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N-24-010-001

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  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















perspectives nigériennes


Edité par le CENTRE D’ INFORMATION DU NIGER
13, boulevard Haussmann - Paris IXème


MENSUEL ---------- n°10 ---------------- Juillet 1967



SPECIAL Expo 67


Sommaire



Accord Niger-France

l’ Uranium


1



Le Fonds de l’ Entente


1



Production de riz doublée


2



L’ Elevage


3



Nouvelles brèves


5


`
Un crocodile


5



Connaissance du Niger


6


ACCORD NIGER-FRANCE SUR L’ URANIUM


Le Président Diori Hamani, arrivé à Paris le 2 juillet, a été reçu le 5 par le Général de Gaulle pendant plus d’ une heure.


"Nous pensons qu’ un protocole entre les deux gouvernements va définir les modalités de l’ exploitation et la participation à cette exploitation de la République du Niger et de la France. Je signerai moi-même ce protocole à la fin de ce mois, au nom de mon pays".


Aux termes de cet accord, la France sera le client prioritaire, mais ses besoins étant couverts, l’ excédent d’ uranium pourra être exporté ailleurs.


Rappelons que les gisements d’ uranium du Niger sont d’ une importance considérable. Le premier gisement qui sera exploité et qui ne constitue qu’ une faible partie de l’ ensemble, continent 20.000 tonnes de métal uranium, ce qui est identique aux fameux gisements du Colorado. La teneur de ces gisements, estimée tout d’ abord de 1,5 à 2 pour mille, est en définitive de 2,5 pour mille.


Les conséquences de l’ exploitation des gisements nigériens seront considérables pour les besoins futurs du Niger, et ceux du marché international.


LE FONDS DE L’ ENTENTE FAIT SON BILAN


Le Comité de gestion du "Fonds d’ Entraide et de Garantie" du Conseil de l’ Entente s’ est réuni les 5 et 6 juin derniers à Ouagadougou, en présence des délégués des 15 Etats-membres (Côte d’ Ivoire, Dahomey, Haute-Volta, Niger et Togo).


On connaît l’ originalité de ce Fonds, dernier rouage créé dans le cadre de l’ Entente et dont le but est de garantir les emprunts productifs en tenant compte du souci de Sécurité des investisseurs étrangers. Cette garantie est accordée aussi bien aux entreprises privées qu’ aux organismes publics des Etats-membres.


Durant les neuf premiers mois de son existence, le Fonds a fait preuve d’ un dynamisme remarquable. Ainsi il a pu obtenir le financement de plusieurs études qui sont en cours pour la plupart :


1° Les études financées par le Fonds d’ Aide et de Coopération (FAC) français, pour un total de 1.605.000 F .F., se répartissent comme suit :



300.000 F .F. : aménagement du tourisme


320.000 F .F. : production, transformation et commercialisation de la viande


15.000 F .F. : établissement d’ un dossier type d’ abattoir- séchoir brousse


100.000 F .F. : aménagement des chutes de Banfora en Haute Volta


800.000 F .F. : étude des gisements de calcaire dahoméens et togolais


70.000 F .F. : création d’ une fabrique de pneumatiques pour cycles.


2° Les études financées par l’ U.S. -AID (2.050.000 F .F.) donnent, quant à elles :



175.000 F .F. : transformation industrielle de la viande


750.000 F .F. : ressources agricoles


1.125.000 F .F. : stabilisation des prix et stockages des céréales.


Le Fonds de Garantie a procédé par ailleurs à la recherche du financement de certains projets, à la demande des Etats :



1.600.000 F .F. : téléphone automatique à Ouidah (Dahomey)


1.960.000 F .F. : extension du réseau automatique de Ouagadoudou (Haute-Volta)


910.000 F .F. : réseaux téléphoniques à Tahoua, Dosso, Niamey, Maradi (Niger)


Le Fonds suivi des opérations pour les quelles son aval sera demandé :



3.460.000 F .F. : opérations de télécommunications


1.600.000 F .F. : hangar de stockage de produits d’ exportation à Ouagadougou


2.600.000 F .F. : complexe textile au Niger


6.100.000 F .F. : opération "kenaf" au Dahomey


Il faut ajouter à l’ actif du Fonds un rôle important de liaison en ce qui concerne des projets industriels inter-étatiques, dont certains feront intervenir l’ aval du Fonds au moment de leur réalisation.


