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N24-012-001

  • Recherche textuelle
  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















perspectives nigériennes


Édité par le CENTRE D’INFORMATION DU NIGER

13, boulevard Haussmann - Paris IX ème


Mensuel n° 12


Octobre 1967


Éditorial 1


514 puits financés par le CEE 5


Voyage d’amitié 2


L’uranium nigérien 5


la voie du réalisme 2


L’ Histoire et les griots 6


Le commerce extérieur 3


Nouvelles brèves 6

PREMIER ANNIVERSAIRE


Notre Mensuel vient d’avoir un an. la force d’un journal se jugeant au nombre de ses lecteurs et de lettres reçues de ces derniers, nous pouvons dire que " perspectives Nigériennes " est exceptionnellement robuste.


L’accueil qui lui a été réservé, dés sa naissance, a prouvé que le Chef de l’ État Nigérien, son initiateur, avait vu juste. recherché par les hommes d’affaires français, belges, allemands, repris par les journaux de douze pays, demandé par des dizaines d’ Université, cité au Congrès des États-Unis par le Président de la Sous-Commission pour l’ Afrique, félicité par des des dizaines de lecteurs, notre mensuel s’est fait une place de choix dans les milieux politiques économiques et universitaires de 67 pays.


" Perspectives Nigériennes " est lu par :
- 4.841 francophones
- 4.654 anglophones, et
- 1.850 germanophobes.


Il a, entre autres, des lecteurs, au Japon, en Uruguay, en URSS, en Libye, dans tous les États européen y compris la Finlande et l’ Allemagne Orientale, dans tous les États africains, même en Guinée.


Ce succès, nous en sommes pleinement conscients, est la conséquence de la sympathie que suscite dans le monde la lutte acharnée pour le mieux être, pour lr progrès économique, social et culturel, d’un peuple pauvre en ressources mais riche en courage et en esprit d’initiative.


J. B.

UN VOYAGE D’AMITIÉ


La visite du Chef de l’ État Nigérien aux États-Unis a été, sans conteste, un grand succès.


Le Président Johnson a tenu à rendre hommage a son " leadership à la fois énergique et sage " et la qualité de " force motrice de l’ Unité Africaine, dont l’influence s’étend bien au-delà des frontières de sa patrie bien aimée ". Et il a conclu, en déclarant,


" Le nom de notre invité entrera dans l’histoire comme celui d’un homme discret, mais appelé à une haute destinée dans la réalisation d’une Afrique nouvelle "


De la tribune des Nations-Unies, le Président Diori devait attirer une fois de plus l’attention de l’opinion publique mondiale sur le problème vital de la détérioration des termes de l’échange.


" Les États Africains " a déclaré le Président du Niger, " ressentent pour leur part la nécessité de sortir du sous-développement, de devenir des producteurs au sens plein du terme et non plus des clients passifs. Or, les paysans africains voient décroître leu pouvoir d’achat en raison de la baisse des prix des produits de base dont la vente assure leur subsistances : cacao, arachides, coton, café etc. . . Devant une telle situation, les grandes puissances ont le devoir de prendre conscience de ce qui les lies au tiers monde sans l’épanouissement duquel leur propre épanouissement serait compromis. "

O.U.A. : LA VOIE DU RÉALISME


L’allocution du Président de la République du Niger devant les représentants des États membres de l’ Organisation de l’Unité Africaine réunis à Kinshasa au début du mois de septembre, était attendue aven impatience. Il devait parler, en effet, en sa double qualité de Chef d’ État et de Président de l’ Organisation Commune Africaine et Malgache, le plus important groupement africain au sein de l’ O.U.A.


Voici quelques extraits de son intervention qui, de l’avis unanime des observateurs, a fait une très forte impression.


" Nous voici réunis pour un nouveau départ ".


Si l’ O.U.A. veut réussir dans sa nouvelle entreprise, elle doit respecter " scrupuleusement et religieusement " les principe d’ Addis-Abeba : la non-ingérence, le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, le règlement pacifique des différends, la condamnation de l’assassinat et de la subversion.


" Si nous voulons réussir, il importe d’affronter avec réalisme les problèmes concrets qui constituent une menace permanente à l’égard de la stabilité politique, du progrès économique, de l’épanouissement culturel de notre cher continent.


