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...LE MONDE - 4 janvier 1977 - Page 11


Le Monde
DE L’ ECONOMIE

Europa


SUPPLEMENT ECONOMIQUE PUBLIE SIMULTANEMENT PAR LA STAMPA, THE TIMES ET DIEWELT


AIDE A L’ AFRIQUE


La tirelire
euro-arabe


REUNION décisive des bailleurs de fonds disposés à contribuer au financement du barrage hydro-électrique de Selingué. Il s’ agit d’ un projet ambitieux qui tient particulièrement à coeur aux Maliens et dont le coût est considérable : 135 millions de dollars environ. Nous sommes à Bamako en avril 1976. Le rôle assigné au barrage est double : d’ une part fournir de l’ électricité à Bamako et poursuivre ainsi la mise en place d’ une zone industrielle ; d’ autre part favoriser le développement agricole du sud-est du pays. L’ objectif de la rencontre : boucler le plan de financement.


Les délégations sont nombreuses (presque tout ce qui compte en matière d’ aide est représenté, sauf, cette fois, la Banque mondiale). Elles vont animer pendant quarante-huit heures le "grand hôtel" de Bamako, vaste bâtiment construit par les Egyptiens et le plus souvent vide, car les touristes préfèrent flâner à Tombouctou ou à Mopti plutôt que de s’ attarder dans la capitale. L’ Allemagne, la France, l’ Italie, le Fonds européen de développement (FED) ont dépêché des délégations puissantes. Il y a là des technocrates remarquables, comme M. Schmidt, qui représente le ministère de la coopération de Bonn, ou sa jeune collègue, Mlle Frechen, brillante économiste de la Kredit Anstalt fûr Wiederaufbau, de Francfort. Les Français sont conduits par M. Baudet, chef de service au ministère de la coopération ; la délégation du FED par M. Vincent, un polytechnicien dont l’ équipe gère le grand projet d’ infrastructure financé par la Communauté dans les pays d’ Afrique, des Caraïbes et du Pacifique signataires de la convention de Lomé. A côté de lui "son excellence" Pirzio Biroli, hériter du château des Brassac dans le Frioule, Vénitien raffiné à la carrière africaine déjà bien remplie, il dirige la commission européenne au Mali.


Tous ces fonctionnaires, familiers des itinéraires africains, se connaissent. Et voici qu’ ils trouvent à Bamako, en face d’ eux, pour la première fois venus aussi nombreux, les représentants de l’ aide arabe : six délégations au total. La plus en flèche, qui sera souvent le porte-parole des autres dans la discussion, est celle du Fonds du Koweït pour le développement économique arabe. A sa tête le sultan Abu Ali, un Egyptien d’ Alexandre. On dit qu’ il est richissime. Il parle l’ arabe, l’ anglais, mais aussi parfaitement le français. Les spécialistes qui l’ entourent sont anglophones avec, pour la plupart, une solide formation "banque mondiale".


PHILIPPE LEMAITRE.


(Lire la suite page 14.)

Le pétrole comme monnaie d’ échange


L’ AUGMENTATION du prix du pétrole à la suite de la conférence de Doha semble inférieure à ce qui avait été généralement prévu. Mais les pays de la C.E.E. n’ ont aucune raison de s’ en réjouir. Selon les prévisions de nombreux observateurs, il faut escompter en 1977 une hausse d’ environ 10%. Beaucoup de pays ont d’ ailleurs inclus une telle augmentation dans leurs prévisions de balance des paiements pour l’ année prochaine. L’ augmentation moyenne est actuellement évaluée aux environs de 8,5% : l’ Arabie Saoudite et les Emirats ont officiellement augmenté leur pétrole de 5% pendant que les autres pays de l’ OPEP (dont l’ Iran, l’ Irak, le Venezuela, l’ Algérie, l’ Indonésie, la Libye, le Nigeria et le Koweït) l’ ont augmenté de 10% (de 11,5 dollars à 12,7 dollars le baril) à compter de janvier et de 5% de plus (jusqu’à 13,3 dollars) à compter de juillet 1977.