Il est à noter que le Fonds va bénéficier désormais de l’ aide étrangère. C’ est ainsi que la France vient de verser une subvention de 2.000.000 F .F. Les aides fournies par les pays étrangers auront un caractère multinational et n’ affecteront en aucun cas les aides bilatérales que ces pays consacrent déjà aux Etats-membres.


PRODUCTION DE RIZ DOUBLEE


Le riz est d’ implantation très récente au Niger, comme partout ailleurs en Afrique de l’ Ouest où son succès est tel, que sa consommation a augmenté de 70% par rapport aux moyennes d’ avant guerre. Il s’ en suivi un accroissement considérable des importations. Pour y pallier tous les gouvernements africains ont procédé à diverses opérations tendant à étendre la culture du riz et à en améliorer les rendements.


Ces diverses mesures ont permis par exemple au Niger d’ abaisser le prix du sac de riz de 140 F .F., voilà quelques années, à 90 F .F. à l’ heure actuelle.


La région de Tillabéry, située au bord du fleuve Niger, dispose de plaines largement inondées. Pour pouvoir l’ exploiter d’ une façon intensive, le gouvernement nigérien a eu recours à l’ assistance technique de la Chine Nationaliste qui a envoyé 36 de ses experts sur place. Suivant l’ accord passé entre Niamey et Taipeh, celui-ci doit fournir au Niger non seulement des techniciens mais aussi des machines agricoles. Pendant les cinq années à venir, 1.000 ha supplémentaires doivent être aménagés, le coût total de l’ opération étant évalué à 14.700.000 F .F.


Le fait est, qu’ à l’ heure actuelle, la production totale de riz est de 20.459 T pour la campagne 1966-1967 contre 11.704 T pour la campagne précédent.


La commercialisation de la production reste le monopole de COPRO-NIGER.


Le plan quadriennal du Niger prévoit le rachat par l’ Union Nigérienne de Crédit et de Coopération (UNCC) de la rizerie de Tillabéry inaugurée en 1964 et appartenant à la COPRO-NIGER. Celle-ci, modernisée verra sa capacité de production portée de 10. 000 T à 20.000 T moyennant des investissements de l’ ordre de 1.400.000 F .F. dont 400.000 seront financés par le Fonds Européen de Développement. La création d’ une deuxième rizerie est prévue au cours du 2° plan quinquennal (1969-1974) avec des investissement de l’ ordre de 2.000.000 F .F.


Une société "Le riz du Niger" a été constituée. Société anonyme, créée le 3 janvier 1966, au capital de 60.000 F .F., elle a son siège à Niamey et s’ occupe du traitement du paddy de la transformation et de la vente du riz.


Une richesse potentielle
considérable : l’ élevage


L’ élevage est pratiqué au Niger sur 650.000km2 environ, soit plus de la moitié de la superficie du pays. Ceci n’ a rien d’ étonnant si l’ on considère la position géographique du pays, en pleine zone sahélienne, ce qui impose, soit la prédominance de l’ élevage, soit même son exclusivité. Aussi l’ élevage constitue-t-il l’ activité économique de base du Niger, avec l’ agriculture.


L’ élevage se développe lentement et régulièrement. Le nombre des bovins s’ est accru de 14% par an, depuis 1960, tandis que celui des ovins et caprins restait plutôt stationnaire. L’ importance effective du cheptel est difficile à évaluer. Le tableau ci-dessous compare les résultats du recensement de 1964 aux estimations effectuées à partir de plusieurs sources de renseignements différentes.





Année 1964



Catégories


Recensés


Estimés



Bovins


2.155.000


3.900.000



Ovins, caprins


4.463.300


7.500.000



Camélidés


257.000


360.000



Equins


120.000


150.000



Asins


228.000


300.000


L’ écart imposant qui existe entre les chiffres du recensement officiel et ceux des estimations s’ explique par le fait que les premiers servent de base à l’ impôt de capitation bétail : ils ne tiennent compte que des animaux imposables, c’ est à dire âgés de trois ans pour les bovins, un an pour les ovins ; en outre ils sont établis à l’ aide des déclarations des éleveurs qui, évidemment, ont tendance à les minimiser.


