Blé
ANNEXE I
LES INCIDENCES DE LA SECHERESSE DE 1968 SUR LA SITUATION ALIMENTAIRE ET LE CHEPTEL AU NIGER
A. CONSÉQUENCE SUR LA SITUATION ALIMENTAIRE
- 1.
Département de NIAMEY : la récolte a atteint à peine le 1/3 de celle de l’année 1967.
- 2. Dans l’Arrondissement de
OUALLAM, 200 villages sur les 236 que compte l’arrondissement sont dans une situation alimentaire critique. Déficit total de vivres dans les cantons de Hamdalaye et Kouré Namaro.
- 3.
TILLABERY : la montée rapide du fleuve a endommagé les rizeries de Tillabéry, d’où une production de riz inférieure à celle de l’année précédente.
- 4.
Département de DOSSO : récoltes médiocres. Production d’arachide ingérieure de 20 % à celle de 1967. Récolte de mil réduite de 30 % à 50 %. En conséquence, le kilo de mil est passé de son prix normal de 9 F à 32 F. Aucun résultat n’a été obtenu des cultures de riz des mares dans les régions de Boboye, Gaya et Doutchi.
- 5.
L’arrondissement de DOUTCHI : qui a eu les meilleurs résultats à la récolte, a enregistré en 1968 les tonnages suivants, de beaucoup inférieurs à ceux de 1967 :
1968
1967
Mil
50.000
75.000
Sorgho
6.000
24.000
Vandsou
18.000
31.000
Haricot
4.000
6.000
Arachides
6.800
7.500
Riz
50
500
A Gaya, après l’attaque des chenilles, la production a été la suivante, en tonnes :
Mil
Sorgho
Niébé
Vandsou
Maïs
1968
300
500
120
500
500
1967
600
800
150
700
700
Pour combler ce déficit alimentaire il faudrait au minimum 5.000 T de mil pour le seul arrondissement de Doutchi.
- 6.
Département de TAHOUA : dans les régions de Ourno, Kallé et Arzérori la récolte a été nulle. La presque totalité des populations de Galma et Gandassamon est en exode à cause du manque de vivres. La région de Bangui doit se ravitailler au Nigéria.
- 7.
Région de KONNI et de MADAOUA
- à cause de la sécheresse aucune culture de niébé ne s’est développée.
- diminution en 30 % de la production de coton, tandis que pour l’arachide la baisse est de 50 % par rapport à l’année précédente.
- 8.
Vallées de LOUDON et IBAGATTEN
- la production de mil et de sorgho a baissé de 40 %. De la sorte, une aide de 6.000 T de mil a été sollicitée pour éviter la famine dans le département, où dans l’ensemble la récolte est le 1/3 de l’année précédente.
- 9.
Département de MARADI
- Près de 50 % des cultures ont été endommagées (sécheresse des mois de Juillet et Août).
- La production de sorgho est de 60 % inférieure à celle de 1967.
- Diminution de 30 à 35 % de la production d’arachide et de coton
- Manque d’argent dans toute la région
- 10.
Département de ZINDER
Quoique étant le seul département ayant pu maintenir l’équilibre, on note les baises suivantes de production en tonnes :
Mil
Sorgho
1968
51.650
10.500
1967
60.500
13.500
Secteur de Magaria : récolte déficitaire à Dantchiao, Ouzcha, Dungaso et Gouchi.
- 11.
Département de DIFFA
Région de Sayan : récolte nulle
Mainé-Soroa : 71 villages à Mainé et 41 à Goudoumaria n’ont presque rien récolté cette année, d’où période de soudure très difficile.
Komadougon : le secteur de la Komadougon manque totalement de mil et de sorgho.
- 12.
Département d’AGADES : la pénurie alimentaire dans tous les départements de l’Est a obligé ce département à vivre de l’importation.
L’action de secours du Gouvernement n’a pas pu rétablir la situation et les 7.250 T de sorgho de l’US-AID et de PAM n’ont suffit qu’à une proportion infime de la population.
B. LES EFFETS SUR LE BETAIL
1. Mortalité chez les bovins
Vaches âgées : cette catégorie d’animaux aurait perdu de 80 à 100 % de ses effectifs. Ces pertes représentent de 2 à 3 % du troupeau.
Vaches en lactation ou gestantes : les pertes seraient comprises entre 5 et 15 % de la catégorie, soit 2 à 4 % du troupeau.
Taurillons, génisses et taureaux : plus aptes à résister, la mortalité ne dépasserait pas 5 % de leurs effectifs, soit 2 % du troupeau.
Les veaux : de la naissance à un an, ils constituent la classe la plus touchée. La mortalité varierait de 40 à 60 %, mais il convient de rappeler qu’en année normale cette d’âge perd de 30 à 40 % de ses effectifs selon les mondes d’élevage (nomade ou sédentaire).
- Une première estimation globale, situerait entre 7 % et 15 % de l’effectif la mortalité bovine imputable à la sécheresse début juin.
- 2.