En tenant pour acquise cette hausse de 8,5% (qui, comme nous le verrons, ne sera peut-être pas la véritable augmentation, spécialement pour certains pays), le total de la facture de pétrole supplémentaire à payer par la C.E.E. sera d’ environ 4 milliards de dollars et un autre demi-milliard de dollars représentant la charge des autres pays européens membres de l’ O.C.D.E. Les Etats-Unis devront payer pour leur part une note supplémentaire de 2,2 milliards de dollars le Japon de 1,4 milliard, et les pays en voie de développement non producteurs de pétrole de 1,2 milliard de dollars. Au total, la facture supplémentaire pour les pays importateurs de pétrole sera ainsi de 9,4 milliards de dollars, c’est-à-dire 8,5% s’ ajoutant aux 112 milliards de dollars payés en 1976 aux pays de l’ OPEP par ces pays.


par
FRANCESCO FORTE (*)


Mais la charge supplémentaire variera de pays à pays, selon plusieurs facteurs. En premier lieu, il reste à voir ce qu’ il adviendra de l’ augmentation saoudienne de 5% vis-à-vis de la hausse plus forte des onze pays durs de l’ OPEP : les compagnies pétrolières internationales répercuteront-elles automatiquement tous les avantages de cette moindre hausse au profit du consommateur et de la balance des paiements, ou bien garderont-elles pour elles-mêmes quelque différence, particulièrement dans les marchés les meilleurs, là où la capacité d’ absorption d’ une telle hausse de prix est la plus forte, tant du point de vue de la balance des paiements que du point de la demande des consommateurs individuels ?


En second lieu, on ne sait pas encore clairement si l’ Arabie Saoudite sera disposée à satisfaire tous les besoins que peuvent avoir les compagnies (nationales) des pays qui achètent normalement une part importante de leur pétrole dans les onze pays "durs" de l’ OPEP, si l’ Arabie Saoudite et les Emirats, qui fournissent environ un tiers du pétrole de l’ OPEP, augmentent leur offre pour répondre à ces demandes supplémentaires, la seconde hausse, celle que les autres annoncent pour juillet, ne serait pas probable. Beaucoup dépend aussi de ce que nous allons faire et de la façon dont nos économies vont se comporter en 1977. Un ralentissement de la demande globale rendrait évidement plus difficiles les augmentations du prix du pétrole, mais une politique plus constructive de la C.E.E. pourrait aussi les atténuer.


L’ attitude de l’ Arabie Saoudite peut même impliquer qu’ une augmentation substantielle du pétrole soit évitée.


Israël et la conférence Nord-Sud


Il faut noter à cet égard qu’ en 1976 les prix sont déjà montés sur le marché de 5% au-delà du prix officiel : or on ne sait pas clairement si l’ augmentation saoudienne s’ appliquera au prix officiel ou au prix réel sur le marché. M. Yamani tout en annonçant la modération saoudienne au sujet de la hausse du prix du pétrole, a ajouté un message important, bien que non dénué d’ ambiguïté : il a déclaré qu’ il espérait que l’ attitude bienveillante de l’ Arabie Saoudite et des Emirats serait équilibrée par un geste de remerciement des pays occidentaux dans le règlement de la controverse arabo-israëlienne à la conférence de Genève ou à la conférence Nord-Sud de Paris.


Il peut sembler que nous sommes devant deux lignes de conduite convergentes mais en fait il n’ en est peut-être pas ainsi. M.Claude Cheysson, commissaire pour les relations de la C.E.E. avec les pays en voie de développement, a déclaré, à l’ annonce des décisions de Doha : "Nous (les Européens) ne voulions pas jouer le jeu américain, et voilà le résultat." La C.E.E. aurait pu avoir une attitude différente à la conférence Nord-Sud.


(*) Professeur à l’ université de Turin


(Lire la suite page 14.)

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