La valeur de ce cheptel a été estimée à environ 1.000.000.000 F .F., les bovins en représentant, seuls, les trois quarts.


LA COMMERCIALISATION


Le commerce des produits et sous- produits de l’ élevage constitue à l’ heure actuelle le revenu essentiel et souvent unique de couches importantes de la population locale et un élément primordial du commerce extérieur.


Le nombre des animaux présentés sur les marchés est en nette augmentation :





1960


1964



Bovins


482.347


702.767



Ovins


1.053.996


1.313.640



Caprins


1.457.207


1.660.167


Dans la mesure où il est possible d’ avancer une évaluation, les exportations contrôlées d’ animaux vivants sont estimées à 170.000 bovins, 250.000 ovins et 250.000 caprins. Elles ne représentent qu’ une faible partie des exportations réelles.


Le Nigéria est de loin le premier client, avec une proportion de l’ ordre de 80 à 90% des bovins, ovins et caprins. Les autres clients sont, par ordre d’ importance, pour les bovins : le Ghana, la Haute-Volta, le Dahomey, le Togo, le Côte d’ Ivoire et pour les ovins : la Côte-d’ Ivoire, le Damohey, la Haute-Volta, le Ghana, le Togo, l’ Algérie.


Les estimations d’ abattage portent sur 15.950 T de bovins, 9.680 T d’ ovins et 13.750 T de caprins. Les bêtes abattues sont destinées en presque totalité à la satisfaction des besoins locaux. Quelques centaines de tonnes seulement sont exportées sous forme, soit de viande fumée, soit de viande fraîche pouvant être préparée par l’ abattoir frigorifique de Niamey. Cet abattoir d’ une capacité de 4.500 T par an vient d’ être achevé.


Il existe également un abattoir moderne à Agadès depuis 1963 et à travers tout le Niger, quelques 220 centres d’ abattage. Une conserverie de viande est prévue à Niamey : construite sur aide allemande, elle sera d’ une capacité annuelle de 1.500 T.


Les cuirs et les peaux (voir "Perspectives Nigériennes" n°5) sont utilisés pour une part par un artisanat local très actif, ou bien exportés, soit par la voie des commerçants traditionnels (1/3 environ) soit par la voie du commerce officiel.


En 1965, le tonnage exporté représentait une valeur de 2.843.520 F .F. auxquels il faut ajouter 332.460 F .F. de peaux de reptiles. Il convient de faire une place à part aux peaux de chèvres rousses de Maradi, utilisées pour la fabrication de vêtements et de chaussures dits "en daim", qui sont très prisées et donnent lieu à un mouvement d’ échanges importants avec la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’ Allemagne fédérale et d’ autre pays.


Deux projets de tannerie sont également en cours :



- une tannerie de peaux de chèvres à Maradi, d’ une capacité de 350.000 peaux par an 3.600.000 F .F. d’ investissements sont prévus.


- une tannerie de cuits de bovins, à Niamey, d’ une capacité de 27.500 peaux avec 2.000.000 F .F. d’ investissements.


LES AMELIORATIONS POSSIBLES


L’ objectif fondamental des autorités nigériennes réside davantage dans l’ amélioration de la qualité du troupeau que dans l’ augmentation numérique de cheptel. Mais cela implique une meilleure maîtrise de l’ eau et une amélioration des pâturages, de la lutte contre les maladies et des circuits commerciaux. Toute une série d’ actions importantes ont été entreprises par le gouvernement.


Tout d’ abord une véritable politique de l’ eau a été élaborée. On compte aujourd’hui plus d’ un millier de puits forés et une quarantaine de forages profonds, dont une vingtaine équipés en stations de pompage. Pour se faire une idée de l’ effort réalisé, signalons que le forage d’ un puits revient de 30 à 40.000 F .F. qu’ une station de pompage coûte de 400 à 500.000 F .F. et permet l’ abreuvement journalier de 7.500 à 10.000 unités de bétail.


L’ une des principales tâches du service de l’ élevage, également, a été d’ assurer une protection sanitaire efficace du cheptel. Les résultats de la dernière campagne de vaccination contre la peste bovine ont donné 4.200.000 bovins vaccinés, pour ne citer que cet exemple.