" Il s’agit en somme de reconnaître que nos faiblesses, nos stagnations, nos échecs, on leur source principale dans le sous-développement.


" La fragilité de nos économies dans le contexte mondial nous impose de constituer de toute urgence un véritable front commun pour l’établissement d’une solide infrastructure de moyens de communications, la mise en place d’une réglementation favorisant les échanges commerciaux, l’harmonisation des plans de développement et, surtout, l’organisation des producteurs pour la défense des cour des matières premières tirées du sol et du sous-sol.


" N’est-il pas évident que les grandes puissances, par leurs énormes ressources matérielles et humaines, par le progrès constant de la technique et de la productivité, par leur organisation rationnelle, par la politique de soutien systématique des prix de leurs productions nationales, sont en mesure de fixer unilatéralement les prix mondiaux des matières premières ?


" Dans le domaine des corps gras, par exemple, n’est-il pas paradoxal, n’est-il pas décourageant que, malgré une productivité et une production globale croissantes, le cultivateur d’arachides voit diminuer sans cesse la rémunération de son travail du fait du développement massif des productions concurrentielles telles que le soja et le tournesol, et des mécanismes de soutien mis en place par les grands pays fournisseurs de ces produits ?


" Nous subissons tous, à des degrés divers, et sous les formes plus ou moins apparentes, cette dure loi d’airain qu’est la loi de l’offre et de la demande, que nous impose le bloc


( suite page 5 )

Progression constante du Commerce Extérieur


Pays essentiellement agricole et pastorale, d’une superficie de 1. 267. 000 Km2, le Niger, avec 3. 400. 000 habitants, reste tributaire de l’importation pour la presque totalité de ses besoins autres qu’alimentaires. ceci crée une tension particulière dans le domaine du commerce extérieur. Il apparaît dès lors intéressant, même à partir d’indication fragmentaires de donner un aperçu des échanges extérieurs de la République du Niger.


EXPORTATIONS


Les exportations contrôlées ont progressé en 1966 de 37 % par rapport à 1965 et de 70 % par rapport à 1964.


Exportations
( 1960-1966 )
F.F.


Année


Valeur


1960


62.160.000


1961


76.480.000


1962


96.660.000


1963


106.760.000


1964


93.300.000


1965


125.000.000


1966


172.000.000


Les exportations concernant essentiellement l’arachide et ses dérivés, le bétail, le coton et les haricots. Oe, en 1966, si les ventes de bétail sur pied on quelque peu stagné, les ventes d’arachides, de tourteaux et de coton ont progressé largement.


En valeur, les ventes d’arachides sont passées de :


1960 :


36.140.000


1961


50.000.000


1962


36.600.000


1963


64.360.000


1964


65.860.00


1965


72.260.000


1966


106.600.000


La France demeure de très loin le principal client du Niger pour ce produit avec des achats de 78.280.000 f.F.


Les exportations du Niger se sont dirigées à 67 % vers les pays de la C.E.E. soit 94.100.000 F.F. vers la France et 21.320.000 f.F. vers les autres partenaires de la Communauté européenne, l’ Italie augmentant ses achats de 1.836.000 F.F. entre 1965 et 1966.


La France reste le premier client du Niger avec plus de 55 % des exportations de ce pays. Le second client demeure le Nigéria avec une grande part d’importation non contrôlées.


L’ Italie en 1966 devient le troisième client avec ses achats d’arachides. Vers les pays africains les exportations nigériennes ne constituent que le dixième du montant total.


IMPORTATIONS


En revanche, les importations nigériennes ont progressé plus légèrement : 19 % par rapport à 1965 et 34 % par rapport à 1964.


Importations 1960-1966
( valeur en F.F.>


Années


Valeur


1960


64.140.000


1961


93.065.200


1962


136.610.540


1963


139.242.880


1964


162.279.780


1965


185.999.840


1966


222.300.000


Jusqu’à maintenant les principales importations du Niger, en tonnage, étaient le ciment et le produit pétrolier ; en valeur , les tissus imprimés et tissés de coton, les véhicules routiers et les pièces détachées.