Mortalité chez les petits ruminants
Mortalité ovine en Juin : de l’ordre de 145.000 têtes pour un effectif de 1.600.000 bovins, soit 9 % de l’effectif (selon les renseignements fournis par les départements de Niamey, Dosso, Diffa et Agades)
- En étendant cette première estimation à l’ensemble du cheptel national (4.200.000 têtes), les pertes totales du cheptel bovin seraient de l’ordre de 380.000 têtes, soit approximativement : 150.000 veaux (40 %) ; 95.000 vaches laitières (25 %), 95.000 vaches âgées ; et 40.000 bovins des autres catégories (10 %).
- Evalués aux cours de l’année 1968, ces animaux représentent un capital de 2.055 millions de francs.
- En ce qui concerne les petits ruminants, il est permis d’évaluer à 5 % pour l’ensemble du pays la diminution du troupeau en raison de la sécheresse soit par mortalité soit par abattage en dernière limite, ce qui représenteraient 115.000 moutons et 290.000 chèvres d’une valeur de 400 millions de francs aux cours de 1968.
- L’effritement des cours du bétail, dû à l’abandon de l’offre, aggravé d’ailleurs par le manque d’intérêt des commerçants qui n’auraient pu acheminer les bêtes achetées vers les centres de consommation, où, de leur côté, les bouchers refuseraient l’achat d’animaux à carcasses inexploitables.
- L’impossibilité d’écouler la majeure partie du bétail commercialisable, si ce n’est pas à très bas prix, a privé les éleveurs d’une recette qui avoisinerait 30 % des ventes habituelles.
- Sur les marchés des zones les plus défavorisées, les prix pratiqués ne représentaient souvent que le tiers de la valeur attribuée en 1968, voire le quart parfois le dixième.
- Le manque à gagner au cours du 1er semestre 1969 peut être estimé à 500 millions de francs.
- La production laitière commercialisée, qui était estimée à 1.200 millions de francs en 1964, a souffert une perte de 400 millions de francs au moins, soit vraisemblablement plus du tiers.
- Le dernier point à retenir dans cette situation calamiteuse est le problème de la reconstitution du cheptel après cette campagne de sécheresse.
En effet, la mort des vaches reproductrices, ainsi que les nombreux avortements constatés et la disparition d’un fort pourcentage des veaux de l’année modifieront considérablement la structure des troupeaux dans les années à venir.
Sans modification des conditions sanitaires actuelles il n’est pas permis d’espérer retrouver l’effectif antérieur avant huit ou dix ans.
L’impératif de reconstitution du troupeau impliquera alors l’adoption d’une série de mesures dont :
La protection sanitaire du troupeau : la reconstitution de l’effectif ne pouvant être assurée que par les jeunes, une action sanitaire plus étendue sera nécessaire afin de réduire la pathologie actuelle de ceux-ci/
Moyens nécessaires à l’action sanitaire : le besoin urgent de protection sanitaire du troupeau implique entre autres l’affectation aux équipes mobiles de l’Elevage des moyens nécessaires pour intervenir, vacciner et traiter (véhicules, matériel de conservation des vaccins, médicaments et produits biologiques).
La lutte contre le parasitisme, responsable de la mort de 15 à 25 % des jeunes bovins, trouve maintenant sa pleine justification.
NIGER COMMERCE EXTERIEUR
EXPORTATION DES PRINCIPAUX PRODUITS DE
1965 A 1968
QUANTITE : TONNE
PRODUITS
1965
1966
1967
1968
12 mois
12 mois
12 mois
9 mois
TOTAL
178.271
229.885
337.580
132.692
dont :
Bovins poids
20.172
18.364
17.734
12.059
Nombre de têtes
49.524
61.212
59.114
40.530
Ovins caprins poids
1.971
1.945
1.220
382
Nombre de têtes
61.801
102.376
64.198
20.122
Poissons séchés, fumés, salés
71
64
Oignons
4.029
3.568
3.028
2.107
Haricots
14.416
4.102
5.713
10.569
Mil
13.263
59
Arachides décortiquées
86.402
163.567
285.521
93.404
Huile brute d’arachide
4.811
8.789
7.481
3.792
Tourteaux d’arachides
6.755
16.307
7.484
5.506
Cuirs et peaux
555
435
352
317
Peaux de reptiles
9
5
1
1
Coton en masse égrené
1.905
2.039
2.588
713
VALEUR : MILLIERS DE FRANCS CFA
PRODUITS
1965
1966
1967
1968
12 mois
12 mois
12 mois
9 mois
TOTAL
6.249.962
8.574.398
6.301.028
4.450.226
dont :
Bovins poids
(806.892
(734.544
(709.368
(486.360
Nombre de têtes
(
(
(
(
Ovins caprins poids
(20.801
(214.988
(134.837
(42.291
Nombre de têtes
(
(
(
(
Poissons séchés, fumés, salés
6.317
14.445
Oignons
64.470
55.395
48.955
41.965
Haricots
497.864
125.414
171.390
317.058
Mil
15.242
948
Arachides décortiquées
3.059.813
5.330.131
3.782.564
2.638.663
Huile brute d’arachide
283.463
661.388
530.597
329.649
Tourteaux d’arachides
93.196
213.391
108.457
78.117
Cuirs et peaux
142.176
114.507
89.175
67.212
Peaux de reptiles
16.623
521
970
110
Coton en masse égrené
262.207
500.022
360.803
95.621