L’ une des principales tâches du service de l’ élevage, également, a été d’ assurer une protection sanitaire efficace du cheptel. Les résultats de la dernière campagne de vaccination contre la peste bovine ont donné 4.200.000 bovins vaccinés, pour ne citer que cet exemple.


Les investissements prévus en faveur de l’ élevage, pour la période décennale 1965-19774, représente un effort très important. Ils s’ élèvent à 35.120.000 F .F. dont l’ essentiel (24.000.000 F .F.) est destiné à deux grands "ranches" à l’ est et à l’ ouest et aux stations de recherches.


La "valorisation" de l’ élevage est également recherchée dans la transformation industrielle. Nous avons vu les efforts effectués tant dans le domaine de la conserverie que dans la tannerie.


Une usine américaine de Chicago, l’ une des plus grandes fabriques de conserves de viandes du monde, participe actuellement à une étude concernant les possibilités d’ investissements s’ offrant en Afrique de l’ Ouest, pour le compte du Fonds d’ Aide et de Garantie des pays de l’ Entente. L’ étude en question est financée par l’ US-AID dans le but d’ attirer en Afrique de l’ ouest des usines américaines de conserves de viande, devant la demande croissante de viande de boucherie. Cette étude intéresse au premier chef, le Niger.


nouvelles brèves


UNE BRASSERIE A NIAMEY


La construction d’ une brasserie à Niamey, qui avait été retenue par le plan quadriennal, sera prochainement réalisée.


Une nouvelle société va être créée dont le capital 3.000.000 F .F., sera réparti entre la Société de gestion et de participations d’ industrie alimentaires (78%), la Société allemande des Brasseries du Bénin (12%) et la République du Niger (10%).


La capacité annuelle de la brasserie sera de 30.000 hl mais pourra être portée ultérieurement à 50.000 hl. La fabrication devrait démarrer dès 1969 et la production de la première année devrait être de 15.000 hl de bière, correspondant à la consommation actuelle du Niger.


Les investissements prévus sont de l’ ordre de 8 millions de francs français.


Par ailleurs, la future société accédera au régime d’ entreprise prioritaire, la demande ayant reçu un avis favorable.


LE NIGER A MONTREAL


Inaugurée le 27 avril, "l’ Expo 67" de Montréal constitue une manifestation de portée mondiale, toute entière axée sur le travail de l’ homme.


Soixante deux pays dont quinze africains y participent. Déjà, du 27 avril au 6 juin, 10 millions de visiteurs en ont franchi les portes.


Le stand du Niger, situé à côté de ceux de ses amis ivoiriens et togolais, couvre une superficie de 162 m2 et comprend un bureau et une salle d’ exposition.


La salle est garnie de photos sur les grandes réalisations, la présentation géographique et ethnique du pays. Sont exposés des produits de l’ agriculture, des échantillons de minerais et tout l’ art merveilleux du Niger. Car l’ artisanat nigérien est à l’ honneur : tapisseries, tissages, magnifiques ouvrages de maroquinerie, lourds bijoux d’ or et d’ argent.


Quoique simple et discret, le pavillon du Niger remporte un grand succès par la finesse et la qualité des objets exposés.


42 CAMIONS ALLEMANDS


Au nom du gouvernement de la République Fédérale, l’ ambassadeur allemand à Niamey a remis au Niger 42 camions Mercédes et 66 postes émetteurs radio, constituant la première partie d’ une aide convenue entre les gouvernements.


UN CROCODILE D’ UNE ESPECE INCONNUE


Il y a deux ans déjà, les géologues du Commissariat français à l’ Energie atomique français (C.E.A. découvraient au sud du Ténéré, dans la région d’ Agadès, un gisement très important de vertébrés fossiles, vivant il y a environ 100 millions d’ années (Crétacé inférieur).


Au hasard de l’ inventaire dressé par un jeune chercheur du Musée d’ Histoire naturelle de Paris, nous trouvons : l’ Iguanodon, ancêtre de l’ Iguane, qui marchait sur ses deux pattes postérieures ; sa tête culminait à 8 mètres au dessus du sol. Sa mâchoire se terminait par un bec. Il était herbivore.