En 1966 avec la mise en route de la cimenterie de Malbaza et l’extension de l’usine d’égrenage de coton de Madaoua, les importations de ciment ont pratiquement disparu et celles de tissus de coton ont baissé. Ainsi la France qui vendait au Niger pour 18.780.000 F. de tissus de coton en 1965 n’en a vendu que pour 12.240.000 F.F. en 1966.


La part de la zone franc reste toujours prépondérante dans les importations avec 138.000.000 F.F. sur un total de 222.200.000, ce qui représente 62 % du montant total. Par rapport à 1965, la part de la zone franc a augmenté de 14 % ( 119.639.960 F.F. en 1965 ). La France est le premier fournisseur du Niger avec 51,5 % du total des importations, les autres États de la C.E.E. totalisant 9,8 %.


La part de la zone dollar a progressé, passant de 4,33 % en 1965 à 6,7 % en 1966.


Les importations de produits japonais ont fait un bond considérable passant de 1.280.000 F.F. en 1965 à 7.980.000 en 1966.


On peut noter en revanche que les achats aux pays de l’ Est n’ont guère évolué, 12.780.000 F.F. en 1966 contre 12.500.000 en 1965, malgré la hausse des importations de Chine populaire qui devient ainsi le deuxième fournisseur du Niger avec un montant de 12.180.000 F.F.


ÉVOLUTION DU COMMERCE EXTÉRIEUR


BALANCE COMMERCIALE


En 1966, le volume des échanges commerciaux s’est accru de 26,4 % ce qui représente une progression de 36.300.000 de francs pour les importations et de 47.000.000 F.F. pour les exportations.


En fait le Niger semble s’acheminer progressivement vers un assainissement de sa balance commerciale.


En 1964, le pourcentage de couverture des importations était de 56 % ; en 1965, il passait à 67 % et, en 1966, il atteint 76 %.


des nations nanties, en fixant pratiquement seules les cours mondiaux, et sans autre considération que la satisfaction égoïste de leurs propres besoins. . .
" L’enthousiasme seul est suffisant, s’il ne se conjugue avec la lucidité dans l’approche des problèmes, le réalisme dans le choix des solutions, la ténacité et la cohésion dans l’action et, avant tout , l’esprit de tolérance.


" En montrant au monde entier, aussi bien aux amis de l’ Afrique qu’à ses détracteurs, que nous avons la ferme volonté de sortir du sous-développement, nous acquerrons définitivement le respect, l’estime et la sympathie. . . "


514 PUIYS FINANCÉS PAR LA CEE


Nous avions, dans notre dernière livraison, fait allusion au financement accordé par la Commission de la C.E.E. pour la construction de 514 puits dans la zone sédentaire où les activités agricoles sont possibles et où sont installés près de trois millions d’habitants, soit la majeur partie de la population.


Le montant de ce financement étant très important ( 26.000.000 F.F. ) et l’aide apportée représentant un apport considérable pour le développement du Niger, il nous est apparu intéressant de revenir sur ce sujet.


Il s’agira de puits cimentés, d’une profondeur moyenne de 42m avec margelle et pourtour extérieur pour abreuver les bêtes.


Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un programme de réalisations poursuivi depuis plusieurs années par le Gouvernement du Niger et qui fait suite à deux projets de création de points d’eau financés par le Fonds Européen de Développement pour un montant de 6.514.000 dollars, soit 32.570.000 F.F. et qui portaient sur 545 puits.


Cela signifie que, au terme de cette 3ème étape, près d’un millier de villages du Niger disposeront de puits modernes.


Inutile de préciser que la réalisation de ces projets se traduira par une amélioration de l’approvisionnement en eau des collectivités locales intérieures dont les besoins sont prioritaires. Enfin il en découlera un accroissement certain de la productivité du cheptel.


L’EXPLOITATION DE L’URANIUM NIGÉRIEN


Après la conclusion des accords signés en juillet dernier, il a été décidé de constituer, dans les meilleurs délais, une société franco-nigérienne " la Société de Mines de l’ Aïr ", en vue de l’exploitation du gisement d’ Arlette.


le capital social a été fixé à 60.000.000 de francs français. Participent à ce capital le gouvernement du Niger ( 15 % ), le Commissariat à l’ Énergie Atomique ( 45 % ), la compagnie Mokta ( 20 % ) et la Compagnie française des Minerais d’ Uranium ( 20 % ), filiale de Pannaroya. Ces deux sociétés privées bénéficient d’une longue expérience dans l’exploitation de l’uranium.


