la technique des surrégénérateurs avec Phénix, centrale de 300 MW qui a divergé le 31 août 1973 - et qui est arrêtée pour le moment à cause de fuites de sodium (le Monde du 22 décembre 1976), - la France affirme sa volonté de recourir largement à une technique jugée seule terme, l’ indépendance énergétique voulue.


L’ opposition aux surrégénérateurs reste cependant vive. La décision d’ avril dernier avait provoqué de nombreuses réactions. Le site de Creys-Malville, sur lequel des travaux de gros oeuvre étaient déjà commencés, a été le lieu, au printemps et à l’ été 1976, de manifestation anti-nucléaires contre lesquelles la police est intervenue. En septembre, le conseil général de l’ Isère, suivi en décembre par celui de Savoie, ont demandé au gouvernement de surseoir au projet de construction de Super-Phénix, A la fin de l’ année, c’ était au tour de nombreux scientifiques du CERN, de Genève, de demander l’ arrêt des travaux.


Pour les opposants aux surrégénérateurs, la nouvelle filière nucléaire est lourde d’ inconnues : la technique est mal maîtrisée et met en oeuvre d’ importantes quantités de sodium fondu (5000 tonnes pour Super-Phénix) et, surtout, de plutonium (4,5 tonnes). Selon eux, l’ appel massif aux surrégénérateurs, impliquant la mise sur pied d’ une véritable "industrie" du plutonium", risque d’ amener à une société où la circulation de cette matière biologiquement et stratégiquement si dangereuse imposera une surveillance policière croissante.


Les partisans de la nouvelle filière présentent à l’ opposé les surrégénérateurs comme le seul secours raisonnable pour éviter une dépendance énergétique aiguë ; le refus de faire appel à cette technique, font-ils valoir, réduit le pouvoir énergétique d’ une tonne d’ uranium naturel à 15000 tonnes d’ équivalent-charbon, au lieu de 900000 tonnes, si l’ on choisit d’ utiliser cette technique de pointe qui, estiment-ils, est très bien maîtrisée.


La décision de construire Super-Phénix - qui est un prototype - ne préjuge évidement pas des décisions qui seront prises ultérieurement concernant la construction d’ autres centrales d ce type. Il n’ en reste pas moins qu’ une nouvelle étape dans le recours à l’ énergie nucléaire va ainsi être franchie.


XAVIER WEEGER.

RAYONNEMENT
ET PLUTONIUM


A la différence des centrales nucléaires, où l’ uranium est "brûlé" et où le plutonium n’ est produit, en petites quantité, qu’ à titre de sous-produit, les surrégénérateurs ont la particularité, à partir d’ un combustible mixte uranium-plutonium, de produire plus de plutonium qu’ ils n’ en consomment.


Cela ne peut se faire qu’ au prix d’ innovations techniques importantes. La nature de la réaction nucléaire dans le coeur du réacteur soumet en effet les différents matériaux mis en oeuvre à un rayonnement très intense, qui impose que toutes les manipulations se fassent à distance. Et surtout, au lieu d’ eau comme dans la plupart des centrales nucléaires classiques (filière américaine), le liquide utilisé comme modérateur et caloporteur est du sodium fondu à plus de 500 °C. Les problèmes de sûreté sont donc compliqués par ces deux facteurs, et notamment par la très forte réactivité du sodium : celui-ci brûle spontanément au contact de l’ air et réagit très violemment avec l’ eau qui reste utilisée, dans les surrégénérateurs, pour la production de vapeur destinée à faire tourner les turbines productrices d’ électricité.


L’ Agence pour les économies d’ énergie vient de décider d’ accorder plusieurs subventions. - Trois opérations mettant en oeuvre des énergies nouvelles bénéficient de 310000 francs sur le budget-de la délégation aux énergies nouvelles (installations utilisant l’ énergie solaire à la maison de retraite d’ Aramon (Gard), à celle de Saint-Gilles). D’ autre part, 2,35 millions de francs ont été accordé à quatorze établissements pour réaliser des investissements générateurs d’ économie de fuel lourd et 7,16 millions ont été alloués à trois opérations de démonstration (amélioration thermique de bâtiments, chauffage d’ immeubles par récupération de calories d’ une raffinerie). Enfin, les taux des primes dont pourront bénéficier les entreprises réalisant en 1977 des investissements générateurs d’ économie passeront à 25%.

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