Le dinosaure aussi se nourrissait d’ herbes. Il était le plus grand de tous, pouvant atteindre 40 mètres de long. Mais les restes les plus surprenants sont sans doute ceux d’ un crocodilien d’ une espèce nouvelle. Sa taille est la plus grande connue parmi les crocodiliens fossiles et actuels (15m de long). On ne peut pas parler de gigantisme individuel, le gisement de Gadoufaoua contenant de nombreux exemplaires de cette espèce. Le fossile est extrêmement bien conservé et l’ on a pu, en étudiant les sédiments qui l’ enrobaient, reconstituer le "paysage" d’ Agadès à l’ ère secondaire : de nombreux marécages occupaient la région et la végétation était luxuriante.


Cette région du Niger est donc en passe de devenir un des hauts lieux de la paléontologie.


Parallèlement à cette découverte et à côté du gisement fossile, on a mis à jour une industrie du "néolithique" (9.000 à 3.000 av. J.C.). On a retrouvé essentiellement des harpons, des pointes de flèches, des silex très travaillés. L’ emplacement de ces outils ainsi que celui de restes nombreux de poissons ont permis de conclure qu’ à cette époque devait exister un lac dans cette région.


Connaissance du Niger


AGADES


"Agadès, capitales et porte de l’ Air, ville au passé prestigieux, est encore pleine du souvenir des razzias et des guerres que ses sultans ont livrées. Sortie intacte du passé, elle offre au promeneur qui flane dans ses ruelles tortureuse une vivante évocation des livres qu’ écrivaient les grands explorateurs du début de ce siècle : Laing, Barth et René Caillé.


Au centre de la ville, sur une vaste place, se tient le marché très animé, encore plus caractéristique. Les produits qui sont ici de consommation courante nous déroutent un peu : le seul, en particulier, qui a parcouru des centaines de kilomètres à dos de chameau et se présente sous la forme de colonnes ayant conservé leurs chapiteaux ; la pharmacopée à base de plantes et de poudres étranges ; les selles de chameaux, riches en couleurs, souvent très ouvragées et toujours ornées de la croix targui.


Quittant le marché nous pénétrons chez un bijoutier dont l’ échoppe est tellement exigue que l’ on ne peut y entrer qu’ en se courbant. Inconfortablement installé à même le sol, on assiste à la fabrication d’ une bague ; d’ abord coulée à cire perdue, elle est ensuite ciselée et, si le résultat n’ est pas d’ une grande finesse, cela tient à un outillage qui n’ a pas varié au cours des siècles. Outre les bagues et pendentifs, se fabriquent ici les célèbres croix d’ Agadès dont le modèle que l’ on trouve même chez les bijoutiers parisiens, est répandu dans toute l’ Afrique.


Parmi les monuments qui ont subsisté d’ un passé tumultueux et brillant il faut signaler la mosquée, dont l’ origine remonte au XVI° siècle et qui est le seul restant des trois édifices religieux que possédait la ville. Entièrement construire en banco (terre séchée), elle est formée d’ une vaste enceinte de murs bas, flanqués de quelques cases et d’ un beau minaret en forme de pain de sucre, hérissé de piquets, de 27 mètres de hauteur. A l’ intérieur, un escalier en terre aux marches usées permet de monter au sommet, d’ où l’ on a un remarquable panorama sur la ville, la plaine qui se perd à l’ infini au sud et les montagnes de l’ Air qui se profilent au nord. Au pied de la mosquée, les ruines de l’ ancien palais du sultan ne présentent plus maintenant qu’ une enceinte de murs écroulés et un bâtiment de trois étages percé d’ étroites fenêtres et servant d’ habitation. Une autre curiosité architecturale est l’ ensemble des maisons qui bordent la place du marché ; celles-ci également construites en terre, sont décorées de motifs en relief, d’ inspiration arabe, et surmontées de toits en terrasse avec des balustrades ajourées. C’ est sur une de ces terrasses que, le soir, on assiste à un de ces brefs couchers de soleil dont la beauté ne lasse passe pas et qui s’ achève dans l’ apaisement d’ un bleu velouté et transparent piqueté d’ une multitude d’ étoiles".


Gilbert Houlet.


Directeur de la Publication : M. Maraval
Rédacteur en chef : L. Trévidic


Abonnement annuel : 10.- francs

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