Un prêt de 1.686.000 F.F. a été accordé par la Caisse Centrale de Coopération Économique ( France ) pour permettre la participation du Niger à la société.


D’autre part, et sous un tout autre plan, le Commissariat à l’ Énergie Atomique vient de se voir accorder le renouvellement pour cinq ans du permis de recherches de l’ Elrhaz qui couvre une superficie de 17.700 km2, situé dans la préfecture d’ Agadès, et qui est voisin du permis de Tegguida N’ Tessoum où se trouve le gisement d’uranium d’ Arlit.


QUAND L’HISTOIRE FAIT APPEL AUX GRIOTS


L’ Afrique n’a pas d’histoire écrite. Elle y a suppléé par une tradition orale fort riche. Mais cette transmission religieuse des faits et événements du passé de père en fils risque d’être coupée et le passé totalement oublié, parce que, précisément, l’Afrique elle-même est entrain de muer de la parole à l’écrit et de la forme patriarcale de société à la forme dite moderne. D’où le grand danger de voir tarir cette source unique de transmetteurs de l’ Histoire comme conséquence de l’évolution historique. Les Africains d’âge mûr constituent donc aujourd’hui, le dernier groupe de détenteurs valables de tradition orale, c’est-à-dire susceptible de fournir des indications utilisables par les historiens.


Historiens, linguistes, ethnologues et même musicologues venus d’ Afrique, de France, de Belgique, de Hongrie, de Grande-Bretagne, se sont réunis en conséquence à Niamey, en colloque, sous l’égide de l’ UNESCO pour examiner l’ensemble des problèmes que posent le

collecte des traditions orales, l’analyse des données recueillies, l’organisation de centre de documentation et de recherches.


Il ressort en effet des travaux menés jusqu’à présent que le domaine des traditions orales africaines regroupe une multiplicité de matériaux susceptibles d’une exploitation historique au sens strict du terme et même d’une approche ethnologique et littéraire.


Aussi les experts présents au Colloque ont-ils mis au point un projet régional de collecte des traditions orales dans la vallée du Niger, zone prioritaire de recherches historiques en raison du nombre important de griots et généalogistes attitrés qui y vivent. Dans ce contexte, il a été décidé en particulier d’établir un centre régional de recherches et de documentation à Niamey.

nouvelles brèves


5° CONGRÈS NATIONAL DES SYNDICALISTES NIGÉRIENS


Tous les problèmes nationaux et internationaux ont été passés en revue par les participants au 5° Congrès de l’ Union Nationale de Travailleurs Nigériens, le mois dernier à Niamey. Les mots d’ordre étaient " Paix et fraternité entre les peuples d’ Afrique et du monde ", mais aussi vigilance et ardeur au travail afin de mener à bonne fin la " révolution économique " au Niger. le gouvernement était représenté par quatre ministres sous la présidence de Monsieur Boubou Hama, Président de l’ Assemblée nationale.


UNE NOUVELLE REVUE


" Niger " nouvelle revue trimestrielle, vient de faire paraître son premier numéro. Cent pages de textes, abondamment illustrées, présentent de façon claire et soignée les hommes et les événements du Niger d’hier et d’aujourd’hui.
Ceux qui s’intéressent au Niger peuvent d’adresser à : " Niger " B.P. 860.


" JAGUAR "


L’ Afrique était présente au festival de Venise avec un film de l’ethnologue français Jean Rouch, " Jaguar ", présenté hors compétition.


Les jeunes du Niger et de Haute-Volta, à la saison sèche, quittent leur village pour la Côte d’ Ivoire et le Ghana et rentre au pays à la saison des pluies.


Un nigérien, Damouré, le " jaguar ", commente le film de façon très humoristique, se gaussant aimablement de ses amis et de lui-même, car il n’est pas dupe des apparences. Finalement, le pêcheur, le pasteur, et l’agriculteur seront plus heureux chez eux que les travailleurs à deux shillings et demi par jours des mines d’or d’un lointain pays.


Directeur de la Publication : M. Maraval
Rédacteur en chef : L. Tévidic
Abonnement annuel : 10. - francs
Imprimé par Eurafor-Press, 13 bis, rue Lafitte, Paris.

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